MARQUES DE VOCATION
cette vie un feu éternel préparé aux méchants, et pour lesjustes un royaume éternel.
Ainsi, celui qui, effrayé par les menaces de la justice divine et par ses supplices, choisit le dernier rang dans la maison de Dieu plutôt que d'habiter sous les tentes des pécheurs ; celui qui, entendant ces paroles de Jésus-Christ : Vendez ce que vous avez, donnez-le aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel; venez et suivez-moi ; celui qui, excité par l'espoir des récompenses et d'un bien meilleur, se met à suivre Jésus-Christ, celui-là est appelé par la grâce du Saint-Esprit qui le presse. Mais qu'il est heureux d'être entraîné, celui qui l'est par l'amour du Père avec les chaînes de la charité , celui qui se donne et se consacre à Dieu par le désir de la vertu et l'amour de la bonté divine, en méprisant le monde et le prince du monde !
2° L'impulsion de la nature est bien différente; elle est conduite par la volupté, elle aime les délices et les amorces de la chair ; elle recherche les intérêts temporels et ne pense pas à ceux qui sont éternels; elle aime les choses terrestres et ne s'attache pas aux choses spirituelles, ne se met pas en peine des choses célestes; elle détruit Jésus-Christ, parce qu'elle renverse les principes de la foi, néglige les motifs de la foi, méprise la doctrine et les règles de la foi, et n'atteint jamais la fin delà foi ;car la chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu (1). L'esprit discerne, la foi détruit ce qui est charnel, édifie spirituellement. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'esprit est esprit; ceux-là sont les enfants de Dieu qui sont poussés par l'esprit de Dieu et qui ne marchent pas selon la chair (2).
Eprouvez donc ainsi les esprits. Ce n'est pas l'esprit de Dieu, mais l'esprit du monde, l'esprit de l'homme, dont la voix intérieure éteint les lumières de la foi, ins-
(1) I Cor. 15. — (2) Jean 3.
pire des pensées terrestres, cherche ce qui flatte la chair, et ne s'applique qu'à cela.
3° Or, l'apôtre nous avertit de ne pas nous laisser tromper par Satan , car nous n'ignorons pas ses pensées ; il nous pousse à notre perte; il nous ordonne donc de lui résister courageusement. On connaît cet esprit par la foi, et on en triomphe; c'est lui qui détruit Jésus-Christ. Il combat au dedans de nous avec les vices et la concupiscence, par le moyen du monde et de la chair qu'il appelle intérieurement. Sa voix s'accorde avec celle de la nature corrompue; il conduit et guide selon les désirs de la chair.
Quelquefois il trompe et surprend, sous l'apparence du bien : quel mal y a-t-il de désirer l'épiscopat pour mener une vie convenable et l'entretenir selon sa condition, pour nourrir ses parents et ses proches, ou afin d'avoir de quoi donner aux pauvres? Le mal qu'il y a, c'est qu'on détruit Jésus-Christ, qui a dit : Celui qui veut venir après moi doit se renoncer lui-même ; celui qui veut venir après moi , et qui ne liait pas son père, sa mère et sa vie même, ne peut être mon disciple. Le mal est que cette vocation ne vient pas du Saint-Esprit, qui n'appelle point à l'incorruption par la corruption.
La religion pure et la vocation sainte consistent à se conserver pur et sans tache au milieu du siècle. Il n'y a point de meilleure preuve d'une vocation divine que de ne se jamais laisser ébranler ni pour un bien temporel ni par l'inconvénient du genre de vie qu'on s'est une fois proposé.
IIIe Point. — Omnia probate, quodbonum est tenete (!). Il a été sagement réglé que ceux qui voudraient être promus au saint ministère s'éprouvassent pendant quelque temps comme dans un noviciat, afin de mûrir leur dessein, de s'attachera ce qui paraîtrait bon et de s'y main-
(1) IThess. S.