‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 55 sur 168 · DS8TH D01 CONVIENT AUX ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

DS8TH D01 CONVIENT AUX ECCLÉSIASTIQUES

rieure et d'une intention sainte ; mais elle est le complément de la vertu intérieure, elle en est l'assaisonnement

et l'ornement, la sœur et la compagne ; elle fait sa part ei remplit sa fonction avec un fruit merveilleux.

IIIe Point. — Uodestia vestra nota ait omnibus (1). Les autres vertus étant intérieures, elles ne paraissent qu'à peine sous le. voile de la modestie; il n'y a cpie cette vertu qui édifie le prochain; elle l'attire par sa douceur, elle gagne sa bienveillance et son respect ; car elle évite avec soin tout ce qui peut lui déplaire et l'offenser, sans préjudice pour sa vertu ; elle fait et procure tout ce qui peut lui plaire, sans préjudice de sa vertu.

i° Jamais la modestie ne laisse paraître sur son front la marque d'un esprit ému, jamais de l'orgueil, ni colère, ni indignation, ni tristesse; son front ni son visage ne sont jamais ridés par la sévérité; jamais la tempête ne couvre d'un nuage sombre son esprit troublé. Vous ne verrez dans son regard rien qui soit impudent ou menagant, rien qui ressente l'orgueil ou le dégoût, rien dans la chevelure q;ii soit entortillé ou hérissé, rien sur le visage qui paraisse dissimulé ou arrogant. On ne voit pas le rire qui montre les dents, ni la bouche largement ouverte, ni une certaine compréhension des lèvres, qui ôte sa forme au visage. Il n'y a point de légèreté dans sa démarche, rien d'enfantin dans son geste, aucune indiscrétion dans la pose ou dans l'attitude; on ne lui voit point étendre les pieds, élargir les jambes ou croiser les genoux; sa voix n'es! pas trop élevée, sa parole n'est ni bouffonne, ni querelleuse, ni impertinente, ni obscène, ni injurieuse.

Ceux mêmes qui ne sont pas hommes de bien aiment et respectent celui qui porte sur son visage ces signes de probité; ils désirent son amitié et voudraient lui ressembler; ils ont recours à une telle personne ou à d'autres qui lui ressemblent, dans leurs besoins ou dans leurs tri-

(1) Plnlipp. 4.

bulations, plutôt qu'à d'autres qui sont comme eux, parce que, comme ledit saint Ambroise, l'état de l'âme se connaît par celui du corps.

2° Or, la modestie ne s'éloigne pas seulement de ce qui déplaît aux autres, mais elle fait tout ce qui peut être agréable, pourvu qu'elle préserve sa vertu. Elle a toujours un visage serein, des regards modestes, un front gai, des paroles agréables, à moins qu'il ne faille pleurer avec ceux qui pleurent ; car elle observe tout ce qui convient, tout ce qui est conforme au lieu, au temps, aux personnes, à l'âge, à la dignité, à la fortune et à toutes les circonstances ; mais il n'est pas convenable de rire et de montrer de la joie en présence des larmes des affligés, il faut alors pleurer et consoler.

Ainsi, un ecclésiastique, en observant ces règles extérieures de décence, et en veillant sur toute sa personne, se fera tout à tous, comme l'apôtre, pour les gagner tous à Jésus-Christ. Celui qui vit spirituellement, dit saint Chrysostôme, est utile à ceux qui l'entendent en toutes manières : par sa démarche, son extérieur, ses paroles, ses actions. C'est pour cela que le saint concile de Trente recommande si fortement la modestie aux ecclésiastiques; celui de Mayence parle comme lui, car voici ce qu'il dit : Les ecclésiastiques, étant séparés de la vie commune, ne doivent point se montrer avec des regards égarés, une langue sans frein et querelleuse, un port efféminé, une démarche fière ; ils doivent montrer la pudeur et la modestie de leur esprit par un extérieur et une démarche simples. Si vous remarquez en vous quelque défaut qui paraisse extérieurement , corrigez-le promptement, afin d'édifier.

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