SEIZIÈME MÉDITATION
Quelle modestie convient aux ecclésiastiques.
Ojjortet e/,iscopum ease modes tum (i). L'humilité modère l'intérieur et empêche que l'esprit ne s'élève au-dessus de lui-même; la modestie modère les actes extérieurs du corps, les compose avec décence et les gouverne avec honnêteté. L'apôtre recommande cette vertu surtout aux. ministres de Dieu ; il la regarde comme très-nécessaire, parce que nous sommes donnés en spectacle, comme il le dit, au monde, aux anges et aux hommes, qui jugent de notre intérieur par notre extérieur. La modestie, dit saint Ambroise, est une grande vertu; elle est riche aux yeux de Dieu, devant qui personne n'est riche ; elle est riche devant les saints dans le ciel et devant les hommes sur la terre, riche par son union avec les autres vertus, riche par sa propre excellence et sa beauté, riche par sa suavité et sa douceur. Résumons ces trois points : la modestie par son alliance avec les autres vertus sanctifie les ministres de Dieu, par sa beauté réjouit le ciel, par sa douceur édifie les hommes.
Ier Ponst. — L'homme étant composé d'un corps et d'une âme, doit les soumettre à Dieu l'un et l'autre. Je ne sais s'il y a une vertu intérieure à laquelle ne soit pas unie et liée la modestie ; elle est certainement la sœur et la compagne de l'humilité, la sœur et la compagne de a chasteté, la sœur et la compagne de la piété, qui sont les vertus principales et nécessaires aux ministres de Dieu. Sans la modestie, l'humilité dépérit, mais la modestie en est la gardienne; sans la modestie, la piété se refroidit, mais la modestie l'enflamme.
(i) ITim. 3.