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mes idées se confondent, mon cœur adore, et je m'écrie : Il n'y a qu'un Dieu qui puisse opérer de si étonnants prodiges. Oh ! il est bien Dieu, ce Rédempteur puissant ; c'est le prince de la paix, l'ange du grand conseil, le Fils du Très-Haut, qui porte écrit sur son front : Le Roi des ?,ois, le Seigneur des seigneurs ; c'est la sagesse suprême, la pensée substantielle du Père, sa parole, son Verbe, qui était avant le commencement des siècles, avant que le Tout-Puissant posât les fondements de la terre, avant que les étoiles brillassent au firmament; dès lors il était la splendeur de la gloire, le Fils bien-aimé de son Père, l'objet de ses complaisances, sa vertu, son conseil, l'empreinte de sa divinité, l'image de ses perfections, le modèle de ses œuvres.
Comme la lumière sort du soleil, ainsi le Fils est engendré du Père; sa génération est ineffable. Non, Jésus- Christ n'est pas un ange envoyé du ciel sous le voile de l'humanité; car auquel de ses anges Dieu a-t-il dit : Asseyez-vous à ma droite jusqu'à ce que je réduise vos ennemis sous vos pieds ? Lui-même parle des anges comme de ses ministres, des élus comme de ses enfants, du ciel comme de son héritage, du monde comme de sa conquête, de l'Eglise comme de son royaume. S'il n'est pas Dieu, ce Jésus que l'univers adore, il nous a donc trompés, il est le plus indigne séducteur; mais ses prodiges, la sainteté de sa vie, sa doctrine, ses vertus me démontrent sa sincérité; l'univers entier, qui a fait un examen sévère de sa vie et de toute sa conduite depuis dix-huit cents ans, m'atteste qu'il est vrai dans ses paroles, que le mensonge n'entra jamais dans sa bouche; Dieu lui-même, du haut du ciel, a plus d'une fois fait entendre sa voix pour témoigner que c'est là son Fils bien-aimé, en qui il a mis ses complaisances, et que nous devons écouter tout ce qu'il nous dira. Je le croirai donc lorsqu'il me dira qu'il est égal à son Père, à moins que je ne veuille fermer les yeux à la lumière, dire que les confesseurs généreux et
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les martyrs n'ont été que des fanatiques et leur mort qu'une scène impie et sanglante, que les tyrans et les persécuteurs étaient les apôtres de la vérité. 0 ciel ! que d'impiétés! qui pourrait les avancer sans rougir ou les entendre sans horreur? En vain les hérétiques superbes et dissimulés, en vain les impies et les libertins voudraient attenter à la divinité de l'oingt du Seigneur. Et toi, fourbe Arius, tu ne proféreras des blasphèmes que pour donner un nouvel éclat à la vérité: les foudres de l'Eglise écraseront les derniers partisans de tes erreurs.
2° Qui, en effet, ne connaîtra la divinité du Fils à la vue des prodiges qu'il opère? Nous ne dirons pas, comme certains auteurs, que dès son enfance il se joua avec les miracles, qu'il renversa les lois de la nature pour se donner des amusements ; en doit, en ce point comme en I >ut, s'en tenir à ce que nous annoncent l'Ecriture et la tradition. Mais le temps de se montrer est-il venu, aussitôt le ciel s'ouvre pour annoncer ses grandeurs, et la terre offre ses éléments pour manifester sa puissance. Il veut, et à l'instant la nature change ses lois, suspend son cours ; la mer irritée calme ses flots, devient ferme, prodigue ses trésors. A sa voix les êtres se multiplient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les aveugles voient, les paralytiques et les lépreux sont guéris; les démons alarmés craignent sa présence et rentrent dans leurs abîmes: la mort cruelle ne peut elle-même se soustraire à sa puissance. Comme il parle en maître au trépas ! Lazare, sortez du tombeau, et vous, pauvre veuve, cessez de vous lamenter, celui que vous pleurez va vous être rendu. Il parle, à l'instant le miracle est consommé : la mort obéissante lâche sa proie; le fils et la mère, rendus l'un à l'autre, transportés de joie et pénétrés de reconnaissance, tombent aux pieds du Sauveur, qui jouit avec satisfaction de leur bonheur.
Ne croyez pas que là se borne sa puissance, i! a un pouvoir qui n'appartient qu'à Dieu seul et dont aucun
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thaumaturge n'a jamais été capable : celui de tenir dans ses mains les cœurs de tous les hommes, et de les attirer à lui quand il lui plaît. C'est lui qui d'un regard fait couler des larmes de repentir, brise les cœurs et les enflamme de son amour. Quel spectacle admirable de le voir continuellement répondre à ce qu'on ne lui dit pas et dévoiler les pensées les plus secrètes! Avec quelle facilité il lit dans l'avenir î II voit déjà les villes renversées, les royaumes détruits, sa religion persécutée, les hérésies et les schismes s'élever, les Juifs rester dans leur incrédulité et, après bien des siècles, revenir de leurs égarements ; enfin, après des troubles et des maux inouïs, le monde bouleversé, les astres cesser de fournir leur carrière. Quelle distance entre son pouvoir et celui des justes qui l'avaient précédé ! Moïse, Elie et plusieurs autres saints personnages opèrent des miracles, mais ils confessent hautement que c'est par la puissance de Dieu, dont ils ne sont que les instruments; Jésus-Christ seul les fait en son propre nom. Il commande en maître aux éléments; un seul acte de sa volonté, la frange de sa robe opèrent des miracles. Il sort de lui une vertu qui guérit quiconque l'invoque et se confie à lui. Si les apôtres font des prodiges, c'est en son nom, et les saints de tous les âges qui ont suspendu les lois de la nature ne cessent d'avouer que c'est par sa puissance.
3° Que les opprobres de Jésus-Christ ne soient donc pas pour vous un sujet de scandale comme aux Juifs. Il me paraît sur le Thabor moins glorieux, revêtu de lumière, que sur le Calvaire, accablé de souffrances. Il naît dans le temps, il est vrai, mais pendant plus de quarante siècles il fait annoncer sa naissance. Il naît dans une crèche, mais en y reposant il la rend plus précieuse que tous les trônes des rois. Marcion insulte aux langes qui le couvrent, et qu'importe? n'est-ce pas assez, pour signe de sa grandeur, de rassembler autour de son berceau toute la cour céleste et d'en recevoir les hommages? n'est-ce pas
assez que les anges publient son arrivée? n'est-ce pas assez qu'il crée un astre nouveau pour amener des régions les plus éloignées des princes et des rois qui viennent se prosterner à ses pieds? n'est-ce pas assez enfin qu'il trouble l'impie jusque sur son trône et confonde les vains projets de sa politique, qu'il frappe les Juifs d'aveuglement et répande la lumière parmi les nations, qu'il appelle les étrangers et rejette ses enfants , qu'il commence ainsi dès ce moment à prononcer les redoutables et incompréhensibles arrêts de sa justice ? Ses mains paraissent liées, mais elles lancent la foudre et le tonnerre ; d'un seul de ses doigts, dit un prophète, il soutient l'univers. Il verse des larmes, mais elles éteignent les brasiers de l'enfer ; il pousse des soupirs, mais ils sont si puissants qu'ils vont jeter l'alarme dans les abîmes ténébreux et réveiller la gentilité de sa profonde léthargie- Que Jésus est grand dans toutes les circonstances de sa vie ! Combien de cette faiblesse, de cette bassesse qui l'environne il fait ressortir de force et de majesté !
4° Si, comme les pécheurs, il reçoit le baptême de Jean, les cieux s'ouvrent pour publier sa divinité. Si, dans le cours de sa vie, il est sujet à la faim, il nourrit miraculeusement un grand peuple dans le désert, et, au milieu de sa pauvreté, il est plus magnifique que Salomon dans son opulence. Il mange avec les pécheurs, mais il en fait des justes ;il est souvent contredit, mais jamais confondu. Il marche au milieu de ses ennemis, tantôt réprimant leur violence par la fermeté de son courage, tantôt déconcertant leurs embûches par son imperturbable prudence. 11 se voit accusé par son peuple, abandonné de ses amis, condamné par ses juges; mais il est justifié par le repentir de Pierre, par le silence de Pilate, par la confession du centenier. Des soldats inhumains se saisissent de sa personne, mais déjà il lésa terrassés d'une seule parole. En allant au supplice, il succombe sous le poids de sa croix; mais elle deviendra dans ses mains une arme re-
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doutable qui lui soumettra l'univers. Enfin, par la plus noire ingratitude, par la fureur la plus barbare, il est mis à mort; mais il force l'impie même à confesser qu'il est Dieu et qu'il est mort en Dieu. Sa mort est un sacritice libre, sa croix est un trône, son supplice est un triomphe, le salut du genre humain est le prix de son sang, et tandis que ses mains sont clouées sur la croix , c'est alors qu'il agite, qu'il secoue la terre et rébranle dans ses fondements. Il meurt sur une croix, mais du haut de son gibet il déchire le voile du temple, il éteint la lumière du jour, il brise les rochers, il ouvre les tombeaux, il fait pousser à la nature alarmée le cri de son innocence, et force les témoins de sa mort à devenir les apôtres de sa divinité. Il meurt, mais le tombeau, qui est l'écueil fatal contre lequel va se briser l'orgueil des hommes et la gloire des grandeurs d'ici-bas, le tombeau va commencer l'éclat de ses triomphes. Je vous adore et vous bénis, ô Jésus; que toute la terre chante vos louanges, qu'elle chante la gloire de votre nom, parce que vous êtes seul grand, seul tout puissant, et que rien ne peut vous résister; vous êtes le Dieu de mon cœur et mon partage pour l'éternité.
* Sur les grandeurs de Jésus-Christ (suite).
III* Polnt. — Le tombeau, qui est le gouffre profond qui engloutit toutes les grandeurs et toute élévation, devient, sous la main du Sauveur, son premier char de triomphe et le premier théâtre de sa gloire. Il y descend quand il veut, il en sort au moment qu'il a déterminé, et, par sa vertu, il triomphe de l'empire de la mort. Grandeur de Jésus-Christ dans sa résurrection, dans l'établissement de son Eglise, dans son triomphe étemel au plus haut descieux.
1° La vigilance des ennemis du Sauveur, la fureur des
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soldats qui entourent sa tombe, l'intérêt qu'ils ont à le faire passer pour un imposteur, la timidité de ses disciples en vérifiant sa résurrection, publient sa gloire. Que le Juif cesse donc d'être incrédule, que le Gentil reconnaisse la gloire de mon Dieu, que le disciple consterné ranime sa confiance, ce soleil de justice n'a été couvert un instant d'un nuage que pour jeter un éclat plus vif et plus éblouissant. En vain tu prétends ternir la splendeur de sa gloire, peuple infidèle ; place des gardes autour du lombeau, ferme-le d'une pierre énorme, garnie du sceau <!u gouvernement, que tu apposeras toi-même ; triomphe du succès de ta rage, ose te flatter qu'avec Jésus tu auras enseveli le parti qu'il s'était formé : tous tes efforts sont impuissants, toutes tes espérances vaines, tous tes succès imaginaires ; tu verras sa gloire éclater à tes propres yeux, et bientôt, par sa justice, il triomphera de ta propre fureur en accomplissant les arrêts redoutables qu'il a prononcés contre ton incrédulité. Mille fois il t'a appelé par ses bienfaits, mille fois il a voulu te réunir comme la poule réunit ses poussins sous ses ailes : à tant de bonté tu n'as opposé que la plus noire ingratitude ; il est temps enfin qu'il fasse tomber sur toi le poids de son courroux. En effet, Jérusalem renversée, le temple détruit, les tribus confondues, les Juifs dispersés par toute la terre, portant sur leur front l'arrêt le plus formidable, quelle punition ! Quelle punition que ces ténèbres que rien ne peut dissiper, ni l'accomplissement si clair des prophéties, ni l'exemple du monde entier, ni son propre malheur, ces ténèbres qui ne sont que le commencement des ténèbres bien plus horribles dans lesquelles il ose se précipiter aveuglément ! Il verra siéger avec les patriarches les étrangers substitués à sa place, et, du séjour des pleurs et des grincements de • lents, contemplant de loin le royaume qui lui était destiné, au sentiment douloureux de ses tourments il joindra le regret désespérant de ses pertes. Quel triomphe
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éclatant pour la justice du Sauveur ! Mais jetez plutôt un regard sur les triomphes de son amour.
2° Rédempteur du genre humain, dévoré du désir le plus ardent de sanctifier la terre, il députe ses apôtres , et, en leur donnant leur mission, il les remplit de son esprit, les soutient de son bras, les embrase de ses feux et leur dit : Allez, enseignez tous les peuples, faites-leur connaître que je suis la voie, la vérité et la vie. Quel magnifique commandement l ce sont toutes les nations qu'il leur ordonne d'instruire, c'est l'univers entier qu'il leur donne à convertir. Remplis de son amour, ils se partagent la terre, et partout ils annoncent le mystère et le culte de l'Homme-Dieu ainsi que la gloire de la croix. En vain tout se ligue et conspire contre eux, la terre et l'enfer, le sénat et l'aréopage, le peuple et la synagogue, ils triomphent de tout ; simples, ils sont plus savants que les sages ; faibles, ils sont plus forts que les tyrans; ils affrontent tous les périls, ils parlent toutes les langues, ils instruisent tous les peuples ; ils conduisent les Gentils de la raison à la foi, de la probité à la sainteté, de l'erreur à la vérité ; ils conduisent les Juifs de la figure à la réalité, des vues terrestres aux vues célestes, des œuvres de la loi aux œuvres de la grâce. La terre change de face et de système, la justice abonde où abondait l'iniquité ; l'univers, assis dans les ténèbres, ouvre lesyeux à la lumière. La terre était remplie d'idoles, de vices et d'erreurs; les idoles sont brisées, les esprits détrompés, les cœurs convertis. L'Agneau immolé devient le dominateur universel; Jésus-Christ seul étend son règne dans tout l'univers, et par lui la vertu entre dans la vicieuse Rome, la vérité dans la curieuse Athènes. Il se fait des adorateurs dans le palais des Césars comme dans la cabane du pauvre et la chaumière du berger ; des chrétiens de tout âge, de tout sexe, de tout pays, de toute langue, forment l'Eglise qu'il sanctifie. C'est là cette tour bâtie par la sagesse de Dieu sur une haute montagne pour être visible à toutes
les nations ; Jésus-Christ en est le fondement, et, malgré l'orage des erreurs et des passions, l'édifice sera inébranlable pendant toute la durée des siècles. Comment, en effet, ce corps mystérieux pourrait-il n'être pas immortel? Jésus-Christ en est la pierre angulaire, le chef par sa dignité, le maître par sa doctrine, la victime par son sacrifice, l'âme par son esprit, la vie par sa grâce, la récompense par sa gloire. C'est là l'épouse de Jésus-Christ, épouse unique par l'unité du Dieu qu'elle adore, de la foi qu'elle professe, du baptême qui la purifie, de la patrie où elle aspire. Il l'a acquise par sa mort, il la formée de son sang, il la gouverne par ses lois, l'éclairé par ses miracles, l'édifie par ses vertus, la console par ses promesses, la sanctifie parles sacrements, et un jour enfin il la remettra entre les mains de son Père pour la glorifier dans le ciel, pendantla durée des siècles sans fin, et d'une récompense sans mesure.
C'est de ce séjour de la gloire qu'il exerce la puissance que son Père lui a donnée de conduire l'Eglise et de la défendre contre ses ennemis ; c'est de là qu'il montre encore tous les jours la puissance de son bras et l'amour qu'il a pour cette épouse chérie qu'il a promis de n'abandonner jamais. Des hérésies naîtront, des tempêtes s'élèveront , il les confondra, il les dissipera. Le monstre de l'impiété et du philosophisme osera montrer sa tête hideuse et publier ses dogmes pervers ; mais d'un seul de ses regards il le fera rentrer dans l'obscur séjour qui lui donna naissance. Ainsi rien ne pourra faire périr cette arche sainte y au milieu de ce déluge de crimes qui semble menacer l'univers de sa ruine, elle sera toujours comme l'arche d'alliance du ciel avec la terre et rassurera saintement les faibles mortels contre les coups redoutables du Tout-Puissant. Que vous êtes belle, Eglise de Jésus ! que vos forces sont insurmontables î que vos triomphes sont multipliés ! Vous comptez vos victoires par vos combats, et seule, immobile au milieu des trônes et des