SIXIÈME MÉDITATION
On doit obéir à la vocation divine.
Quia vocavi et renuistis, ego quoqite in interitu veslro ridebo et subsannabo (1). Dieu menace de maux grands et nombreux ceux qui, sans être appelés, se présentent à l'autel et au saint ministère ; mais les maux dont il menace ceux qui, étant appelés, refusent de venir ou se retirent, ne sont ni moins graves ni moins nombreux. Trois espèces de châtiments les attendent : 1° ils sont abandonnés de Dieu; 2° ils sont fortement affligés dans cette vie ; 3° à la fin, ils sont exclus du royaume de Dieu.
Ier Point. — Quia vocavi et renuistis, ego quoque in interitu vestro ridebo et subsannabo. N'est-ce pas justement qu'ils sont abandonnés et raillés, ceux qui ont abandonné les premiers la providence et la miséricorde ? Il s'ensuit qu'ils ne sont pas exaucés dans leurs prières, et que, se conduisant selon la chair, ils sont livrés à leurs désirs.
1° On fait à Dieu une injure énorme en méprisant sa tendre invitation pour se donner au monde, préférant les vains plaisirs de la terre à son héritage et la servitude du siècle au joug si doux de Jésus-Christ. Mais pour apprendre à ces hommes que Dieu est le Seigneur de toutes choses et que toute la terre est dans sa main, il leur enlève son secours et permet qu'ils ne parviennent jamais a ce bonheur qu'ils espéraient trouver dans le siècle ; vous les verrez assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort : Vinctos in mendicitate et ferro quia conciliurn altissimi irritaverunt.
« Parce que je vous ai appelé et que vous n'avez pas « répondu, que vous avez choisi ce que je ne voulais pas, « pour cela, dit le Seigneur, mes serviteurs mangeront
(1) Prov. 1.