J.-C. REPROCHE LA FOI TARDIVE
effrayant ; elle n'entretient pas la sécurité et la présomption du pécheur impénitent ; celui qu'elle ne touche pas ou qu'elle n'effraie pas est déjà abandonné. Elle est sans mesure, il est vrai, mais elle a donné une mesure au pécheur, afin qu'il ne vienne pas à tomber dans la présomption et à pécher sans mesure : c'est pourquoi elle ne le convertira pas après trois ou quatre crimes (i). Vous aussi. dit le Seigneur, remplissez la mesure de vos pères. « Vous « croyez, ô homme, que vous échapperez au jugement -i de Dieu? Ignorez-vous que sa bonté vous appelle à la pé- « nitence? Mais, selon votre cœur endurci et impénitent, a vous vous préparez un trésor de colère pour le jour de < la vengeance (2)-. »
Heureux ceux à qui les péchés sont pardonnes et dont les iniquités sont cachées (3) ; paix et miséricorde à ces hommes. Heureux ceux qui demeureront en cet état, car il y a une grande paix pour ceux qui chérissent votre loi ; il n'y a point pour eux de danger et de crainte, ils dormiront et ils reposeront en paix en vous, ô mon Dieu !
Jésus-Christ reproche la foi tardive.
O hommes dépourvus d'intelligence, et cœurs tardifs à croire ce que les prophètes ont annoncé (-4) ! Deux disciples, en allant à un bourg qui s'appelait Emmaùs, étaient indécis et ne savaient ce qu'ils devaient penser de la résurrection récente de notre Seigneur Jésus-Christ, et quoiqu'ils eussent le témoignage de quelques femmes et même de quelques hommes, ils n'osaient l'affirmer et ne pouvaient néanmoins la nier ; cependant ils donnaient à entendre qu'ils avaient perdu presque toute espérance. Le Seigneur leur reproche cette foi vacillante et imparfaite.
(i)AmoJ i.— (2) Malth. 2j et Rom. 2.— (5; Ps. 51.— (4) Luc 24.
LI6 iiFRCREDI DE FAQUES.
parce que Dieu exige une soumission parfaite et entière, une foi digne de lui. Considérons si notre foi est telle, si elle est entière et parfaite, si elle est certaine, étant appuyée sur la parole de Dieu ; si elle est vive, opérant par la chanté ; si elle est ferme, n'étant ébranlée par aucune tentation.
1er Poi>t. — Commençant par Mûïse et continuant par tous les prophètes, il leur expliquait ce qui avait été dit de lui dans toutes les Ecritures (1). Le Seigneur ne reproche pas à ses disciples de n'avoir pas cru au témoignage des pieuses femmes ni à la vision des anges, qui n'était pas encore assez prouvée : mais pour rendre leur foi plus certaine que toute certitude, il tire ses preuves de la parole de Dieu et de l'interprétation de l'Ecriture. Tels sont deux éléments de la foi, et qui lui sont nécessaires. Premièrement, il faut avoir la véritable et naturelle parcle de Dieu , ensuite sa véritable et sincère interprétation ; cela une fois fait, l'esprit est tellement touché par la grâce, qu'en comprenant qu'il n'y a rien au dessus de la doctrine donnée par la vérité souveraine, il adhère de toute l'affection de son cœur et de tout le consentement de son intelligence à ce que Dieu a révélé.
i° « Dieu, qui avait parlé autrefois à nos pères en diverses occasions et en diverses manières par les prophètes, nous a parlé en ces derniers temps par son Fils - qu'il a fait héritier de toutes choses (2 . » Il est vraiment aveuglé le cœur des insensés qui disent qu'il n'y a pas de Dieu, tandis qu'il s'est manifesté non seulement par la création du monde, mais encore par sa propre parole ; il l'a signalée et marquée d'un tel caractère que celui-là seul ne sait pas la distinguer qui ne l'a pas entendue, car la voix du Seigneur a de la force (3), tellement que personne ne peut l'imiter. Qui, au moment du déluge, a conservé le genre humain ? La voix du Seigneur
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