‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 68 sur 168 · J68 MÉDITATIONS · texte numérisé non relu

J68 MÉDITATIONS

allant ils se trouvèrent guéris. L'un d'entre eux, qui était Samaritain, retourna pour rendre grâces; dès que le Seigneur le vit, il dit : Tous les dix ne sont-ils pas guéris? ou sont donc les neuf autres? Il n'y a que cet étranger qui soit venu pour rendre grâces à Dieu. Les fidèles qui participent à la même table de la main du célébrant ne fontils pas une action de grâces après la messe? Il est convenable que le prêtre se distingue des autres par sa piété et par le bon exemple.

2° Il ne doit pas croire que ce soit assez d'avoir offert son Dieu en sacrifice de louange ; il doit offrir à Dieu, dont il est le ministre, sa personne et tout ce qui lui appartient, et se montrer tout disposé à entreprendre et à supporter tout ce qu'il plaira à Dieu. Il doit aussi écouter si le Seigneur daigne l'exciter à faire quelque chose soit pour se corriger lui-même ou pour en corriger d'autres, soit pour faire plus de progrès dans la vertu. Audiam quid loquatur in me Dominus, quoniam loquetur pacem in plebern suam, et super sanctos suos (1).

3° Enfin, comme Jacob, vous ne laisserez point partir le Seigneur avant qu'il vous ait béni; vous demanderez sa bénédiction non seulement pour vous-même, mais aussi pour les autres, en vous rappelant qu'ayant été choisi parmi les hommes, vous avez été établi dans les choses qui concernent le culte divin en faveur des hommes, et vous n'oublierez pas ce que dit le prophète : lnter vestibulum et altare plorabunt sacerdotes ministri Domini, et dicent : Parce, Domine, parce populo tuo, et ne des hœreditatem tuam in opprobrium, ut dominentur eis nationes (2).

(i)Ps. 84. —(2) Joël 2.

de l'office canonial. 1 69

vingt-deuxième méditation.

De l'office canonial.

Implemini Spiritu sancto , loguentes vobismetipsis in psalmis et hymnis (1). La prière vocale appartient surtout à la religion et au culte divin ; l'Eglise y oblige sous les peines les plus graves les bénéficiers, les clercs dans les Ordres sacrés et les vierges consacrées à Dieu, qui doivent réciter chaque jour ce qui leur est prescrit. Mais qui pourra exprimer l'excellence de cette prière, qui n'a rien au-dessus d'elle après le saint sacrifice de la messe? Elle rappelle chaque jour les mystères de la foi; elle contient des supplications qui n'ont point été faites par des hommes, mais qui ont été inspirées de Dieu; elle nous remet sous les yeux les choses passées et les choses futures, soit pour exciter notre crainte, soit pour rappeler notre confiance; nous y trouvons des exemples de l'Ancien et du Nouveau Testament, la vie et la mort du Seigneur, la foi des patriarches, les oracles des prophètes, la confession des apôtres, la constance des martyrs, le courage et la sainteté des confesseurs et des vierges. Hélas! comment se fait-il donc que tant de choses admirables nous touchent si peu et ne nous sanctifient pas? Nous faisons tout cela avec dissipation de cœur, égarement d'esprit et distraction des sens. Nous pensons satisfaire à notre obligation, pourvu que la langue prononce ce que l'esprit ignore absolument. Ecoulez ce que l'office exige de vous : \° que votre cœur soit purifié; 2° l'attention de l'esprit; 3° enfin la dévotion extérieure.

Ier Point. — Avant d'ouvrir vos lèvres, purifiez votre cœur, au moins des péchés les plus graves, par un acte de contrition, ensuite de toutes les affections vaines et mauvaises.

(1) Eph. 5.

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