SLR LA PROVIDENCE DIVINE. Î
la misère vient les surprendre comme un voyageur affamé. .le vous montrerai, dit le Seigneur, comme un exemple de ma justice; je vous traiterai comme j'ai traité Pharaon. Nabùchodonosor et Antiochus. Seigneur, ne me repoussez pas dans votre fureur; ayez pitié de moi, vous êtes ma seule espérance.
IIIe Point. — 77 vaut mieux se confier à Dieu qu'aux hommes; il vaut mieux espérer en Dieu que dans les princes; car il est bon, il nous aime, il est notre Père (1).
1° N'est-ce pas par sa bonté qu'il nous a tirés du néant, qu'il nous a conservé la vie, qu'il nous a comblés de bienfaits temporels et spirituels? N'est-ce pas lui qui fait lever le soleil sur les bons et sur les méchants, qui couvre la terre de verdure, qui fait croître les moissons, qui charge les arbres de fruits, qui donne la toison aux brebis, qui multiplie nos troupeaux, qui donne leur pâture aux petits oiseaux? Il n'oublie rien de ce qu'il a créé : le brin d'herbe que je foule aux pieds, le vermisseau que j'aperçois à peine, la petite fleur cachée sous l'herbe, sont l'objet de ses soins. Il pèse nos besoins, il prévoit les dangers, il éloigne les maux dont nous serions accablés.
C'est votre bonté et votre providence, Seigneur, qui « gouvernent le monde. »
2° Le Seigneur a pitié de ceux qui le craignent comme un père a pitié de ses enfants. S'il permet qu'il nous arrive des maux temporels, c'est toujours pour notre plus grand bien. Les maladies nous rappellent la pensée de la mort et nos fins dernières ; elles nous obligent à avoir recours à celui qui est le grand médecin des âmes et des corps ; elles nous apprennent à ne compter ni sur la force, ni sur la jeunesse. Les pertes, les afflictions nous détachent des biens de ce monde, et nous font soupirer après le bonheur qui ne finira jamais ; elles nous obligent à ne pas attacher notre cœur aux objets créés et à chercher notre consolation en Dieu seul. Combien de personnes se perdaient dans
U) Ps. 111.
là prospérité qui se sont sauvées dans les afflictions! Dieu fait toutpour ses élus; il aime mieux accabler le corps que de perdre 1 ame ; c'est parce qu'il vous aime qu'il vous envoie des maux temporels.
3° Ne dites pas: Que mangerons-nous? de quoi nous liabillerons-nous{\y. Vous avez un père qui ne vous abandonnera jamais. Il ne tombera pas un cheveu de votre tête sans sa permission ; il vous porte dans ses bras et sur son cœur. S'il vous afflige quelquefois, c'est pour éprouver votre patience ou vous punir de vos péchés ici-bas, afin de vous épargner dans l'autre vie. Ne craignez rien, petit troupeau; il a plu à mon Père de vous préparer un royaume, sinon sur la terre, du moins dans le ciel. La vertu se purifie dans l'infirmité, elle se perfectionne, elle va jusqu'à l'héroïsme. Buvez le calice d'amertume ; s'il vous paraît rempli de fiel, il guérira vos maux spirituels. Oui, mon Pèr,e, puisque cela vous plaît, je le veux.