‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 138 sur 212 · J.-C. ESP INSULTÉ CHEZ HÉRODE · texte numérisé non relu

J.-C. ESP INSULTÉ CHEZ HÉRODE

et enseignez-moi dans voire justice. « Seigneur, je pousse « mes cris vers vous; vous êtes mon Dieu, ne gardez pas « le silence sur moi , ne vous taisez pas à mon sujet, car « je deviendrai semblable à ceux qui descendent dans « l'abîme (1). »

IIIe Point. — Hêrode et son armée le méprisèrent. Il le traita avec dérision, le revêtit d'une robe blanche et le renvoya à Pilate (2). Tel est le terme de l'impiété, telle est la folie des impies; elle le méprise, elle l'insulte, elle le renvoie.

1° Hêrode le méprisa, Il méprisa son Créateur, la Sagesse éternelle, son Rédempteur, le Fils de Dieu, que les anges adorent, qui est servi par des millions d'espritscélestes, et devant qui les démons tremblent. Il le méprisa avec son armée, c'est-à-dire que l'exemple d'impiété descendit du roi aux sujets et d'un seul se communiqua à tous. Avec quel sentiment Jésus reçut-il cette injure, lui qui connaissait le fond des cœurs ! Il crie vers son Père en disant : Vous m avez rendu le jouet d\m insensé ; la confusion a couvert mon visage (3).

Avec quel sentiment eussiez-vous supporté ce mépris, vous à qui il était dû? Vous compatissez à la peine de votre Sauveur, mais peut-être vous ne comprenez pas que tout pécheur méprise Dieu, que le Fils de Dieu supporte ce mépris et l'expie comme venant de vous, en récompense de tant de bienfaits et de l'amour infini dont il vous a comblé. S'il a souffert dans le silence le mépris d'Hérode, il se plaint du vôtre en disant : J'ai nourri des enfants, je les ai élevés-, et ils mont méprisé (-4). C'est vous. chrétiens, qui m'avez ainsi traité (5). Ad vos saeerdotes hoc !

2° // linsulta après l'avoir revêtu d'une robe blanche. Quelle amère et horrible dérision 1 Hêrode ne se contente pas de mépriser, de railler, de couvrir le Sauveur d'inj ures ; à la place d'une robe blanche dont les césars et les

(i) Ps.27— (2)Luc25.— ;5;Ps. 58. — (4) Isaïe 1.— (o)JI.ï'.ach J.

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rois se servaient, prenant un morceau de vêtement usé et déchiré, il le lui met en forme de robe et l'expose ainsi a la risée publique, faisant passer pour un fou celui qui est la sagesse éternelle, traitant d'ambitieux celui qui est le Roi des anges. Où conduit donc l'impiété? Mais les saints anges adoraient leur Roi et l'exaltaient d'autant plus qu'ils le voyaient plus profondément humilié.

Et vous, Seigneur, mon Roi et mon Dieu, vous m'êtes d'autant plus cher que vous vous êtes plus humilié pour moi. Qu'est-ce que désigne cette robe blanche? Si elle signifie la robe d'innocence que j'ai perdue, rendez-la-moi ; si elle signifie l'ambition et la folie, elle me convient, à moi homme superbe et insensé. Plût à Dieu que j'en fusse revêtu, et que je pusse endurer un mépris signalé pour l'amour de votre nom et à cause de mon orgueil ! Si je passe pour sage dans ce monde, que je devienne insensé pour être sage à vos yeux. La sagesse de ce monde est une folie ; ce qui est insensé aux yeux de Dieu est sagesse aux yeux des hommes. Dieu n'a-t-il pas rendu insensée la sagesse du monde? n'a-t-il pas dit : Je perdrai la sagesse des sages, et je réprouverai la prudence des prudents (1) ?

3° Et il le renvoya à Pilate. Hérode ne relâche pas et n'absout point celui qu'il accuse de folie et non de faute : mais il le renvoie à Pilate pour recouvrer sa faveur et rentrer dans son amitié, car auparavant ils étaient ennemis, et dès ce jour-là Hérode et Pilate devinrent amis. En effet, « Jésus est notre paix, qui de deux n'en fait qu'un, q détruisant dans sa chair les inimitiés pour réconcilier a les peuples juifs et gentils par sa croix et n'en faire a qu'un corps en Dieu (2). » De quelles clameurs est de nouveau assailli le Sauveur en reparaissant au milieu du peuple ! avec quelles huées il est reçu couvert de sa robe ridicule ! avec quelles explosions d'outrages, avec quelles risées il est ramené au gouverneur !

(!) I Cor. {.— ,2) E|»h. 2-.

EARÎIABaS EST PRÉFÉRÉ A J.-C 277

Celui qui ne ressent pas ce qu'éprouva Jésus n'est touché ni de l'honneur ni du déshonneur. Oh! combien, bon Jésus, mon orgueil a fait retomber sur vous une affreuse ignominie! Plus il veut monter, plus il vous abaisse. Abaissez-le vous-même, ô mon Dieu, et soyez comblé d'honneur et de gloire dans les siècles des siècles.

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