‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 124 sur 168 · AMOUR DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

AMOUR DE JÉSUS-CHRIST

C'est l'amour qu'on a pour Jésus-Christ qui est le fondement du zèle et de toutes les autres vertus sacerdotales. Quiconque n'aime pas véritablement Jésus-Christ travaille plus ou moins à détruire son règne dans le cœur des hommes. C'est un sacrilège monstrueux que d'associer au sacerdoce de Jésus-Christ un homme qui aime ce que Jésus-Christ a condamné, le monde, ses richesses, ses honneurs.

StR LE SACERDOCE. 343

Quelle honte pour un prêtre qui n'aime pas Jésus- Christ de se trouver sans cesse vis-à-vis de lui dans ses fonctions ! A quel châtiment ne s'expose pas un prêtre à qui l'indifférence t'ait abandonner ses fonctions! On lui demandera compte du sang de Jésus-Christ qui lui était confié pour lui et pour les autres.

La principale intention du prêtre doit être de sanctifier les hommes en union avec Jésus-Christ ; le principal désir du clerc doit donc être de s'unir à Jésus-Christ pour être rempli de sa grâce et de sa vertu. C'est pourquoi le concile de Trente veut qu'il se trouve dans la vie des aspirants au sacerdoce : Crebrior quam antea Christi communia. A-t-il tort?

Comment un clerc qui n'est pas affamé du pain de vie pourrait-il désirer la charge de le distribuer sans cesse?

Quand il n'y aurait que le dégoût ou même l'indifférence pour la communion, c'en est assez pour empêcher de faire légitimement le premier pas vers le sacerdoce.

Est-ce véritablement aimer Jésus-Christ que de le livrer facilement et froidement à des hommes pleins d'amour du monde et. d'eux-mêmes, qui retombent si aisément dans le péché mortel, et qui ne paraissent nullement disposés à renoncer à leurs habitudes?

Est-il possible de s'occuper sans cesse de Jésus-Christ et de travailler continuellement avec lui-même, comme c'est le devoir et la vocation du prêtre, à moins qu'on ne l'aime beaucoup plus ardemment que ne le fait le commun des chrétiens?

Il faut n'aimer guère Jésus-Christ pour négliger de s'unir à lui aussi souvent que peut le faire un prêtre.

C'est une grande joie pour un prêtre qui aime Jésus- Christ de sentir qu'il souffre et qu'il est humilié pour lui et avec lui.

L'amour pour Jésus-Christ, le sacrement de Jésus- Christ, la grâce de Jésus-Christ, tout cela doit transformer le prêtre de Jésus-Christ, de manière que le peuple

croie voir Jésus-Christ lui-même en lui : Vivo jam non ego vivit vero in me Christus.

L'amour de Jésus-Christ est l'unique passion d'un saint prêtre, il le soutient en toute occasion, il le console de tout.

L'amour de Jésus-Christ est le feu qu'il est venu apporter sur la terre ; c'est à ses ministres à l'allumer.

Comment un prêtre qui n'aime que Jésus-Christ pourrait-il prendre part aux inutilités et même aux affaires du monde ?

Un prêtre qui aime vraiment Jésus-Christ décide bien des questions autrement que ceux qui ont une science acquise par l'étude.

Il est impossible qu'un prêtre qui n'aime pas Jésus- Christ de tout son cœur s'applique autant qu'il en est capable à le faire connaître et aimer des hommes.

Quelques motifs que nous connaissions d'aimer Jésus-Christ, nous ne l'aimerons cependant pas véritablement, à moins qu'il n'embrase lui-même notre cœur de son amour.

C'est déjà une marque d'amour de désirer d'aimer Jésus-Christ, mais c'en est une bien plus grande de désirer n'aimer que lui.

C'est en vain qu'on s'imagine avoir l'amour de Jésus- Christ, si l'on n'en sent pas les effets, qui sont le souvenir habituel et l'imitation assidue de Jésus-Christ.

Puisque l'amour de Jésus-Christ doit dominer en nous et être plus fort que toutes nos affections, il est impossible qu'il demeure caché; s'il ne paraît dans la conduite, c'est un signe qu'il n'est pas dans le cœur, ou du moins qu'il n'y est pas au degré nécessaire.

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