‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 151 sur 212 · QUATRIÈME SAMEDI DE CARÊME · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SAMEDI DE CARÊME

Jésus-Christ est condamné à la croix.

Pilote, entendant ces paroles, fut saisi d'une plus grande crainte (2). Pilate, inquiet, interroge de nouveau Jésus; encore indécis, il sollicite encore le peuple ; vaincu par la crainte, il prononce la sentence de mort.

Ier Point. — Pilate fait un nouvel examen, parce qu'il

(1) Sap. 2. — (2) Jean 19.

souçonne un peu la divinité de Jésus-Christ, il s'informe de la vérité, il s'indigne du silence de Jésus-Christ, enfin il est confirmé dans son opinion par la réponse de Jésus-Christ.

4° PUate ayant entendu ce discours, qui consistait à dire que Jésus-Christ se déclarait Fils de Dieu , il craignit dacantage, soupçonnant qu'il était le premier né d'un de ces dieux que l'ignorance des païens leur faisait adorer, d'autant plus qu'il avait vu et entendu dire de lui bien des choses qui surpassaient les forces de la nature; c'est pourquoi, quelque temps après, il écrivit à Rome, au sénat, pour l'engager à mettre Jésus-Christ au rang des dieux. Craignant donc de condamner à mort le Fils de Dieu, il commença à être plus inquiet et à s'effrayer, parce que, d'une part, le peuple le pressait; de l'autre, la justice, la piété et la religion s'y opposaient.

On doit combattre, non avec lâcheté, mais sans crainte, courageusement et la tête haute, les ennemis de Dieu et de notre âme. Si vous cédez, si vous tremblez, la chair devient plus insolente, la concupiscence plus ardente, le monde plus arrogant; le démon presse avec plus d'ardeur et ne laisse point, de repos; d'un autre côté, le glaive de la vengeance divine trouble la conscience et l'effraie. Craignez Dieu, et que cette crainte réprime la fureur et le choc des ennemis du salut.

2° « Il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D'où êtes-vous ? Mais Jésus ne lui donna pas de ré- « ponse. » Il demande à Jésus de quel lieu, de quelle famille il tire son origine et quels sont ses parents, afin de dissiper son doute et de découvrir la vérité par ces renseignements ; mais c'est en vain, parce qu'on ne reçoit pas la lumière de la foi par une curieuse recherche de la vérité ; c'est au contraire par une humble obéissance de cœur qui captive l'esprit. Voilà pourquoi Jésus ne répond rien, et en cela il agit avec prudence; car s'il eût nommé ses parents, cela n'eût servi à rien par

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