TOME V
mes, qui ont arrosé l'Eglise de leur sang ; néanmoins les tribulations ne manqueront pas, car le Seigneur a dit : Le serviteur n'est pas plus que le maître ; si l'on m'a persécuté, on vous persécutera. Nous n'oserions pas aussi comparer nos forces à celles des apôtres ; le Seigneur, après les avoir choisis et appelés, leur ordonna cependant de rester dans la ville jusqu'à ce qu'ils fussent revêtus de la vertu d'en haut et qu'ils eussent reçu le Saint-Esprit, et vous qui n'êtes ni choisi, ni appelé, ni fortifié par la grâce du Saint-Esprit, vous ne craignez pas de prendre un tel fardeau sur vos épaules !
Cependant les premiers Pères de l'Eglise fuyaient cette charge, et ne l'acceptaient qu'après avoir résisté longtemps. Je vois, dit saint Cyrille d'Alexandrie, que tous les saints redoutaient le saint ministère comme un poids énorme. Je passe sous silence saint Cyprien, saint Athanase, saint A m')roise et beaucoup d'autres, parmi lesquels je vois saint Augustin, qui dit : Il y en a beaucoup qu'on retient malgré eux pour leur faire recevoir l'èpiscopat; on les conduit, on les renferme, on les garde. Et en trouverait-on un seul, dit saint Cyprien, d'une témérité assez sacrilège et assez insensée pour penser à se faire prêtre sans que Dieu ait prononcé (4)?