‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 206 sur 212 · JÉSUS SE MONTRE EN DIVERS LIEUX · texte numérisé non relu

JÉSUS SE MONTRE EN DIVERS LIEUX

IIe Point. — Il parle ainsi 1° pour consoler ses disciples qu'il se préparait à quitter pour aller au ciel, et auxquels il ne se montrait déjà plus que par intervalles : 2° pour les exciter à remplir la mission qu'il leur confiait alors, en les assurant ainsi de sa présence et de son secours ; 3° enfin, pour les rendre diligents dans leur entreprise, d'autant mieux qu'ils auraient Jésus-Christ pour témoin. Je dois m'appliquer tout cela.

1° Voici les paroles de la promesse : Moi. Il ne promet pas, comme à Moïse, un ange qui le précédera et le gardera dans la voie ; il veut être présent lui-même. Voilà que moi-même, votre Dieu, votre Sauveur, le vainqueur de l'enfer, de la mort et du péché , je suis avec vous 1° pour vous donner en toute occasion l'être, la vie et le pouvoir d'agir ; 2° pour vous donner ma grâce, la vie surnaturelle ; 3° ma providence spéciale, afin que l'Eglise ne défaille jamais ; A0 je suis avec vous dans le sacrement de l'Eucharistie, et par là même dans l'Eglise que vous représentez et dans tous ceux qui vous suivront.

2° Jusqu'à la consommation des siècles , non pour quelques années, mais pour toujours; non de temps en temps, mais continuellement et toujours. Oh! s'il était toujours avec moi î

IIIe Point. — Il se montra vivant après sa passion, en donnant beaucoup de preuves, et en se montrant à ses disciples pendant quarante jours. Il était toujours invisiblement avec eux ; mais il se montrait aussi visiblement en confirmant ainsi la vérité de sa résurrection. C'est ainsi qu'il agit envers ses serviteurs pendant le temps de cette vie ; comme il est toujours avec eux, il donne des preuves de sa présence en éclairant et consolant leurs âmes, et d'une manière toute spéciale dans le sacrement de l'Eucharistie. Oh î que je le reçoive de telle manière que je sente que Dieu est là! Je ne le recevrai pas comme un pain commun et ordinaire : c'est ce qui m'arrive par ma faute et par défaut de disposition. Je demanderai la grâce de

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discerner aussi les signes de la présence de mon Sauveur, afin de n'être pas le jouet de Satan qui se transforme en ange de lumière.

1° Quels étaient les discours de Jésus-Christ ? Loisqu'il ^e montrait, il parlait du royaume de Dieu ; il rappelait à la mémoire des disciples ce qu'il leur avait déjà enseigné; il leur révélait d'autres vérités ; il leur expliquait les Ecritures ; il les éclairait, les fortifiait, les embrasait et les laissait pleins de lumières. Dans ses discours, rien de curieux, rien d'oisif ou qui ne convînt pas ; il ne parlait que du royaume de Dieu, qui est la justice, la paix, la joie du Saint-Esprit.. C'est de là que sont venues ces doctrines et ces pratiques qui sont en vigueur dans l'Eglise ; c'est ainsi qu'il parle et qu'il agit dans l'âme du juste. J'écouterai donc ce que dit en moi le Seigneur, car il prononcera des paroles de paix en faveur de son peuple lorsqu'il conduira l'âme dans la solitude et lui parlera au cœur.

2D Réfléchissez sur quelques propriétés de ces apparitions : la première, c'est qu'elles n'étaient pas continuelles, mais d'intervalle en intervalle, et plus ou moins fréquentes, selon les dispositions, le désir et la ferveur; c'est encore la règle que Dieu suit dans les communications intérieures qu'il fait à l'âme. Je dois donc brûler du désir d'être en communication avec Jésus-Christ ; j'invoquerai pour cela les anges et les âmes bienheureuses ; je leur dirai que si elles ont trouvé mon Bien-Aimé elles veuillent bien m'en avertir, car je languis d'amour.

Il se montrait subitement et disparaissait de même, il demeurait peu de temps, et, par ce moyen, il entretenait leur désir. Il en est ainsi des visites spirituelles ; c'est pourquoi saint Bernard dit que l'on peut éprouver icibas de la joie de la présence de l'Epoux, mais on n'en e.^t jamais rassasié. Peu de temps vous me verrez, et peu de temps après vous ne me verrez pas.

Le lieu et le temps des apparitions changeaient quelque-

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fois aussi. Dans les visites intérieures, il en est de même : elles arrivent tantôt dans l'oraison, tantôt dans la lecture, ou même dans d'autres temps : l'esprit souffle où il veut.

La manière fut souvent diverse : quelquefois c'était d'abord une vision d'esprits célestes, d'autres fois Jésus- Christ prenait une figure différente, et il n'avait pas toujours la même clarté ; c'était suivant la disposition ou le bon plaisir de la divine Providence. La même chose arrive à l'âme. Alors nous prierons avec confiance comme Moïse : Seigneur, dirons-nous, montrez-moi votre gloire. Peut-être nous entendrons ces paroles : Je vous montrerai toutes mes richesses. Disons avec David : Mon cœur vous appelle, mes yeux vous cherchent, Seigneur, je demanderai votre face ; et avec saint Philippe : Seigneur, montreznous votre Père, et cela suffit. Nous dirons enfin avec l'épouse : Montrez-moi ou vous vous nourrissez, ou vous vous reposez.

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* Sur les grandeurs de Jésus-Christ.

Il est Dieu, il est notre Dieu : voilà l'éloge de Jésus- Christ et le tableau de ses grandeurs. Il est Dieu, seconde personne de la sainte Trinité, source de l'Esprit saint, Fils unique du Père éternel, son propre Fils, non par grâce, mais par nature, non par une simple ressemblance, mais par une parfaite égalité. Engendré avant la création des siècles dans le sein de son Père, image de sa substance, figure de la bonté et de la puissance divine, miroir sans tache de la majesté de Dieu, il sort du sein d'une Mère dans la plénitude des temps, Fils de Dieu et Fils de l'homme, Dieu parfait et homme parfait, pour être notre sauveur et notre médiateur, notre victime et notre pontife , notre maître et notre modèle, notre pasteur et notre chef, notre juge et notre roi, en un mot le

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Dieu de l'homme, notre Dieu. Tel est Jésus-Christ, le Verbe fait chair; tel est le grand ouvrage de la Divinité; ouvrage figuré dans la nature, ébauché dans la synagogue, perfectionné dans l'Eglise, consommé dans le ciel où il fait l'admiration des anges et des saints ; tel est le grand mystère de notre religion, le fondement de notre foi. l'objet de notre amour, l'âme de notre culte, l'appui de nos espérances, la source de notre salut; telles sont les grandeurs de Jésus-Christ. Nous le considérerons dans les types et les emblèmes qui l'ont figuré, dans les triomphes qu'il a remportés, dans les merveilles qu'il a opérées. C'est un Dieu dont les figures et les sacrifices les plus augustes présagent la majesté, c'est un Dieu dont les prodiges les plus merveilleux annoncent la puissance, c'est un Dieu dont les triomphes les plus éclatants publient la gloire. Chacun de ces points fera la matière plus que suffisante d'une méditation.

1er Point. — Né croyez pas que l'ange qui parle à Marie annonce pour la première fois l'incarnation du Verbe, Depuis le jour où un libérateur nous fut promis, les traits divins destinés à l'annoncer et à le peindre se rassemblent d'âge en âge chez le peuple dépositaire des promesses. Les figures et les sacrifices de l'ancienne loi sont autant de rayons de lumière qui se réunissent et se concentrent dans ce véritable soleil de justice; pendant quatre mille ans il est l'objet des promesses du ciel et l'objet des vœux de la terre ; les patriarches meurent en désirant de le voir; les pères transmettent à leurs enfants, sous les juges comme sous les rois, sous les tyrans comme sous les pontifes, la croyance de sa venue; la révoquer en doute est pour eux un crime; y adhérer est le fondement de leur récompense, le principe de leurs mérites. Quel prélude à sa majesté !

1° Qu'il est beau de voir dans les justes de tous les sièges l'image de mon Rédempteur ! Comme Abel, il n'aété mis à mort par ses frères que parce qu'ils étaient mé-

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(liants et qu'il était juste ; semblable à Enoch, il s'est élevé au plus haut des cieux pour revenir à la fin des temps ; comme Noé, il fait de son Eglise une arche hors de laquelle tout périt ; nouveau Melchisédech, il offre à Dieu son sacrifice et en emprunte les symboles ; comme Abraham, il donne naissance à la postérité des croyants la plus nombreuse; nouvel Isaac, il porte sur la montagne le bois de son sacrifice pour y être immolé par son Père. Que de traits de ressemblance avec le patriarche Joseph ! Condamné par ses frères, vendu par un autre Judas, injustement accusé, placé entre deux criminels auxquels il annonce une destinée différente, retiré de sa prison comme d'un tombeau pour prendre le sort le plus glorieux, reconnu enfin et adoré par ses frères, du faîte de la gloire versant sur eux les grâces les plus abondantes, n'est-ce pas trait pour trait l'histoire du Messie?

Qui ne le reconnaîtrait dans la personne de Moïse arrachant son peuple à la plus dure captivité, lui donnant une loi sainte, le conduisant à travers les plus affreux déserts, du haut de la montagne tenant les bras étendus, tandis que le peuple combat dans la plaine, et le soutenant ainsi par la plus ardente prière contre tous les efforts de ses ennemis, lui promettant la terre la plus délicieuse pourvu qu'il suive la voie qu'il lui a tracée? Nouveau serpent d'airain, Jésus-Christ délivre son peuple des maux les plus contagieux. Job retrace à mes yeux ses douleurs et sa patience, Samson sa force et sa puissance, .îonas sa sépulture et sa résurrection. Comme David, poursuivi par un autre Saûl, trahi par ses propre enfants, quoique Foingt du Seigneur, il mène une vie errante et obscure; roi, il n'a pas où reposer sa tête. Il passe le torrent de Cédron, se retire sur le mont des Olives, accablé de tristesse, tandis que tout conspire à le perdre ; mai^ bientôt, vainqueur de ses ennemis, il reparaît dans Jérusalem, au milieu de ceux qui le persécutent, et qui sont forcés de reconnaître son pouvoir et de se soumett:

son bras puissant. Ne dirait-on pas que ceci est la réalité plutôt que la figure? 0 mon Jésus, chaque personnage de l'Ancien Testament a été comme un fragment enlevé du voile qui vous cachait dans un lointain avenir ; puisse ma conduite être un présage du bonheur que j'aurai de vous posséder dans le ciel !

2° Que de traits brillants de la majesté du Rédempteur des hommes dans les sacrifices et les cérémonies de l'ancienne loi ! Si je ne vois Jésus-Christ dans l'histoire du peuple de Dieu, je n'y vois rien ; tout est chaos impénénétrable, la loi est un livre scellé, le judaïsme un amas confus de préceptes et d'observances entassés sans dessein, une énigme inexplicable. Mais que Jésus-Christ paraisse, que de lumières, quel plan, quelle harmonie, quelle sagesse! Arrête-toi, Juif charnel, à ce qui frappe les sens ; n'aperçois, si tu le veux, qu'un tabernable, un temple, des autels couverts de sang, des prêtres selon l'ordre d'Aaron, des victimes grossières, une mer d'airain, des vases d'or, un voile qui te dérobe la vue d'une arche précieuse; pour moi, éclairé des lumières de la foi, je vois partout en caractères frappants le Fils du Très-Haut que toute la loi me montre et proclame. L'Egyptien englouti dans les eaux m'annonce que mes iniquités seront lavées dans son sang. La manne qui tombe dans le désert en faveur d'Israël pressé par la faim, et qui semble avoir toute sorte de goûts délicieux, me figure cette nourriture céleste et divine qui est pour le chrétien affligé une source de consolations et de douceurs pendant le triste pèlerinage qu'il est obligé de faire dans le désert de cette vie. L'agneau pascal, dont le sang délivrait les Juifs de la mort, et dont la chair ne devait être mangée que par les Israélites en habit de voyageur et avec empressement, me présage assez clairement encore le mets célestequinedoitêtre la nourriture que des vrais fidèles, qui sont comme des voyageurs et des étrangers dans ce monde, et qui doivent le consommer avec une avidité égale au besoin qu'ils oni

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de cet aliment divin pour soutenir leurs forces dans le voyage etse préserver de la mort éternelle. Le temple élevé parSalomonen l'honneur du Dieu tout puissant n'est-il pas le trône de son amour? Le grandprêtre représente le Sauveur que vous adorez, et les coups qu'on décharge sur les victimes sontcommelepréludedeîa mort duRédempteur. Je le vois expirer dans tous les sacrifices ; le feu de son amour fait à mes yeux le plus parfait holocauste ; le sang qui rougit les autels me découvre celui de cette véritable hostie qui doit ouvrir les cieux et fermer les enfers. Ne pensez pas que la sagesse divine, qui ordonne tant de cérémonies et d'immolations, n'avait en vue qu'un vain appareil propre à frapper les yeux et l'imagination de ce peuple, ou qu'elle ne se proposait que de faire allusion aux sacrifices profanes des païens. Il n'appartient qu'cà Julien l'Apostat de ne pas voh* que toute la vie des patriarches, tous les sacrifices, toutes les cérémonies de l'ancienne loi, tout le corps de l'Ancien Testament, n'est qu'une histoire symbolique tracée par la sagesse de Dieu pour présager les actions de l'Homme-Dieu lorsqu'il sera sur la terre.

3° Parlez, prophètes, soyez les hérauts de sa naissance, exprimez les traits de sa grandeur. Ils parlent , mais quelle élévation dans leurs discours et dans leurs oracles ! Qu'il est doux à mon cœur d'entendre le patriarche Jacob ranimer sa voix mourante et consacrer ses derniers soupirs par cette célèbre prophétie qui fit pendant tant des siècles la joie, l'espérance, la consolation du peuple juif, et qui depuis son accomplissement n'en fait que l'opprobre et la condamnation! Qu'il est beau de voir Moïse employer son dernier discours à prédire à son peuple ce grand législateur à qui toutes les nations doivent obéir ! Qu'il est consolant de voiries Balaam eux-mêmes et les sibylles dont parle saint Augustin porter envie aux tentes de Jacob qu'ils aperçoivent déjà s'étendant de toute part pour recevoir les nouveaux nés d'Israël , qui

viennent des extrémités de l'univers reconnaître leur roi et leur libérateur! Mais surtout qu'il fait beau compter avec Daniel les années qui doivent s'écouler depuis l'édit fameux qui permet aux Juifs le rétablissement des murs de Jérusalem jusqu'à la mort du Christ, qui sera suivie de la ruine du temple et de la ville! Tous enfin, qu'ils sont grands quand ils partent du Messie! L'un le montre dans le sein de son Père , l'autre dans celui d'une vierge: celui-ci le peint comme le chef des élus, la lumière des Gentils, celui-làcommele scandale des Juifs et l'opprobre des hommes. D'une part, on publie avec admiration la virginité de la Mère qui mettra au jour le divin enfant; de l'autre, on distingue la tige qui poussera cet auguste rejeton, la ville privilégiée qu'il honorera de sa naissance. Ici, on dépeint le caractère paisible du Sauveur des hommes; là, on publie la puissance de ses œuvres.

David l'aperçoit quittant le sein de son Père éternel, qui lui promet un empire sans fin; déjà il invite les rois à venir lui offrir leurs présents et à se soumettre à sa puissance; il compte ses victoires et ses triomphes ; il admire l'épouse chérie qu'il s'est acquise par son sang. Un autre le représente conversant avec les hommes, souffrant et mourant pour eux, et bientôt après il le montre retournant dans lasplendeur dessaints, s'asseoiràla droite de l'Eternel sur un trône plus éclatant et plus inébranlable que les colonnes des cieux. Job, au milieu de la gentilité, crie hautement qu'il croit en un Dieu fait homme, qu'il l'attend comme son rédempteur et qu'il espère le contempler vivant et visible. Enfin chacun de tes auteurs divins lève une partie du voile qui le couvre.

Mais quand j'entends lsaïe parlant de ses titres augustes, détaillant ses souffrances, ses opprobres, sa mort, je doute s'il est historien ou prophète , je crois lire l'Evangile anticipé; et comme l'a dit un auteur, si David parle ."omme saint Paul, lsaïe s'exprime comme saint Jean. Ce roi des prophètes peint la génération éternelle du Verbe,

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sa naissance temporelle d'une vierge ; il appelle les princes de Saba pour venir l'adorer; il raconte toutes les merveilles qu'il doit opérer, les combats qu'il va soutenir, les victoires qu'il va remporter, les enfants qu'il va engendrer, la gloire dont il sera couronné. Mais quatre siècles s'écoulent, l'arche sainte est muette, je n'entends plus aucun prophète qui rende des oracles. N'en soyez point surpris, c'est Dieu lui-même qui donne à la majesté de son Fils de l'aire taire les prophètes pour tenu son peuple dans une plus grande attente de celui qui devait être l'accomplissement de toutes les prophéties.

Les voilà donc arrivés ces temps où Dieu veut racheter son peuple. Déjà les révolutions des empires ont préparé sa venue. Cyrus a été le pasteur destiné à réunir son peuple ; les monarchies les plus célèbres ont croulé successivement pour laisser l'empire du monde à cette ville éternelle qui doit être la capitale et le centre de la religion qu'il établira. Les semaines ont été comptées par Daniel, elles arrivent à leur terme. Déjà le sceptre est sorti des mains de Juda. Hérode usurpe le trône, et donne, sans le savoir, le signal de son arrivée. La loi mosaïque expire; toute ligure touche à la réalité, toute promesse a son accomplissement, tout conspire pour le Sauveur adorable : le ciel à le promettre, la terre à l'attendre; le ciel à l'envoyer, la terre à le recevoir. L'étoile de .lacob va dissiper les ténèbres, le Dieu de paix réunit tous les peuples. Israël, cesse de pousser des soupirs; voici ton Rédempteur. Portes du firmament, ouvrez-vous; ciel, répandez votre rosée, et que la terre enfante son Sauveur. Qu'il se montre enfin, le désiré des nations, le libérateur du genre humain; qu'il descende du trône de sa gloire qu'il quitte un instant son repos éternel, le Fils du Très- Haut : alors s'accomplira ce grand mystère préparé depuis l'origine du monde, figuré par les actions de tantdr* justes, présagé par les figures les plus augustes, appelé par les vœux des patriarches, annoncé par les orarlr-srles

prophètes; le ciel s'approchera de la terre, la miséricorde et la paix se rencontreront, la paix et la justice s'embrasseront, les nuées feront pleuvoir le juste, et la terre ouvrira son sein pour le recevoir. Il paraît ! peuples de l'univers, adorez votre Roi ; que tous les cœurs lui consacrent leurs hommages, que tous les esprits exaltent ses grandeurs, que toutes les langues les publient. C'est an Dieu dont la majesté a été présagée, vous venez de le voir. Seigneur, je me jette à vos pieds, je vous adore comme mon Sauveur et mon Dieu ; si jusqu'ici je n'ai pas médité les titres de votre gloire, ils feront désormais le sujet de mes adorations et de mon amour.

* Sur les grandeurs de Jésus-Christ (suite).

IIe Point.— C'est un Dieu dont les prodiges les plus merveilleux annoncent la puissance ; mais, pour parler des prodiges de Jésus-Christ d'une manière convenable, il faudrait faire le détail de sa vie depuis l'instant où il quitta les demeures éternelles pour venir sauver les brebis d'Israël qui périssaient jusqu'au jour où il retourna dans le sein de cette lumière inaccessible où l'œil de l'homme ne peut le découvrir. Il y a miracles dans sa naissance, miracles pendant sa vie, miracles à sa mort.

1° Quelle merveille ! un messager céleste demande le consentement d'une vierge, et aussitôt l'Esprit saint forme dans ses entrailles le corps du Sauveur. 0 mystère inouï! il est Dieu, il est homme, une seule personne et deux natures ; celui qui précède tous les temps prend naissance, celui qui a le ciel pour trône, la terre pour marchepied, est renfermé dans l'étroit espace d'un corps ; l'impassible souffre, l'immortel est enseveli dans un tombeau. Contraste merveilleux ! mon esprit reste étonné,

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