G DIMANCHE DE LA PASSION
nière les règles d'une communauté, vous regardez comme véniel ce qui est mortel, vous expliquez les commandements de Dieu et de l'Eglise conformément à vos inclinations, vous enlevez au prochain sa réputation, vous craignez d'avaler un moucheron et vous avalez un chameau. Semblable aux Juifs qui ne voulaient pas entrer chez Pilate pour ne pas se souiller, mais qui ne craignaient pas de demander la mort du Sauveur, vous observerez ce qu'il y a de moins essentiel et vous laisserez ce qui est le plus important.
2° La fausse conscience est un abîme inépuisable de péchés, dit saint Bernard; c'est une mer profonde qui renferme des reptiles et des monstres sans nombre, car elle engendre des péchés innombrables. La fausse conscience enfante la noire envie, la haine, la médisance, la calomnie, les perfidies, les désirs charnels, les attachements secrets, les passions de toute espèce, l'orgueil sous le masque de l'humilité, l'hypocrisie sous le voile de la piété ; tous les vices sont là comme dans leur centre, et l'on finit par commettre le mal hardiment; car on ne trouve en soi aucune opposition, on n'éprouve plus aucun trouble, la conscience et le cœur sont d'accord, on a enfin la paix dans le péché. C'est un signe de réprobation ; car, tant que la conscience est troublée, il y a espoir de retour à Dieu ; mais si la conscience demeure muette, c'est une preuve qu'elle est dans les ténèbres, de telle manière que le pécheur n'est point inquiet, il se croit même innocent aux yeux de Dieu. N'êtes-vous point dans cet état?
3° Tant que la conscience connaît le mal, elle le condamne, elle crie, elle réclame, elle force le pécheur à rentrer dans l'ordre ; c'est ainsi que saint Augustin rentra en lui-même. « Oui, Seigneur, disait-il, ma con- « science s'est déclarée pour vous contre moi; c'est ce « qui m'a sauvé. ». Tant que vous éprouverez des remords, avez confiance ; vous n'avez pas encore perdu de vue la