‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 6 sur 168 · DEUXIÈME PARTIR · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIR

Il y a des choses à éviter, d'autres qu'il faut laisser, d'autres enfin qu'il faut faire, d'après l'auteur des Exercices, pour en tirer un fruit plus abondant.

1° Celui qui, tourmenté par le démon, éprouve delà difficulté à méditer, à cause de la désolation de son âme ou de l'aridité de son cœur, doit éviter d'accourcir le temps fixé pour la méditation; il doit même prolonger cet exercice au-delà du temps prescrit, afin de vaincre ; qu'il s'efforce aussi d'y trouver le repos de l'âme, parce qu'il sera assuré d'y avoir employé plutôt plus que moins de temps. C'est ainsi qu'il apprendra non seulement à résister à son ennemi, mais à le battre. Dieu est fidèle; il fera tirer profit de la tentation (\).

Celui qui est comblé de consolations et emporté par l'impétuosité de sa ferveur ne se liera point avec précipitation et inconsidérément par des vœux dont il se repentirait plus tard ; chacun choisira un sage directeur de sa conscience, auquel il ouvrira son âme, et suivant les conseils duquel il se conduira, afin qu'aucune tromperie ni aucune illusion du démon ne prenne le dessus, car il trompe et assujétit souvent sous l'apparence du bien.

2° Il faut encore deux autres choses : la première consiste à vous approcher de Dieu de bon cœur et d'un grand courage pour lui offrir, comme étant votre Créateur, tout votre amour et votre volonté, afin qu'il fasse de vous et de ce qui vous appartient selon ce qui peut lui être utile ou agréable ; car Dieu aime celui qui donne de bon cœur (2), et il ne se laisse pas vaincre en libéralité.

Il faut, en second lieu, que vous éloigniez votre corps de toutes les choses du siècle, votre langue de toutes les

(1) ICor. 10. - (2) II Cor. 9.

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