‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 11 sur 212 · SIXIÈME MERCREDI APRÈS L'EPIPHANIE · texte numérisé non relu

SIXIÈME MERCREDI APRÈS L'EPIPHANIE

Du combat de la nature et de la grâce.

L'homme a pour ennemis ceux de sa propre maison (ij. La nature viciée par le péché ayant perdu la grâce, ce n'est pas sans de grands combats que cette ennemie du salut la reçoit de nouveau. Voilà pourquoi le soldat de Jésus-Christ se trouve divisé avec lui-même entre deux partis qui lui font une guerre intestine. Car il arrive que la grâce soumet et dompte la nature, ou que la nature repousse et éteint la grâce ; elles ne peuvent régner ensemble, puisqu'elles diffèrent entre elles dans leur origine, dans leurs mouvements et dans leurs fruits. Il est donc important de les discerner et d'examiner celle des deux que nous voulons avoir pour chef. L'origine de là nature est terrestre, celle de la grâce est céleste. Celle-ci nous conduit à l'honnêteté de la vertu, l'autre aux voluptés charnelles ; l'une donne la mort, l'autre la vie. Considérons donc en trois points la nature viciée dans ses puissances, dans ses actes, dans ses effets.

Ier Poent. — Le premier homme, étant tiré de la terre, est terrestre; le second, venant du ciel, est céleste. L'un nous a transmis la nature non pas telle qu'elle fut créée par les mains de Dieu, mais corrompue et viciée par le

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