VINGT-UNIÈME MÉDITATION
De la célébration de la messe.
Omnis pontifex ex hominibus assumptus pro hominibus constituitur in iis quœ sunt ad Deum, ut offerat dona et sactificia pro peccatis [A). C'est la fonction propre des prêtres, et il n'y en a point de plus sublime ni de plus sainte que la célébration de la messe, dans laquelle Jé-
(1) Isaïe 30. — (2) Apoc. 10. —(3) Prov. 1.— (4) Hebr. 5.
sus-Christ s'offre à Dieu son Père pour lui rendre honneur et gloire, et pour la rémission des péchés. Le prêtre doit exiger pour lui-même les dispositions qu'il veut trouver dans les fidèles qui doivent communier. Il en doit même désirer beaucoup plus; car il ne reçoit pas seulement le corps et le sang de Jésus-Christ, mais il le produit d'après le pouvoir qu'il a reçu, il fait la fonction même de Jésus-Christ, il agit en son nom auprès de Dieu le Père, il devient comme la personne de Jésus-Christ, il est le médiateur pour le peuple. Quel soin doit-il donc mettre dans la préparation, quelle modestie et quel respect dans la célébration, quelle sublimité de piété et de dévotion dans son action de grâces !
Ier Point. — Avec quel soin les ambassadeurs de la terre se préparent à bien représenter le roi ! Or, nous dit saint Paul, nous faisons la fonction d'ambassadeurs pour Jésus-Christ, car le sacerdoce du Sauveur est éternel; il offre et consacre le pain et le vin par ses ministres selon l'ordre de Melchisédech. Il ne peut pas y avoir une fonction plus honorable pour nous que d'être députés comme ses ministres pour offrir son corps et son sang. Nous devons donc faire tous nos efforts pour ne pas le représenter d'une manière qui ne convienne pas et pour être autant qu'il est possible semblables à lui; il faut pour cela éloigner toutes les souillures des vices et nous revêtir de tous les ornements de la vertu et des bonnes œuvres.
1° Mundi sunt oculi Domini et ad iniquitatem respicere nonpossunt (I). L'apôtre nous dit que celui qui mangera de ce pain ou qui boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du corps et du sang du Seigneur : il mange et il boit son jugement (2). Or, le prêtre qui célèbre en état de péché mortel mange non seulement d'une manière indigne le corps et boit le sang du Sei-
(l)Habac. 1. -(2)1 Cor. 11.