‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 99 sur 168 · TRENTE-CINQUIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

TRENTE-CINQUIÈME MÉDITATION

Sur la confession sacramentelle.

De propitiato peccaio, noli esse sine melu (1). Saint Ignace veut que, dès les premiers jours des exercices de la retraite, on purifie sa conscience par le sacrement de Pénitence, afin que de la vie purgative nous arrivions à l'illuminative et ensuite à l'unitive. De grands motifs et les règles qu'on nous a données au séminaire nous engagent à faire une confession générale, ou du moins à reprendre depuis la dernière que nous avons faite, parce que, i° lorsque nous avons sous les yeux une si grande multitude de péchés, nous en sommes plus émus, et il est plus facile de s'exciter à une véritable contrition. 2° Nos inclinations nous étant mieux connues pendant les saints exercices, l'âme, comme accablée par la grandeur et la malice de ses péchés, se sent plus portée à les détester et surtout à les corriger. 3° L'accusation volontaire que l'on fait de tant de fautes donne une plus grande confusion, et par là on satisfait plus abondamment à la justice divine, on diminue le châtiment, et l'on augmente la grâce et le mérite. 4° Il s'ensuit qu'après s'être ainsi confessé et disposé, on reçoit plus convenablement la sainte Eucharistie, qui est si utile pour nous faire fuir le péché, pour conserver et augmenter la grâce reçue. 5° L'âme étant purifiée avec plus de soin de toutes les taches des péchés, en éprouve plus d'horreur et redoute davantage de s'y abandonner ; elle se fortifie dans son bon propos de pratiquer la vertu. 6° Il s'ensuit une paix et une tranquillité plus grande dans le cœur, une paix qui surpasse tout sentiment ; la joie intérieure qu'on éprouve après

(1) Eccl. 5.

avoir déchargé le fardeau des iniquités rend plus agile pour courir dans la voie des commandements, et c'est une grande consolation à l'heure de la mort. 7° Enfin, il est arrivé souvent que la répétition des confessions précédentes est utile, quelquefois nécessaire, et peut-être en est-il ainsi pour vous, afin de réparer quelque négligence ou quelque autre défaut qui s'y est glissé.

C'est pourquoi, pendant la retraite, vous repasserez tout ce qui est nécessaire pour le sacrement de Pénitence ; vous examinerez les vices qui peuvent avoir rendu vos confessions douteuses ou sans fruit, et vous verrez ce que vous avez à faire désormais, par rapport à la fréquentation du sacrement, à l'examen de conscience, à la détestation des péchés, à votre amendement, à la confession et à la satisfaction.

1° Quand et combien de fois allez-vous au tribunal? par quel motif? Si vous n'y allez en quelque sorte que par force, à contre-cœur, rarement, votre préparation n'est pas bonne : on a peine à bien faire ce que l'on fait avec peine ou rarement. L'usage et le fréquent exercice sont les meilleurs maîtres pour bien faire une chose. Lorsque la conscience vous reproche une faute mortelle, ne tardez pas de vous convertir au Seigneur, ne négligez pas d'apaiser sa majesté divine. Les théologiens, après saint Thomas, disent que cette négligence, si elle procède du mépris, est un nouveau péché mortel.

Comment pouvez-vous dormir en sûreté et reposer tranquille, tandis que le glaive de la justice de Dieu est levé sur votre tête, vous qui n'ignorez pas que l'impie et son impiété sont en abomination devant Dieu ; que si sa colère s'enflamme personne ne peut lui résister; qu'il est facile de rentrer en grâce et facile de périr ; que si l'on périt c'est pour l'éternité? Plus le remède est différé, plus la guérison est difficile; le mal s'aigrit, s'étend, s'accroît et se fortifie par l'habitude. Plus vous tardez, plus l'âme devient faible, et il est plus difficile de rentrer en

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