MARQUES DE VOCATION
tenir avec constance. On y cherche des marques nouvelles de vocation, et elle s'y affermit ; chacun y voit ce qu'il aura à faire le reste de sa vie, il en fait l'expérience, il s'y exerce. Elle est bien divine, n'en doutez pas, cette vocation qu'approuve et que confirme le témoignage de la conscience, le témoignage de l'expérience et le témoignage de l'Eglise.
1° Quicumque spiritu Dei aguntur, ii sunt filii Dei: ipse vero spiritus testimonium reddit spiritui nostro quod sumus fUUDei (1). Lorsque nous suivons le mouvement du Saint- Esprit et que nous dirigeons notre course selon sa vocation, il ne nous laisse pas sans le témoignage de notre conscience, par lequel il montre sa présence en répandant la charité, la paix, la joie, qui sont les fruits de l'Esprit. Celui qui se réjouit dans le Seigneur en se préparant aux saints Ordres dit avec vérité : Lœtalus sum inhisquœ dicta sunt mihi, in domum Domini ibimus. Concupiscit et déficit anima mea in atria Domini. Si la conscience lui rend témoignage que le Seigneur est son héritage et qu'il ne désire rien autre ; s'il s'empresse de remplir avec promptitude tous ses devoirs, toutes ses fonctions, et qu'il le fasse avec facilité, avec joie, il est assuré de sa vocation, car le prophète parle ainsi de lui à Dieu : Heureux celui que vous avez pi^is et choisi; il habitera dans votre saint temple et sera rempli des biens de votre maison (2).
Mais celui qui est lent, assoupi, contraint, qui ne remplit qu'avec peine ses devoirs de novice, celui-là n'a pas une vocation assurée ; car la voix du Seigneur est accompagnée de force, la voix du Seigneur prépare les jeunes cerfs, la voix du Seigneur divise les flammes.
2° Le témoignage de l'expérience confirme aussi la vocation divine ou l'affaiblit. Les exercices auxquels les novices ont coutume de s'appliquer ne sont-ils pas comme le prélude du saint ministère? Celui qui s'éprouve ainsi
(i) Rom. 8. — (2) Ps. G4.
voit qu'il est sans aptitude, inhabile, que son esprit est pesant, incapable de recevoir la science, qu'il n'a point les qualités nécessaires pour servir, pour prêcher la parole sainte, pour corriger, pour instruire dans la justice: qui croira que cet homme est appelé de Dieu? Saint Ambroise dit avec raison : Que chacun connaisse son génie et s'applique à ce qui lui est propre. Celui qui suit l'impulsion de son génie reçoit une grâce plus abondante. Ainsi, lorsque ces mêmes exercices ne vous donnent point de peine ni d'ennui, et qu'ils monlrent que vous y êtes propre et habile, c'est une preuve que le fardeau que vous impose votre vocation est soulagé par la grâce qui rend léger aux uns ce qui est grave et onéreux aux autres. : Vox Domini confringentis cedros . vox Domini concutientis desertum; la voix du Seigneur détruit tous les embarras et toutes les difficultés.
3° Il faut encore, avant l'ordination, le témoignage de l'Eglise ; s'il n'est pas appuyé sur des indices faux, il confirme certainement la vocation. Saint Chrysostôme appelle Eglise le prélat ; mais si l'on veut que ce soit le peuple, parce que la voix du peuple est la voix de Dieu, le témoignage des deux est exigé ; car l'évêque interroge publiquement l'archidiacre et demande s'il reconnaît dignes ceux qu'il présente au diaconat ; ensuite il exhorte tous ceux qui sont présents à déclarer, au nom de Dieu et de l'Eglise, si quelqu'un connaît quelque chose contre eux. Une autre information secrète a précédé celle qui est publique, et aucun ordinand ne serait trompé sur sa vocation s'il ne trompait lui-même et s'il ne cachait ses vices et sa mauvaise intention.
Il faut que le clerc ait reçu un bon témoignage, mais qui soit vrai, afin de ne pas tomber dans le jugement et le piège du démon, de peur qu'après avoir prêché aux autres, il ne soit lui-même réprouvé.