‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 39 sur 168 · ONZIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

ONZIÈME MÉDITATION

Le sacerdoce exige la sainteté.

Mundamini qui fertis vasa Dotnini (1). Tout le monde en est persuadé, et les saints Pères n'ont qu'une voix pour dire que le sacerdoce exige la sainteté, qui est fondée sur l'intégrité des mœurs, sur la sublimité des vertus et sur l'abondance des bonnes œuvres, de telle sorte que le prêtre est digne de tout respect et de toute vénération, lorsque sa vie est conforme à son état, et digne, au contraire, d'un souverain mépris, si sa conduite y est opposée. L'état clérical est fondé sur ces trois choses : la vocation, la consécration, l'administration. Or, la vocation est sainte, elle exige la sainteté; la consécration est sainte, elle confère la sainteté ; l'administration est sainte, elle augmente et suppose la sainteté.

1er Point. — Si vous doutiez que la vocation ecclésiastique soit sainte et qu'elle exige la sainteté, entendez, je vous prie, ce que dit l'Ecriture, et faites attention à la conduite de l'Eglise.

1° D'abord, la vocation ecclésiastique est divine, par conséquent sainte; elle ne peut venir que de Dieu , qui est le père des lumières: autrement ce n'est pas une véritable vocation, mais une illusion de la chair et du démon. Car personne ne doit prendre cet honneur, que celui qui est appelé de Dieu. Jésus-Christ ne s'est point glorifié en se faisant pontife lui-même, mais Dieu lui parla ainsi, et l'appela en disant : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd'hui; vous êtes prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech (2). Dieu le Fils, à son tour, appela ceux qu'il voulut pour leur communiquer son sacerdoce, et leur dit : Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis. C'est sur cela que saint Paul fait

(1) haïe 52. — (2) Hebr. S.

Page 1