DE LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE. 1G
gneur, mais il produit le sacrement et consacre indignement ; il touche, il traite, il dislribue et administre ce sacrement aux fidèles d'une main criminelle et sacrilège. Voilà ce qu'ose faire un ministre de Jésus-Christ et de l'Eglise ! Que de sacrilèges accumulés ! quelle exécrable abomination de la désolation dans le lieu saint ! Il arrivera ce que le prophète disait de Juda : La mort viendra sur eux, et ils descendront vivants dans l'enfer ; car, lorsque Satan est entré dans leur cœur, le désespoir du salut, l'aveuglement de l'esprit, l'endurcissement du cœur amènent une prompte réprobation.
Ne pensons pas que ce soit assez de nous rendre semblables à la foule et qu'il suffit que notre conduite ressemble à celle d'un peuple ignorant. Autre est ce que Dieu exige du prêtre, autre ce qu'il exige du laïque; souvent ce qui n'est pas une faute dans un laïque est un crime pour celui qui est dans les Ordres sacrés. J'ose à peine dire quelle pureté les saints Pères exigent dans le prêtre qui célèbre, s'il veut retirer de l'autel quelque fruit au fieu de la damnation. Ils s'appuient sur ce fondement, c'est que le Seigneur, pour se donner de dignes coopérateurs dans le saint sacrifice, après les avoir choisis, éprouvés, purifiés, les sanctifia d'une manière spéciale, les consacra, les combla avec abondance des dons du Saint-Esprit pour les rendre semblables aux anges ou pires que le démon. Parlez aux prêtres, ils seront saints aux yeux de Dieu; qu'ils soient donc saints, car je suis saint, moi qui suis le Seigneur qui les sanctifie (I). De là il s'ensuit qu'ils doivent éloigner d'eux tout amour de la chair et du siècle, toute affection au péché véniel, toute légère tache de l'âme. Il faut, dit saint Chrysostôme, qu'un prêtre soit si pur que, s'il se trouvait au milieu des Vertus célestes, il ne pût s'y trouver déplacé, car il ne doit y avoir rien de plus pur que lui lorsqu'il offre ce
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sacrifice. Saint Denis dit : Ceux qui se disposent à célébrer les mystères de l'Eglise doivent être doués d'une pureté telle, que tous les replis de leur âme soient purifiés. Qu'a voulu signifier le Seigneur lorsqu'il lava les pieds de ses disciples avant de leur donner la communion <t de les initier au sacerdoce? Il menace Pierre et lui dit : Si je ne vous lave pas, vous n'aurez pas de part avec moi. Pesez-vous quelquefois ces paroles de Jésus-Christ?
2° Lorsque le prêtre se prépare à ce sacrifice, il ne faut pas seulement qu'il soit pur et irréprochable, mais encore saint et orné ; or, ces ornements sont ceux des vertus de toute espèce et des bonnes œuvres. L'obligation qui est attachée à votre charge, dit Pierre de Blois, exige une plus grande mesure de biens spirituels. Il faut surtout prendre garde que vous n'offriez jamais le saint sacrifice par intérêt ou pour quelque autre intention qui ne serait pas droite, et que vous le dirigiez toujours à une fin convenable ; faites alors des actes de foi, d'espérance et de charité envers le Seigneur pour lui préparer une demeure digne de lui dans votre cœur. Prenez garde que vous receviez avec un ardent désir et non avec dégoût et ennui le Dieu de majesté, votre Seigneur, votre Sauveur, et avec une profonde humilité ; car il vient se donner à vous pour guérir vos infirmités, pour nourrir et rassasier votre âme vide.
Lorsque le prêtre fait cela par manière d'acquit et à la légère, ou même qu'il ne le fait pas, et qu'à peine entré dans l'église et revêtu à la hâte des ornements sacrés, il se précipite vers l'autel, qui croira que son sacrifice est agréable à Dieu, à moins qu'il ne se soit préparé longuement chez lui par la méditation? Autrement, si je suis votre Père, oh est l'honneur que vous me rendez, et si je suis le Seigneur, oh est la crainte que vous devez avoir? dit le Seigneur des armées. Je parle à vous, prêtres, qui méprisez mon nom, et qui dites : Comment l 'avons-nous méprisé ? C'est que (par vous) la table du Seigneur est mépri-