‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 144 sur 212 · J.-C EST FLAGELLÉ · texte numérisé non relu

J.-C EST FLAGELLÉ

traces en portant toujours sur nous et dans notre corps la mortification du Sauveur et ses stigmates dans notre chair, afin quelle soit soumise à l'esprit. Si vous ne la frappez rudement, si vous ne la flagellez et si vous ne la domptez, elle ne pourra pas se soumettre à la loi de Dieu. C'est pourquoi l'apôtre dit : Je châtie rudement mon corps et je le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois réprouvé.

0 homme délicat ! Jésus a osé tout souffrir pour vous, et vous, vous n'osez rien pour lui ; il n'a pas eu horreur défaire tout pour votre salut, et vous avez horreur de faire la moindre chose. Faites, Seigneur, ce que je ne puis pas ; châtiez mon corps, brûlez, tranchez ici-bas, mais épargnez-moi dans l'éternité.

IIIe Point. — Je suis prêt à recevoir les coups (1). Le Fils de Dieu souffrit le supplice sanglant de la flagellation pour l'amour de son Père et de ses frères. Sa charité fit qu'il le subit après l'avoir désiré, il le supporta avec joie, il le souffrit avec constance.

1° Le prophète expose l'ardent désir de Jésus-Christ en ces termes : Seignenr, tout mon désir est présent à vos yeux, et mon gémissement ne vous est point caché ; je suis prêt à recevoir les coups, et ma douleur est toujours présente. Ce qui est l'objet d'un ardent désir revient souvent à la mémoire ; le Sauveur l'a exprimé plus clairement en disant : Je dois recevoir un baptême, et combien je me sens pressé jusqu'à ce que je l'aie reçu (2) ! Ce n'était point d'un baptême d'eau qu'il parlait, mais d'un baptême de sang, qui ne fut pas seulement en forme d'aspersion, mais comme un torrent dont il fut inondé et dans lequel il se roulait.

C'est ainsi que Jésus vous aime, c'est ainsi qu'il désire souffrir pour vous. Le gouverneur n'a pas encore ordonné, et déjà Jésus a obéi ; il quitte ses vêtements, et il

(1) Ps. 37. — (2.) Luc 12.

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