JÉSUS EN CROIX
faveur de tous les hommes, fussent-ils en nombre infini et leurs crimes plus énormes encore, parce que c'est le Fils de Dieu qui l'offre ; c'est pourquoi ses souffrances ont un prix infini en mérite et en satisfaction.
Ce prêtre a tous ses insignes : sa tiare, c'est sa couronne d'épines ; son bâton pastoral, c'est sa croix, quoiqu'elle serve aussi d'autel; ses anneaux, ce sont ses clous; son vêtement sacerdotal, c'est sa propre chair coupée, tailladée de diverses manières et teinte de son sang. J'offrirai, moi aussi, quelque chose : un cœur contrit et humilié, que vous ne rejetterez pas, ô mon Dieu ; j'offrirai un sacrifice de louanges.
3° Je considérerai Jésus-Christ comme le docteur de la justice, que Dieu nous a donné, et qui, après avoir enseigné pendant toute sa vie par ses paroles et ses exemples, à la fin nous donne, du haut de sa croix comme d'une chaire, un abrégé de toute sa doctrine. Il avait déjà enseigné quels sont ceux qu'on doit regarder comme heureux ; il se donna lui-même, sur la croix, comme un exemple de cette béatitude, afin que cette parole soit accomplie en vérité : Regardez, et faites selon le modèle qui vous a été donné sur la montagne, et cette autre de saint Paul : Je me suis fait passer pour ne savoir que Jésus et Jésus crucifié.
4° Je considérerai Jésus-Christ comme le général et le guerrier le plus vaillant, qui a vaincu sur la montagne du Calvaire, lieu désigné pour le combat, toutes les puissances de l'enfer, et en a triomphé dans son corps. C'est lui surtout qui a écrasé la tête du serpent, qui, après avoir trompé le premier homme, avait introduit le péché dans le monde et la mort par le péché. De ce premier péché il en sortit sept autres comme autant de têtes. Ce monstre était comme celui dont il est parlé dans l'Apocalypse, qui était roux et qui avait sept têtes. Ce sont les sept pé* chés capitaux. Le Sauveur l'a encore terrassé par sa croix qui nous justifie ; la verge de la croix dérora les verges