‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 123 sur 168 · DU ZÈLE · texte numérisé non relu

DU ZÈLE

Le zèle propre au prêtre est un désir ardent de la gloire de Dieu et du salut des hommes. Cette disposition convient à tout chrétien, mais le prêtre y joint une sainte ardeur de procurer cette double fin ; c'est le but de sa vocation.

Que de réflexions et de remarques le zèle du prêtre fait sans cesse naître dans son esprit et dans son cœur ! Il voit Dieu glorifié ou offensé en toutes choses; c'est là ce qui le frappe.

Le zèle, qui purifie les intentions du prêtre en les dirigeant vers Dieu , est comme le charbon embrasé qui purifia les lèvres du prophète.

Comment le peuple, qui s'attiédit au milieu des intérêts matériels et humains et des affaires terrestres, pourrat-il se ranimer, s'il ne trouve sans cesse dans le cœur du prêtre un feu vivifiant qui le réchauffe?

Le ministre zélé ne se ne. lasse point de contribuer à la gloire de Dieu dans tous les instants de sa vie ; il cherche même les moyens de le faire de plus en plus.

C'est se faire illusion d'espérer qu'un homme aura du zèle pour le salut des autres, tandis qu'il n'en a pas pour le sien. L'amour de la prière et de l'étude est le double fruit du vrai zèle. C'est pourquoi les apôtres étaient orationiet minisierio verbi instantes.

Que vient faire dans le sanctuaire un homme sans zèle? Il ne peut que s'y perdre et perdre les autres, puisque ses fonctions n'ont d'autre but que la gloire de Dieu et le salut des hommes, qu'il ne désire pas sincèrement.

La soif de l'intérêt est bien différente de celle du zèle :

l'une vient de la sensualité et de l'orgueil, et l'autre s'allume sur la croix et dans les humiliations. Elles sont incompatibles. Il y a un zèle vrai et un zèle faux, un zèle éclairé et un zèle aveugle : le zèle vrai et éclairé consiste à suivre et à faire suivre aux autres la loi de Dieu et les maximes de l'Evangile ; le zèle faux et aveugle tend à établir et à faire régner les préjugés humains.

A quoi connaît-on les prémices du zèle ? 1° A la vie droite et édifiante d'un jeune homme ; 2° à ses pieux artifices pour empêcher le mal et pour faire régner la vertu.

Le zèle imprudent ne considère que l'action qu'il fait faire, sans égard aux suites.

La crainte des seuls inconvénients temporels est l'effet d'une fausse prudence ; la prudence selon Dieu ne regarde que sa gloire et le salut des âmes.

Rien n'arrête un zèle ardent que la crainte d'offenser Dieu et de nuire aux hommes.

L'âge peut bien mûrir l'esprit et augmenter l'expérience et la prudence, mais il n'amortit jamais le zèle.

Que de prêtres s'excusent à leurs propres yeux et aux yeux des hommes du défaut de zèle, en alléguant le prétexte de la prudence !

11 est bien à craindre que la tiédeur et l'indifférence de plusieurs ne soit une preuve qu'ils n'ont jamais eu de vrai zèle ou qu'ils l'ont perdu par l'abus qu'ils ont fait de leur ministère.

Malheur au prêtre dont le zèle n'augmente pas avec le temps ! Quel fruit tire-t-il de ses fonctions si son cœur ne s'y embrase pas de plus en plus du feu de la charité?

Quel bonheur pour un prêtre qui trouve la mort dans l'exercice de son zèle ! C'est une copie digne du modèle et du chef des prêtres.

Ce n'est pas une raison pour n'avoir pas de zèle que de n'avoir point de charge dans l'Eglise. Un prêtre doit

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réellement prendre part à tout ce qui s'y fait. Un ministre zélé qui gémit, qui désire et qui prie, contribue souvent plus à la gloire de Dieu et au salut des âmes que celui qui parle et agit beaucoup.

Regarder le sacerdoce comme un moyen de s'élever en ce monde, c'est une ambition sacrilège ; y aspirer pour en faire les fonctions, c'est souvent signe de vanité et d'intérêt ; le recevoir uniquement pour aider les hommes à connaître et à servir Dieu, c'est la marque du vrai zèle.

On reconnaît aux discours d'un jeune clerc les affections de son cœur. S'il parle de bénéfices, c'est un ambitieux et un avare; s'il s'entretient des hommes célèbres et de leur réputation, c'est un homme vain ; s'il ne dit que des choses frivoles et inutiles, c'est un paresseux ; si sa conversation est pieuse, et s'il aime à entendre parler de Dieu et des moyens de salut, le zèle brûle déjà dans son cœur.

Qu'est-ce qu'un prêtre qui ne fait rien dans l'Eglise? C'est un homme qui enfouit un grand talent. Quelle terrible punition n'a-t-il pas à attendre du Père de famille !

Le prêtre ne doit être ni déconcerté ni découragé par les fautes qu'on lui confesse, quelque grandes, quelqu'énormes qu'elles soient ; il doit soutenir par une constance tranquille l'espoir et la confiance du pécheur.

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