J.-C EST INSULTÉ CHEZ HÉRODE
que je vous invoquerai, et que je reçoive selon ma foi.
IIe Point. — // lui adressait mille questions, mais Jésus ne répondait rien (1). ÎL n'y a ici aucune parole de Jésus- Christ, cependant il y a une ample matière à la méditation; car ce silence fut une certaine réponse de désapprobation, d'indignation et d'abandon.
4° Interrogé sur beaucoup de choses, il refuse par son silence et la réponse et le miracle ; il ne fait point de réponse pour ne pas entretenir la curiosité et pour couper court à ces discours inutiles. Hérode demanda beaucoup de choses curieuses, vaines, et qui ne pouvaient servir ni à la cause du Sauveur, ni au salut de son âme ; ainsi il ne méritait aucune réponse. Si l'on vous adresse des questions vaines, souvenez-vous de ce silence, et ne répondez pas ; ne servez point à entretenir la loquacité des autres, et ne vous mêlez pas dans les conversations inutiles. Si vous voulez, au contraire, parler avec Dieu dans l'oraison, renvoyez toutes les inquiétudes inutiles, les pensées et les questions vagues et hors de propos ; occupez-vous de celles qui regardent le salut, sans quoi vous n'obtiendrez de lui aucune réponse.
Le Sauveur ne fait point de miracle, parce que celui qui en demande sans nécessité tente Dieu ; Jésus fuit tout éclat et ne soupire qu'après la mort. Aussi il ne répondait pas lorsque les princes des prêtres et les scribes étaient là constamment pour l'accuser ; il pouvait confondre ses ennemis par un miracle, mais il ne voulut pas. Vous, au contraire, vous voudriez que Dieu se chargeât de manifester votre innocence lorsqu'on vous accuse injustement et qu'on vous calomnie. L'exemple de Jésus-Christ nous enseigne à nous taire plutôt que de répondre, à préférer être confondu plutôt que de confondre les autres.
2° Quelquefois le silence est un signe de dédain et d'indignation. Hérode interrogeait en faisant beaucoup de
(.n Luc 25.
questions, et Jésus ne répond rien ; il ne l'honore pas d'une seule parole, parce qu'il déteste les vices d'Hérode. roi incestueux qui vivait avec la femme de son frère qu'il avait enlevée, roi homicide qui avait fait trancher la tête de son précurseur , le plus grands des enfants des hommes, pour se rendre agréable à une danseuse. Il était donc indigne d'entendre la voix douce, puissante et salutaire du Dieu sauveur.
Prenez garde de ne point fermer, par la multitude de vos péchés et par leur énormité, cette bouche sainte qui produit la vie. A qui iriez-vous? car elle a les paroles de la vie éternelle.
3° Enfin ce silence semble avoir été la réponse d'un Dieu qui abandonne et qui réprouve ; lorsque nous mettons le doigt sur notre bouche, cela veut dire que nous méditons une vengeance éclatante. Malheur au fils à qui son père irrité ne répond pas^si lui-même il ne se met pas en peine de ce mépris !aSeigneur; vous avez donnéune « marque à ceux qui vous craignent, afin qu'ils sachent u éviter les coups de votre colère (i).»Vous avez refusé à Hérode un signe et même une parole. Malheur au pécheur à qui vous ne parlez pas, que vous n'instruisez pas, et de qui vous dites : « Ayons pitié de l'impie, et il n'apa prendra pas la justice (2) ; car il est réservé pour le (t jour mauvais (3). Personne ne peut corriger celui « que vous abandonnez, Vous le frapperez par derrière, a et lorsqu'il dira : Paix et sécurité, la mort arrivera suie bitement, et le salut ne l'accompagnera pas (-4). »
Si vous entendez aujourd'hui la voix du Seigneur, n'endurcissez pas votre cœur, de crainte qu'il ne se retire en silence et qu'il ne jure dans sa colère que vous n'entrerez pas dans son repos. « Seigneur, ne me reprenez pas « dans votre fureur, et ne me corrigez pas dans votre « colère (5); » mais corrigez-moi dans votre miséricorde,
(i)Ps.59. — (2)lsaïc26. — (3)Job2i. — (4) Eccl. 7; Prov. 29.— (5) Ps. 31.