DISCOURS DU SEIGNEUR APRÈS LA CÈNE
u da fruit, il le taillera, afin qu'il en porte davantage (■!).» 11 promet plus de constance dans la foi et la charité : « On g vous fera, ajoute-il, tout cela à cause de moi : je vous « le dis afin que vous ne soyez pas scandalisés. On vous « chassera des synagogues, et l'heure est venue où qui- « conque vous donnera la mort croira rendre gloire à « Dieu (2). » Enfin on y trouve une preuve certaine de la prédilection et de la prédestination divine : « Si, ajoute « le Sauveur, vous eussiez été du monde, le monde ai- « merait ce qui lui appartient; mais parce que vous « n'êtes pas du monde et que je vous ai séparés du « monde, c'est pour cela que vous êtes l'objet de sa
haine. Je leur ai donné votre parole, ô Père saint, et < le monde les hait, parce qu'ils ne sont pas du monde « comme je n'en suis pas moi-même (3). »
Que faites-vous donc avec le monde, si vous n'êtes pas du monde? Pourquoi donc allez-vous et vous prodiguezvous dans le monde, si vous n'en êtes pas? Puisque Dieu en vous adoptant vous a séparés du monde, n'aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde, car le monde hait Jésus-Christ et ses disciples et ses ministres; ne cherchez point des consolations dans le monde, car elles sont vaines; cherchez la paix de Jésus-Christ, qui s'acquiert par les tribulations et la patience.
Du discours du Seigneur après la ^ène (suite).
2° Quoique le Seigneur, courant à la mort et au crucifiement, fût sur le point de quitter ses disciples, il leur promit cependant que bientôt il reviendrait et que son secours ne leur manquerait pas dans les tribulations : « Dans peu de temps, dit-il , vous ne me verrez plus, et
(I) Jean. 15.— (2) Ibid. 45 et 16. — 5) lbid. 15 et 17.
« peu de temps après vous me reverrez ; je ne vous lais- « serai pas orphelins, je viendrai à vous (1). » Il leur promet ensuite qu'après son ascension il leur enverra un secours, un autre consolateur, qui ne les quittera plus : « Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre con- « solateur qui demeurera toujours avec vous. » Mais quel consolateur? un consolateur dont la venue et la présence non seulement supplée abondamment h l'éloignement du Sauveur, mais le remplace, indemnise de sa perte, et la rend même désirable. Entendons le Seigneur : « Parce « que je vous ai dit ces choses, votre cœur est rempli de « tristesse; mais je vous dis la vérité : il vous est avance tageux que je m'en aille ; car si je ne m'en vais point. ^ le consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je m'en u vais, je vous l'enverrai. » C'est l'Esprit de vérité et de force de qui notre Seigneur a dit ailleurs : «Lorsqu'on <c vous fera comparaître, n'examinez ni ce que vous ré- « pondrez, ni comment vous le ferez ; on vous donnera t< à l'heure même ce que vous aurez à dire, car ce ne « sera pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père « qui parlera en vous (2). »
Ne craignons pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; courons plutôt par ta patience au combat qui nous est proposé (3). Lorsqu'on ne peut pas fuir le monde, il faut le vaincre ; mais celui qui est en nous est plus fort que le monde (A).
3° Mais quelle sera l'issue des tribulations et la fin de notre patience? « En vérité, en vérité je vous le dis, « vous pleurerez et vous gémirez, vous autres; le monde « se réjouira, et vous serez dans la tristesse , mais votre c< tristesse se changera en joie. Une femme qui enfante a est dans la tristesse, parce que son heure est venue; « mais lorsqu'elle a mis au monde un enfant, elle ne se « souvient plus de ses souffrances à cause de la joie
(l) Jean 14. — (2) Matin. 10. — (T) lïcbr. 12. — (4) ! Jean 4.