H!. SAMEDI DE CAS
couvre à Pilate des choses plus relevées : Je suis né pour cela, et je suis venu au monde pou?" rendre témoignage à la vérité. Il approche de Pilate la lumière et le flambeau de la vérité, il le presse de le recevoir : Quiconque aime la vérité entend ma voix.
Pourquoi donc, ô mon Dieu, n'entends-je pas votre voix, sinon parce que je n'aime pas la vérité? La vérité est une lumière, et « celui qui fait le mal hait la lu— a mière (I). Vous êtes la vraie lumière qui éclaire tout « homme qui vient en ce monde (2). Montrez votre face « à votre serviteur (3), et la nuit deviendra comme le « jour (4). Celui qui vous suit ne marche pas dans les té- « nèbres(o). »
3° Pilate lui dit : Qu est-ce que la vérité ? Et, après avoir dit ceia, il sortit de nouveau pour parler aux Juifs. Voyez la légèreté de cet homme et son inconstance : il cherche la vérité, et il s'en va ; peut-être eut-il peur d'en savoir plus qu'il ne voulait. Nous sommes des aveugles, c'est le vice de notre nature dépravée; mais c'est l'effet d'une malice incompréhensible de fuir la lumière et d'aimer les ténèbres. Vous tombez et vous péchez, cela est tîans la nature humaine; mais l'erreur vous plaît, la vérité vous inspirela haine, vous ne pouvez souffrir celui qui vous guide et qui vous ramène, vous haïssez celui qui vous corrige, voilà qui est diabolique. Vous n'êtes pas de la vérité, ni de Dieu qui est la première vérité, la vérité par excellence, ni de Jésus-Christ, qui est la voie, la vérité et la vie (6).
« Seigneur, envoyez votre lumière et votre vérité, et « je marcherai à ses rayons; elle me conduira et m'amè- « nera sur votre sainte montagne et dans vos taberna- « clés (7). »
IIIe Point. — Pilate leur dit : Prenez- le vous-mêmes et
(!) Jean 5. — C«) !bid. 1.— (5'. Ps. 30.— </i\ Ps. ! 58.— (5) Iran 8; — (6) Ibïd. 14 — (7) Ps. 41.
j.ES JUIFS LIVRENT JÉSUS AUX GENTILS.
jugez-ie selon votre loi (1). Caïphe en jugeant suivait le mauvais penchant de son esprit et de son cœur, et Pilate la sagesse de la chair et du siècle qui est réprouvée. De là ses variations répétées : d'abord il remet le Sauveur aux Juifs, ensuite il l'absout, enfin il le renvoie à Hérode.
1° Prenez-le vous-mêmes. Est-ce le devoir d'un juge de livrer un accusé qui n'est convaincu d'aucun crime à l'arbitraire de ses ennemis ? Pilate savait que les Juifs lavaient livré par envie (2), mais il voyait le trouble et le tumulte, et il craignait de déplaire ; il a horreur d'un, forfait affreux, mais il n'ose l'empêcher. 0 détestable prudence du siècle ! ô malheureuse lâcheté, qui terrasse par la crainte ceux que la passion a pervertis ! Combien de fois vous a-t-elle fait tomber dans le péché? Car être de connivence avec le péché, c'est pécher ! Celui qui n'empêche pas le mal quand il le peut participe aux péchés des autres : « Non seulement ceux qui font ces choses sont di- « gnes de mort, mais encore ceux qui donnent leur assena timent à ceux qui s'en rendent coupables (3). »
« Les Juifs dirent donc: Il ne nous est pas permis de « faire mourir qui que ce soit. » Leur fureur était montée à un tel point que toutes leurs pensées ne tendaient qu'à infliger à l'innocence même le supplice de la mort et de la croix, afin que fût accomplie la parole de Jésus par laquelle il avait désigné le genre de sa mort. Mais les Romains s'étaient approprié le droit de vie et de mort, et les prêtres voulaient que le gouverneur devînt participant de leur crime, afin d'en rejeter sur lui toute l'infamie aux yeux du peuple.
« Mon fils, si les pécheurs vous leurrent et vous attirent, « ne les écoutez pas ; s'ils vous disent : Venez avec nous, « n'y consentez pas (4). » Ils cherchent un compagnon sur lequel ils puissent rejeter en sûreté tout l'odieux de leur faute, et lorsqu'ils seront arrivés au bord de la fosse, ils yous y jetteront et se retireront impunément.
(1) Jean J8. — (2) Matlh. 27. — (5) Rom I. — (f Prov. 1.
86 I ii. vsa:uedi rir.
2° Dès que Pilate vit, que les Juifs faisaient du bruit, il commença à trembler, c'est pour cela qu'il -leur remit le jugement; eux ne voulant pas s'en charger, il fit entrer Jésus dans le prétoire, et l'ayant interrogé en peu de mots, comme nous l'avons dit, sur son royaume et sur la vérité, ilsortit de nouveau et dit :Jene trouve en lui rien de reprvhensible. Il juge bien maintenant, parce qu'il juge après avoir examiné ; c'est pourquoi il absout Jésus etprononce qu'il est innocent. Nous, au contraire, nous condamnons souvent notre prochain, parce que nous le jugeons témérairement, avec trop de précipitation, ou d'après d'incertaines rumeurs. Il est donc prudent de ne pas juger avant d'entendre et d'avoir interrogé.
3° Mais eux se raidissaient davantage en disant : a 11 « excite le peuple en enseignant par toute la Judée, de- « puis la Galilée jusqu'ici (1). » Quelle est la fureur des Juifs ! comme elle leur fait commettre et inventer des mensonges ! Mais apprenez quelle est la douceur de Jésus- Christ. C'est en vain que Pilate l'excite en lui disant : « Vous n'entendez pas combien ils rendent de témoi- <( gnages contre vous ? il ne lui répondit pas une seule pa- « rôle (2). » En vain' il l'interroge une seconde fois en disant : « Vous ne répondez pas? voyez combien de choses « ils disent contre vous; » Jésus ne dit plus rien, tellement que le gouverneur en était grandement étonné; mais il n'était pas digne d'en entendre davantage, parce qu'il avait négligé la vérité et l'inspiration intérieure. Jésus expiait par son silence les péchés de notre langue. Pilate, entendant parler delà Galilée, demanda s'il était Galiléen ; lorsqu'il connut qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode, et il ne relâcha point celui qu.'il avait reconnu et déclaré innocent.
(O Luc 25. — (2) >latth. 27.
SUR LA PROVIDENCE DIVINE. 2fc3