‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 40 sur 168 · LE SACERDOCE EXIGE LÀ SAINTETÉ · texte numérisé non relu

LE SACERDOCE EXIGE LÀ SAINTETÉ

l'éloge de son propre sacerdoce, en disant qu'il n'a été appelé ni par les hommes, ni par l'intermédiaire d'un homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père, qui l'a désigné dès le sein de sa mère.

Le fruit et la fin de cette vocation, tels que Dieu les a établis, c'est notre sanctification et l'obligation de le servir dans la sainteté et la justice tous les jours de notre vie; car Dieu ne nous a pas appelés pour l'impureté, mais pour la sanctification (l). Celui donc qui méprise tout cela ne méprise pas un homme, mais Dieu lui-même, a Je vous a ai choisis, dit le Seigneur, et je vous ai placés afin que « vous alliez et que vous portiez du fruit. » Or, l'apôtre enseigne que ce fruit est la sainteté et la justice. « Votre « fruit consiste dans la sanctification, et voici la volonté a de Dieu, votre sanctification (2).» Il dit encore que, quoique la manière de la vocation à la foi et au baptême soit la même pour les laïques comme pour les ecclésiastiques, elle n'est plus commune, mais bien différente et toute spéciale, quand il s'agit des saints Ordres. Il exige alors une préparation plus attentive et une plus éminente sainteté; il veut un choix parmi les laïques baptisés, et n'admet dans le clergé que ceux qui se distinguent ; il rejette les autres. «Il faut, dit-il, que levêque soitirrépré- « hensible et qu'il ne soit pas néophyte, qu'il soit sobre, « prudent, saint, chaste, hospitalier, docteur (3).» Il n'admet pas aussi les diacres qui ne seraient pas des hommes ornés de toutes les vertus, purifiés de toute espèce de vices, et reeommandables par toutes sortes de bonnes œuvres.

2° Que de sollicitude ne se donne pas, que de temps el de travaux n'emploie pas l'Eglise pour former les clercs à la justice et à une grande piété, pour les faire parvenir enfin à ce degré de sainteté qu'exige chaque Ordre! Un nom saint est un engagement à la piété et à la sainteté.

(i) IThess. 4.— (2) Uora. 6et lTliess. 4.— (3) ITimolh. 3elTit. 1 .

Elle admet sans peine à la tonsure et aux Ordres mineurs les jeunes gens chastes, et leur donne un privilège extérieur, afin de les séparer du siècle, de les réchauffer sur son sein maternel jusqu'à ce que leur sainteté ait pris de l'accroissement; elle leur enseigne que les clercs doivent absolument régler leur vie et leurs mœurs de telle manière, que in habitu, gestu incessu, sermone, aliisque rébus, nihil nisi grave modérât um ac religione plénum prœ se ferant (1). Que d'interstices elle a mis jusqu'à la réception des Ordres majeurs ! Et ce n'est pas sans de nouveaux interstices qu'elle laisse monter les sous-diacres au diaconat et au sacerdoce; elle veut que tous ces espaces de temps si longs soient remplis par le continuel exercice de toutes les vertus. Comme le Seigneur exerça trois ans ses disciples à l'apostolat, l'Eglise aussi sanctifie ses clercs en les exerçant pendant plusieurs années à des oraisons fréquentes, à la sainte communion reçue souvent, et les prépare au sacerdoce par diverses ordinations. Malheur aux clercs qui négligent une telle grâce, qui ne font pas de progrès dans la vertu, mais qui croissent en malice et qui veulent être revêtus du sacrement sans l'être de la justice et de la sainteté! dit saint Augustin.

Nous savons que si on les connaît tels qu'ils sont, l'Eglise ne les admet pas aux saints Ordres, de peur qu'ils ne périssent et ne tassent encore périr les autres. C'est pour cela que l'évêque, avant l'ordination, prend des renseignements, soit publics, soit secrets, sur leur vie et leurs mœurs : Vœ vobis, hypocrites, qui mundatis quod deforis est calicis, intus autem pleni estis immunditia ! Vœ vobis quia similes estis sepulchris dealbalis (2) ! Remplissez aussi la mesure de vos pères, afin que tout le sang des justes qui a été répandu, depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, que les Juifs ont crucifié pour vos péchés, retombe sur vous en le crucifiant de nouveau dans son temple et sur l'autel.

(1) Conc. Trid. sess. 22. — (2) Mattli. 23.

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