JÉSUS APPARAÎT A SES DISCIPLES
Dieu apaisée. Mais celui qui est ressuscité avec Jésus- Christ par la pénitence et qui a calmé sa conscience, celui-là jouit de la tranquillité ; il a écrasé la concupiscence, il a la liberté d'esprit, il a apaisé la justice de Dieu, il a la sécurité.
Ier Point. — Le prophète avoue qu'il était singulièrement frappé de voir la paix dont jouissaient les pécheurs, jusqu'à ce qu'entrant dans le sanctuaire de Dieu et voyant leur fin, il comprit que leur paix était trompeuse, pleine de désolation et digne d'exécration (1). C'est pourquoi ils avouent eux-mêmes, dans Jérémie, qu'ils ont attendu la paix et que le trouble est arrivé (2) ; ils portent dans leur coeur la source de leur trouble, la conscience qui est le témoin, le juge et le vengeur de leurs crimes. La conscience effrayée est donc dans l'âme comme un tribunal dont le témoignage irréfragable accuse le pécheur, dont le jugement irréformable condamne le pécheur, et dont le supplice, auquel il ne peut se soustraire, le tourmente et le déchire.
1° Comme la méchanceté est timide, elle rend témoignage (3) . C'est un témoignage par lequel le pécheur est appelé à un tribunal intérieur pour y être accusé ; il ne peut ni résister, ni récuser, ni fuir, ni réfuter le témoin, qui est intimement lié à lui, et qui a vu de ses yeux non seulement l'action, mais l'intention, et toutes les circonstances ; il les a vues, il les reproche. La conscience, qui a reçu une grave blessure, est le témoin qui crie, et qui montre combien est large, combien est profonde la blessure; la conscience est le témoin qui avait averti et réclamé, qui montre la loi écrite dans le cœur pour exclure toute erreur et tout prétexte d'ignorance ; la conscience est le témoin dont le pécheur ne peut supporter les cris, les corrections, les craintes et les angoisses : c'est pour- .pioi il voudrait l'aveugler ou lui imposer silence, et se
(i) Ps. 22. — (2) Jer. 14. - (5) Sap. il.
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délivrer de la crainte qui le poursuit. Mais on n'efface jamais entièrement cette règle des mœurs, qui est née avec nous, tant qu'il reste quelque sentiment dans l'homme : on ne peut jamais éteindre entièrement la lumière de la droite raison, qui est gravée au dedans de nous, tant que l'usage de la raison n'est pas enlevé. L'impie fuit, quoiqut personne ne le poursuive (1) ; il fuit les hommes de bien les livres de piété, les assemblées saintes; il se fuit luimême, se répand et se dissipe, autant qu'il le peut, à l'extérieur : la fuite montre la frayeur, la frayeur montre la faute et la voix qui crie qui le poursuit.
2° La malice étant timide rend un témoignage de condamnation; c'est-à-dire, comme le pécheur est convaincu par son propre témoignage, qui est le témoignage de sa conscience, de même il est condamné par son propre jugement , qui est le jugement de la conscience, et qui ne peut être réformé; car, quoique le prêtre puisse absoudre le coupable pénitent et corrigé, cependant il ne peut pas le déclarer innocent, ni invalider la première sentence de condamnation : il reste toujours constant qu'il a été condamné justement, puisque tout ce qui ne se fait pas selon la foi, comme dit l'apôtre, c'est-à-dire tout ce qui est fait contre le cri de la conscience, est péché (2). Ce qui prouve combien est grave et pénible cette sentence de condamnation, c'est que le pécheur, l'impie même, fait tous ses efforts pour séduire sa conscience, pour corrompre son jugement, qui précède et dirige l'action; il voudrait se former une conscience fausse, erronée, flétrie ; mais cequ: peut se faire dans un cas douteux ne peut plus se soutenir dans ce qui est évident, parce que la main du Créateur a gravé dans nos cœurs cette sentence, dit saint Augustin : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse L'impie lui-même reprend ceux qui lui nuisent et qui s'opposent à ses desseins : mais en jugeant les autres von
r Prov. 28. — [2) Rom. 14.