VI. JEUDI APRÈS l'éPIPHàME
vrai que Dieu dans le principe forma l'homme dans la droiture (i), afin qu'il connût et qu'il voulût ce qui est juste et que son appétit lui fût soumis. Mais la tache du péché vicia une si belle origine; son poids l'entraîna de telle sorte que le sens et la pensée de l'homme devinrent enclins au mal dès sa jeunesse (2). Si donc vous ne corrigez pas les mouvements de votre cœur, ils prendront une mauvaise direction.il faut relever ceux qui ne font que se traîner, modérer ceux qui sont trop exaltés, éclairer ceux qui sont aveugle?, et guérir ceux qui sont vicieux et corrompus.
1° Il faut corriger les affections viles et basses, car pour l'ordinaire elles entraînent vers les choses terrestres ; élevez-les donc aux choses célestes, parce que si d'une part elles sont affaissées et de l'autre point assez élevées, elles descendront jusqu'à ce qu'il y a de plus vil. Il faut donc élever nos cœurs jusqu'aux choses qui procurent une véritable joie et ne point rechercher la gloire humaine, mais celle qui vient de Dieu, a ne cherchant pas a des trésors sur la terre, mais dans le ciel, où ni la rouille g ni les vers ne peuvent leur faire aucun mal, et où les « voleurs ne peuvent ni pénétrer ni voler (3). »
N'avez -vous pas honte de penser qu'étant né pour les biens éternels, vous vous attachez à des choses fragiles, vous appliquez à la terre toutes les facultés de votre esprit, et vous n'aimez que ce qui est terrestre? Cela vient de ce que vous n'élevez jamais votre cœur aux choses rélestes.
2° On doit réprimer les affections immodérées. Il est permis d'avoir soin de sa réputation et de sa vie ; l'amour des parents et des amis est aussi légitime, pourvu qu'il soit modéré; mais tout excès est vicieux. Si vous vous appliquez à la "^aine gloire et que vous la désiriez, si vou-s Mes plein de sollicitude pour les commodités de la vie et que vous vous en inquiétiez, si vous avez pour vos parts et vos amis un attachement et une tendresse qui
{1) Eccl. 1. — (2) Gen. S. — (3) Malth. G.