tome v. U
AVERTISSEMENT
L'état ecclésiastique est si sublime, les devoirs en sont si étendus, les fonctions si importantes, qu'il est impossible de dire tout ce qu'il exige. Ces maximes ne sont qu'une petite esquisse, un léger échantillon des connaissances nécessaires à un prêtre.
Il ne faut pas lire ces maximes comme on lit un traité de théologie. Quelques exceptions n'empêchent pas qu'elles soient vraies dans leur généralité, mais elles exigent de la réflexion. Si l'on jugeait ces maximes d'après le préjugé, les passions, les usages ou les abus, ou pourrait bien en être révolté; c'est à la lumière de l'Evangile qu'il faut les lire, alors on n'en sera point scandalisé : Beatus qui non fuerit scandalizatus in me. Le propre des maximes est de dire beaucoup de choses en peu de mots, mais il faut avoir la patience et l'intelligence pour les méditer et les approfondir. Si l'on se contente de la première idée qu'offre une maxime, on en perd le principal fruit. Il faut peser chaque mot même de celles qui paraissent les plus communes.
Il serait difficile qu'un homme qui n'aurait pas au moins quelque connaissance de la vraie piété comprît et goûtât bien ces maximes; il n'y a que des yeux chrétiens qui puissent en apercevoir la vérité et les conséquences : Habete oculos christianos.
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Le sacerdoce n'est autre chose que la charge et l'obligation de tout sacrifier à Dieu. Cela convient à tous les chrétiens, parce qu'ils sont membres de Jésus-Christ ; mais il convient spécialement aux prêtres, à qui le sacerdoce est conféré avec un caractère et un titre ineffaçable. Eux seuls peuvent offrir à Dieu, comme ministres, le sacrifice essentiel de la religion, parce qu'eux seuls sont consacrés pour cela.
L'action et la fin du sacerdoce est de réduire à rien toute créature dans l'esprit et dans le cœur des hommes pour que Dieu y règne seul.
Jésus-Christ ne voulait pas même qu'on s'attachât à sa chair ni à sa présence corporelle : Caro non prodest quidquam expedit vobis ut ego vadam. Tant il est vrai que tout doit être sacrifié à la Divinité. C'est Dieu seul qui est la fin du sacerdoce et du sacrifice. Malheur à qui leur en donne une autre !
11 faut que le sacrificateur soit au-dessus de la victime, il faut donc qu'il soit au-dessus de toute créature, il faut donc qu'il soit Dieu : Intuemini quantus sit hic. C'est pourquoi c'est à son Verbe que Dieu a dit : Tu es sacerdos in œternum. C'est donc son propre sacerdoce que Dieu communique aux prêtres, sans quoi ils ne pourraient rien sacrifier, puisqu'ils ne sont que des hommes; il faut donc qu'ils soient pour ainsi dire divinisés : Intuemini quantus sit hic.
Il n'y a pas de doute qu'on ne demande à chaque prêtre au moment de sa mort le fruit de son sacerdoce. Quel terrible examen! Ces vérités, méditées par un cœur qui croit, doivent y produire des réflexions et des sentiments en grand nombre.
Les principales conséquences de ces vérités sont la nécessité de la vocation extérieure et intérieure, la nécessité
de la mission et de la dépendance pour chaque fonction , la nécessité de faire chaque fonction avec des dispositions saintes et divines.