TOME T
moder votre caractère au caractère des autres et surtout à leur état présent ; il faut que vous pleuriez avec ceux qui pleurent, et que vous riiez avec ceux qui rient. 2° Soyez toujours d'un visage serein et d'une humeur égale, afin que personne ne puisse penser que vous méprisez, que vous faites peu d'attention ou que vous n'aimez pas; ne soyez pas tantôt gai, tantôt triste; ne semblez pas tantôt ami, tantôt ennemi; et que si quelque chose ne va pas selon vos désirs, vous ne fassiez pas porter votre peine à autrui. 3° Supportez les défauts des autres et leur grossièreté, lorsque vous ne pouvez pas les corriger ; ne soyez pas trop rigide, et ne gourmandez pas, comme un censeur fatigant, le prochain sur ses actions et ses paroles ; ne les interprétez pas en mal, et ne louez pas plutôt les vôtres que celles des autres ; ne réprimandez pas ceux qui vous sont soumis, d'une manière sévère, sans nécessité, et jamais avec mépris ; ne soyez mordant ni envers ceux qui sont présents, ni envers les absents, en mettant un certain sel dans vos discours. 4° Pour vous abstenir de toute dispute de mots, consentez facilement à vous mettre du même avis que l'opposant, et souffrez volontiers d'être vaincu dans la dispute, quand il s'agit de choses insignifiantes. L'apôtre veut que nous ayons les mêmes sentiments pour conserver la paix, afin que le Dieu de paix et d'amour soit avec nous (1). Celui qui sait éviter les altercations qui engendrent les divisions évitera beaucoup de péchés, tels que la vanité de l'esprit, l'ostentation de sa science, les injures dans les paroles, les cris et le ton élevé, les querelles et l'amertume du cœur, qui durent quelquefois longtemps. 5° Accordez facilement à ceux qui demandent; soyez prompt à rendre service et à secourir.
5° Mais prenez garde de ne pas vous rendre méprisable par trop de familiarité, ni pénible et ennuyeux par trop
(1) II Cor. 13.