LE SAIST JOUR DE PAQUES
mystères cachés, de voir des choses qui lui paraissaient obscures, de comprendre les choses les plus abstraites; elle signifie encore cet admirable éclat de sainteté qui brille dans toutes les œuvres que fait l'âme régénérée, de manière que tous ceux qui en sont témoins glorifient le Père qui est dans les cieux.
4° L'incorruptibilité, qui fait que Jésus-Christ une fois mort ne meurt plus, représente celte tranquillité et cette impassibilité qui fait que l'homme, ressuscité par Jésus- Christ, devient ferme et courageux contre le tumulte des passions et les tempêtes du siècle, tellement que tout ce qui arrive à l'homme juste n'est point capable de le contrister : il jouit d'une paix intérieure et d'un repos qui surpasse tout sentiment ; elle montre aussi cette bienheureuse immortalité, principe de l'éternelle félicité, qui fait que. n'étant jamais vaincu parles tentations, le juste soutenu par la grâce persévère jusqu'à la fin. Nous savons que Jésus-Christ ne meurt plus, la mort n'aura plus d'empire sur lui. Pensez aussi que vous êtes morts au péché, et que vous virez pour Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur (1).
Cette vie aussi admirable que nouvelle, qui est le fruit de la mort et de la résurrection spirituelle, ne peut être que le résultat d'un exercice continuel, le but et la fin de tous les travaux ; comme elle exprime très-bien la glorieuse vie de Jésus-Christ en nous, elle nous méritera au dernier jour la même gloire qu'à Jésus-Christ.
Jusqu'à présent j'ai négligé cette vie, parce que je craignais de mourir, et, vivant dans les délices, j'étais mort, mais d'une autre mort, de la mort qui fait mourir non le corps, mais l'âme , de cette mort qui perd le corps et l'âme dans Fenfer. Mes ennemis sont vivants, et ils se sont fortifiés ; la chair vit en moi ; le monde, la concupiscence, le péché, régnent dans mon corps mortel. BesgèÊCttez-moi, Seigneur, et je leur rendrai le mal quils m'ont
(!) Rom. 6.
fait (1) , et mon âme vivra pour vous. Mon Dieu, qui avez daigné donner une grande joie au monde par la résurrection de votre Fils notre Seigneur Jésus-Christ, faites-nous la grâce, nous vous en prions par sa bienheureuse Mère la Vierge Marie, de nous donner la joie de la vie éternelle par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit— il.
Sur la résurrection du Seigneur.
Comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire de son Père, de même nous devons marcher dans une nouvelle vie (2). Le Seigneur est ressuscité pour la vie de la gloire, afin de nous ressusciter de la mort du péché pour la vie de la grâce. // a été livré à cause de nos péchés, et il est ressuscité pour notre justification (3). Telle fut la résurrection de son corps, telle doit être la conversion de notre âme, afin que notre résurrection spirituelle soit la représentation de la sienne. « Nous avons été ensevelis ce avec Jésus-Christ dans le baptême pour mourir au pé- « ché, afin que, comme il est ressuscité par la gloire de « son Père, nous marchions aussi dans une nouvelle vie. »
Or, le Seigneur est vraiment ressuscité; il s'est montré et il ne meurt plus ; de même notre conversion doit être sincère, évidente, constante et durable.
Ier PorxT. — Le Seigneur est vraiment ressuscité (A). C'est en vain que les Juifs font garder le sépulcre, le fortifient et mettent le sceau sur la pierre ; c'est en vain que les pieuses femmes viennent dès le matin pour embaumer le Seigneur, un ange leur crie : Il n'est point là , il est ressuscité ; venez et voyez le lieu où on 1 avait mis. Pierre accourt au sépulcre, Jean vient aussi ; ils regardent, ils
(1) ps. 40.— (2) Rom. G. — (5) Ibid. 4.— (4) Luc 24.
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entrent; ils croient à peine ce qu'ils voient, tant ils sont étonnés ; ils trouvent des preuves indubitables de la résurrection : la pierre est enlevée, le tombeau est ouvert; le suaire est d'un côté, les linceuls de l'autre. Pour qu'il y ait des preuves de conversion véritable, il faut que la contrition nous enlève notre cœur de pierre, que la confession des péchés ouvre le sépulcre de l'âme, que le changement de vie détruise et abandonne les liens de l'iniquité ; sans cela il n'y a point de véritable résurrection de l'âme, et le corps, au dernier jour, ne ressuscitera pas pour la gloire, mais pour le jugement.
■1° « Les femmes disaient entre elles : Qui nous enlèvera a la pierre de l'entrée du sépulcre ? car elle était grande ; « et, en regardant, elles virent qu'elle était enlevée (4). » Voilà la première preuve qu'elles reçoivent de la résurrection ; c'est aussi la première marque d'une vraie conversion, lorsque la componction enlève le cœur de pierre, c'est-à-dire dur comme la pierre, afin que s'accomplisse ce que le prophète a dit de l'avènement de Jésus-Christ et de la grâce de la nouvelle loi : Je vous enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair (2). Si votre cœur est encore dur, s'il n'est point amolli par les larmes de la pénitence, s'il n'est point ému par la douleur de l'âme, par la détestation du péché, s'il n'est point comme arraché et changé par le ferme propos d'une meilleure vie, vous n êtes pas encore ressuscité avec Jésus-Christ, votre âme n'est point guérie ; car il n'y a en vous aucune marque de résurrection et de vie, mais plutôt de mort, d'endurcissement et de réprobation éternelle.
Regardez-vous vous-même, considérez-vous, voyez avec quels sentiments de douleur et de componction vous avez reçu les sacrements, ou avec quelles dispositionsvous allez les recevoir. Ayez pitié de votre âme qui est percée
(1) Marc 16.— ;2) Ezccîi. 56.
rie tant de blessures, accablée sous le poids des péchés, et qui est ensevelie depuis si longtemps dans les ténèbres et les ombres delà mort. Levez-vous enfin, ressuscitez d'entre les morts, afin que Jésus-Christ vous ressuscite au dernier jour.
2° Le second signe de la résurrection, c'est le sépulcre ouvert. « Un ange était assis sur la pierre, et dit auxfem- « mes : Venez et voyez le lieu où était déposé le Sei- « gneur (1). Etant entrées dans le sépulcre, elles ne trou- « vèrent pas le corps de Jésus (2). » Pierre vint aussi avec- Jean, qui entra le premier, et l'autre le second ; ils virent et ils crurent que le Seigneur était ressuscité (3). Voilà la seconde marque de la résurrection spirituelle, lorsque la confession des péchés ouvre le sépulcre de l'âme, de telle manière que tout esprit immonde et tout oiseau nocturne soient mis à découvert sous les yeux du prêtre (4). Mais si le pécheur craint d'ouvrir les cachettes les plus profondes de sa mauvaise conscience, s'il néglige de les sonder, si la honte ou un oubli inexcusable lui fait laisser quelque péché mortel, le médecin ne saurait guérir le mal qu'il ignore. Il n'y a donc point de santé pour l'âme, aucune marque de résurrection à la vie, sinon lorsque le sépulcre est ouvert ; autrement il n'y a que pourriture et mauvaise odeur qui s'exhale avec l'odeur de la mort.
Ce sépulcre, qui est fermé au prêtre, sera ouvert au jour de la résurrection, car nous serons tous manifestés et mis à découvert devant le tribunal de Jésus-Christ (n). Vous aussi vous ressusciterez ; nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés (6). Vous ne ressusciterez pas pour la vie immortelle, car la corruption ne possédera pas l'incorruption; mais vous ressusciterez, afin que Dieu montre à toutes les nations l'ignominie de votre conduite que vous teniez cachée.
(i) Matlh. 28. —(2) Luc 24, — (5) Jean 20 — (4)Apoe. 18. — (S) H Cor. 5. — (G) lbid. 15.
3° La dernière marque de la résurrection est le suaire et les linges qui étaient abandonnés dans le sépulcre, comme saint Jean assure les avoir vus de ses propres yeux. Saint Pierre les vit aussi en se courbant pour regarder dans le tombeau. Ce signe est convaincant contre le mensonge des gardes qui,s'étant laissés corrompre à prix d'argent, proclamaient que, tandis qu'ils dormaient pendant la nuit, les disciples étaient venus et avaient emporté le corps de Jésus-Christ après s'en être emparés. Des voleurs eussent-ils pris la peine d'arracher les linges et de les laisser? Voilà donc la marque principale de la conversion, lorque le pécheur, par un vrai changement de vie. enlève et abandonne les liens qui le tenaient attaché au péché, lorsqu'il quitte et qu'il fuit les mauvaises sociétés, les occasions dangereuses, les mauvaises habitudes, afin que, comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts lui aussi marche dans une nouvelle vie.
Alors Tange dira : «Pourquoi cherchez- vous parmi les « morts celui qui est vivant (1)? Il est ressuscité, comme a il l'a dit ; iln'estpaslà, venez et voyez le lieu où on l'avait « mis. » Si on ne quitte pas son ancien genre dévie, ses anciennes habitudes, on n'est pas ressuscité; car on n'a pas quitté les liens de l'impiété, on n'a pas jeté les fardeaux qui écrasaient. « On restera encore sans honneur et sans a gloire parmi les morts qui ne ressusciteront pas (2). » Si le pécheur ressuscite, il viendra parmi ceux qui ont fait une pénitence tardive et qui disent au dedans d'eux-mêmes : « Nous nous sommes éloignésde la voiede la vérité; « et la lumière de la justice n'a point lui sur nous (3). »
IIe Point. — Le Seigneur est vraiment ressuscité; il s'est montré à Pierre (A). Quelque évidents que fussent les signes de la résurrection dont les femmes et les disciples furent témoins, ils semblèrent cependant aux autres ne dire que des extravagances, et ceux-ci ne crurent pas
(1) Luc 24. — (2) Sap. 4. — (5) Ibid. o. — (4) Luc 24.
Mais Jésus-Christ se manifesta bientôt, et il se montra tantôt aux femmes, tantôt aux disciples ; pour leur donner la foi, il mangea avec eux, et, leur montrant son côté, ses mains et ses pieds, il leur disait : « Voyez mes mains « et mes pieds , c'est bien moi-même ; touchez et voyez : (t un esprit n'a pas de la chair et des os comme vous « voyez que j'en ai (1). » De même, si vous êtes véritablement ressuscité avec Jésus -Christ, vous devez montrer au monde les œuvres de votre vie spirituelle, afin de glorifier Dieu selon la mesure de la grâce que vous avez reçue , qu'ainsi vous puissiez édifier le prochain à proportion des scandales que vous avez donnés, et que, selon la mesure de votre faiblesse, vous puissiez vous sanctifier et vous affermir dans le bon propos d'une meilleure vie.
1° Dieu seul est le créateur du corps et de l'âme dont l'homme est composé; il exige le culte soit extérieur soit intérieur de l'un et de l'autre. Si Jésus-Christ dit à tous ses disciples : a Que votre lumière brille aux yeux des a hommes, de telle manière qu'ils voient vos bonnes œu- « vres et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les « cieux (2) , » à combien plus forte raison le pécheur qui a déshonoré son Père en se livrant aux ordures et aux immondices du péché, et qui en a obtenu le pardon, ne doit-il pas, pour une si grande grâce, réparer la gloire de son Père et l'augmenter par une abondance de bonnes œuvres proportionnées à la multitude de ses fautes ! Quoique Dieu ait remis la coulpe et la peine éternelle, il exige cependant une peine et une satisfaction temporelle et une réparation publique de sa gloire, comme il en a le droit. Le crime du roi-prophète, qui était d'abord secret, fut bientôt connu par des preuves certaines; c'est pourquoi Nathan lui dit lorsqu'il le vit faire pénitence : a Le Seigneur vous a remis votre péché ; mais parce que « vous avez fait blasphémer les ennemis de Dieu, je vous
(1) Luc 24.— (2)3Iatlh- 15.
« susciterai Ken des maux, le glaive ne sortira jamais « de votre maison (I). »
Choisissez, ou d'éprouver la vengeance céleste, ou de laver par des œuvres satisfactoires les restes de vos péchés. Si vous rougissez de paraître chrétien devant les hommes et de suivre Jésus-Christ crucifié en mortifiant votre chair avec ses vices et ses convoitises, ne faitesvous pas à Dieu une nouvelle injure? et le Fils de Dieulorsqu'il viendra, ne rougira-t-il pas de vous?
2° L'apôtre exhorte saint Tite à se montrer en touteoccasion comme un exemple de bonnes œuvres. Ceci convient à tous les fidèles, puisque sans les œuvres notre foi est morte ; mais cette obligation regarde surtout les pécheurs convertis qui, ayant scandalisé beaucoup de personnes dans l'observance des commandements, doivent édifier l'Eglise de Dieu et briller par l'éclat de leur piété autant qu'ils ont nui au prochain par leurs mœurs dépravées. Chacun est tenu de réparer le tort temporel qu'il a fait s'il veut obtenir le pardon de ses péchés ; n'est-il donc pas tenu de réparer le scandale qu'il a donné et la ruine spirituelle qu'il a causée au prochain?
L'obligation est d'autant plus grande et plus grave que les exemples d'une vie pénitente frappent davantage les hommes pervers et les excitent à revenir au bien plus que la vie innocente elle-même; car celui qui a toujours mené une vie sobre et sans tache frappe moins les yeux et ne fait rien qui surprenne. Mais la conversion remarquable d'un grand pécheur est regardée comme un prodige ; elle montre la grandeur de la miséricorde de Dieu ; elle inspire l'espérance et le courage, tellement que ceux qui ont suivi le pécheur dans son égarement l'imitent dans sa pénitence. Quoi! disait saint Augustin, tu ne pourras pas ce que peuvent celui-ci et celui-là? «C'est a pourquoi il y aura une plus grande joie dans le ciel
(i) II Rois 12.
a au sujet d'un seul pécheur qui fait pénitence que pour « quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de « pénitence (1). »
3° Mais ne continuez pas à vous livrer au péché pour rendre ensuite votre pénitence plus exemplaire et plus frappante, car la voie de l'homme n'est pas en son pouvoir (2), et le pécheur se ramasse un trésor de colère qui viendra subitement. Entendez plutôt ce que dit le Saint-Esprit : « Que celui qui est juste se justifie encore (3). Avez-vous « péché? n'ajoutez pas à vos fautes, et priez afin qu'on « vous pardonne (4). » Après avoir reçu la grâce de l'adoption des enfants, efforcez-vous de plus en plus par vos bonnes œuvres de rendre votre vocation et votre élection certaine. Celui qui relève à peine d'une grave maladie doit, selon les prescriptions du médecin, vivre sobrement, ne point manger indifféremment toute espèce d'aliments qui chargeraient son estomac, jusqu'à ce qu'il ait récupéré ses forces et raffermi sa santé. S'il n'observe pas ces précautions, il ne se rétablira pas; au contraire, il tombera dans une maladie plus grave et aura peine à échapper à la mort. Ainsi celui qui n'est pas relevé depuis longtemps de la mort du péché doit prendre ses précautions, marcher avec prudence, affermir son cœur par la grâce, conserver la vie de son âme par des bonnes œuvres, et ne rien négliger pour se fortifier; car le Seigneur n'est pas seulement ressuscité, il s'est véritablement montré ; il ne meurt plus, la mort n'aura plus d'empire sur lui.
IIIe Point. — Jésus-Christ, ressuscité cV entre les morts, ne meurt plus, la mort n'a plus d'empire sur lui (o). Voilà ce qu'à l'imitation de la résurrection du Sauveur, l'apôtre nous propose ; de même qu'il est mort une seule fois pour nos péchés, et qu'une fois ressuscité il vit éternellement,
(I)Luc 15. — (2)Jcr. 10. — (5) Anoc.22. — (î) Eccli. 21. — (S) Rom. 6.
ainsi nous, lorsque nous avons été.ressuscités par la grâce, nous ne devons plus servir au péché pour mourir encoremais nous devons vivre pour Dieu dans la justice; « car « il est mort pour le péché, mais il n'est mort qu'une fois. « dit-il; maintenant qu'il est vivant, il vit pour Dieu « Pensez de même que vous êtes aussi morts au péché et a que vous vivez pour Dieu en Jésus-Christ notre Sau- « veur (l). » Par ces paroles il nous recommande deux choses qu'il est également nécessaire de pratiquer : d'une part, un divorce éternel avec le péché ; de l'autre, une union perpétuelle de vie avec Jésus-Christ.
1° A Dieu ne plaise que nous imitions ceux qui pieu rènt le mal qu'ils ont fait, et qui commettent de nouveau le péché pour le pleurer encore ; car Jésus-Christ est mort une fois pour nos péchés (2), et il est ressuscité, non afin que, présumant de la miséricorde de Dieu, nous multipliions nos péchés, mais afin qu'étant morts au péché,, nous vivions pour la justice. Mais celui qui est mort au péché n'y renonce pas pour quelques instants, il fait avec lui un divorce éternel ; il n'a avec lui aucune société,, aucune familiarité ; il abandonne entièrement toute vanité et s'en éloigne pour toujours. Il ne fait plus servir ses membres à commettre le mal, mais il a soin de les retenir dans la mortification ; il n'ouvre point ses sens aux amorces du péché, mais il les tient fermés avec précaution. Il n'entretient point et ne nourrit point la concupiscence, il ne cherche pas des instruments ou des moyens pour commettre le péché, mais il demeure inébranlable et imperturbable, car il est mort au péché. Quels rapports, quelle familiarité y a-t-il entre un mort et ce siècle dépravé où règne le péché ? Celui qui est mort au péché est mort également au monde, il lui est crucifié ;. car il l'a répudié et il en est répudié. De même que Jésus-Christ, après sa mort et sa résurrection, se montra.
(1) Rom. 6. — (2)IPetr. 5.
SUR LA RÉSURRECTION DE J.-C AOo
non à tout le peuple, mais aux témoins que Dieu avait choisis (J), de même ce chrétien ne se montre pas au monde, mais sa conversation est avec les justes et les saints.
Avouez que vous n'êtes pas encore mort au péché ; si vous y étiez mort, vous vous soutiendriez et vous ne feriez pas des rechutes; car, si nous sommes morts au péché, ditsaint Paul, comment vivrions-nous encore en lui ($)? Fortifiez-vous enfin et affermissez vous. Combattez pour votre âme et luttez jusqu'à la mort pour la justice, et Dieu exterminera vos ennemis en votre faveur (3). Mais vous craignez de mourir au péché et de mourir au monde, et vous n'osez faire avec l'un et l'autre un divorce public. Pourquoi craignezvous, sinon parce que ce divorce oblige à la persévérance? Liez-vous donc d'abord, afin que vous persévériez ensuite dans la grâce et l'amitié de Dieu.
2° ce Si, fuyant les souillures du monde, nous ne vou- « Ions pas de nouveau y être plongés, il faut que, mou- « rant au péché, nous vivions pour Dieu et pour la jus - < tice en Jésus-Christ; » c'est-à-dire que nous fassions avec Jésus-Christ une continuelle et sainte société de vie, qu'on appelle vie chrétienne. Elle consiste dans la pratique des vertus et dans une abondance de bonnes œuvres qui sont de dignes fruits de pénitence ; elle consiste dans la foi qui opère par la charité (A), dans l'espérance qui ne peut être confondue, dans l'esprit d'humilité et de douceur, dans le soin de châtier la chair et de pratiquer la continence, dans la douceur, la patience, la longanimité, la miséricorde, et la prière non interrompue qui élève l'âme à Dieu et obtient le secours pour vivre comme il faut. Mais rien ne conduit plus sûrement à la persévérance que le fréquent usage des sacrements, qui purifient l'âme, la nourrissent, la soutiennent, la fortifient.
Telle a été la vie des saints qui, étant ressuscites par la
: 1) Act. 10. — (2X Rom. 6. — (5) Eecîi. 4. — (4) Gai. 5.
-iOG MARDI DE PAQUES.
grâce et entés en Jésus-Christ par la ressemblance de sa mort et de sa vie, trouvèrent une excellente insurrection (1) : étant morts au péché, ils vivaient non pour eux-mêmes, mais pour Dieu. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul disait ; Notre conversation est dans les deux, d'où nous attendons notre Sauveur. Si vous êtes ressuscites avec Jésus-Christ, cherchez ce qui est au dessus de vous, désirez ce qui est en haut (2). L'apôtre saint Pierre disait : « Dieu a ressuscité « Jésus-Christ d'entre les morts, afin que votre foi et « que votre espérance fût placée en Dieu. Si vous vous « conduisez ainsi, vous ne pécherez jamais, et l'on vous « préparera une entrée magnifique dans le royaume éter- « nel (3). »
Jésus apparaît à. ses disciples et leur donne la paix.
« Jésus vint et, se tenant au milieu d'eux, il leur dit . « La paix soit avec vous [X). » Le Sauveur, dans la même apparition, donne à ses apôtres une double paix : l'une pour eux-mêmes, l'autre pour ceux qui croiront en lui et qui feront pénitence ; car il leur dit une seconde fois : La paix soit avec vous ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettiez. Paix donc à vous qui, étant vraiment contrits et vous étant bien confessés, avez reçu dignement les sacrements en remplissant le devoir pascal. Mais il n'y a pas de paix pour les impies (5) qui ne font pas la pâque; il n'y en a pas pour les hypocrites qui la font d'une manière mensongère et frauduleuse; car la paix de Jésus-Christ, la paix intérieure ne peut pas exister si l'âme n'est pas tranquille, libre et en sûreté ; elle ne peut jouir de ces biens à moins que la conscience ne soit en paix, que la concupiscence ne soit vaincue et la justice de
(1) Rom.ô.— ;2)Philiji}». 5 et Col. j.— (3; IPetr. Ici II l'etr 1 (4) Jean 20. — [5] Isaîc Ï8.