‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 208 sur 212 · SLR LES GRANDEURS DE J.-C · texte numérisé non relu

SLR LES GRANDEURS DE J.-C

empires renversés, vous affrontez tous les périls ; vous parcourez tout l'univers, et vous êtes toujours la même, toujours une, toujours sainte, toujours belle aux yeux de votre Epoux, qui marche devant vous et qui triomphe pour vous.

3° Ils sont dignes de notre admiration ces triomphes que Jésus-Christ remporte sur la terre, mais c'est dans les cieux qu'il réserve à manifester sa gloire. Après avoir vaincu le monde et l'enfer, il prend son essor vers les cieux; les patriarches, les prophètes et les élus de tout état forment son cortège. 11 s'avance à pas de géant, dit le prophète, vers les demeures éternelles, emportant avec lui, pour orner son char de triomphe, la mort, l'enfer et le péché vaincus. Les portes du ciel, fermées depuis si longtemps, s'abaissent devant lui ; il rentre en vainqueur dans les splendeurs des saints, et retourne occuper, à la droite de son Père, la place d'où l'intérêt de notre salur l'avait fait descendre. Qui pourrait dépeindre l'éclat éblouissant de son trône élevé au dessus des principautés et des puissances ! Les anges, les archanges et les dominations, prosternés à ses pieds, tremblent, adorent et s'anéantissent. Assis au plus haut des cieux, plus éclatant que le soleil, jetant des regards enflammés qui embrasent les cœurs de son amour, il tient d'une main le livre des siècles et le fil de nos jours, de l'autre sa croix et les clefs de l'enfer ; il foule à ses piedo les astres du firmament. Quelle gloire! quel brillant triomphe !

C'est dans cet heureux séjour que les vierges et les martyrs lui offrent leurs couronnes, et les saints innocents répandent sous ses pas les roses et les lis , tandis que les confesseurs, lui montrant leurs blessures, chantent en son honneur un cantique de louanges pour les avoir fait triompher de la cruauté des tyrans ; et toute la troupe céleste s'écrie dans un saint transport : Il est digne de recevoir la gloire, l'honneur, la puissance et la divinité, cet Agneau qui a été immolé pour nous et qui nous a ra-

VENDREDI DE QUASIXODO-

dietés par son sang. En même temps, les séraphins et les chérubins, par leurs soupirs d'amour, forment un parfum d'agréable odeur qui embaume tout ce saint lieu : et les vingt-quatre vieillards que vit saint Jean dans son Apocalypse se prosternent le visage contre terre et en tonnent leur cantique sans fin : Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu fort et puissant ; que tout, sur la terri et dans le ciel, fléchisse le genou à la vue de sa grandeur et de son amour. €iel ! quand me sera-t-il permis de jouir du même bonheur, d'entendre ce concert magnifique, de mêler ma faible voix à celle de tant de bienheureux et de chanter ce cantique dont les vierges seules connaissent les accords !

Dès à présent, animé des mêmes transports, chantez les victoires de Jésus-Christ , célébrez son triomphe. Oui. notre Dieu est digne de tous nos hommages ; qu'on lui érige des temples, qu'on lui dresse des autels, qu'on lui consacre des ministres ; qu'il soit l'objet de nos éloges dans les églises et dans les chaires de vérité, de nos cantiques dans nos pieuses réunions ; qu'il brille sur la pourpre des pontifes, sur les couronnes des princes ; que son nom vole au delà des mers, qu'il retentisse sur les échafauds des martyrs : que les puissances des ténèbres confondues adorent en lui le Maître des éléments ; qu'au pied de son sanctuaire les fidèles réunis honorent ses grandeurs par leurs humiliations, et que tout l'univers, s'unissant à eux, s'écrie avec transport : Vous êtes digne de tous nos hommages, Dieu tout puissant.

Pour fruit de ces méditations, vous concevrez un grand respect pour le nom et la majesté de Jésus-Christ, qui vous fera anéantir devant lui et l'adorer comme notre Juge et notre Dieu. Le but qu'on s'est proposé sera atteint si, en augmentant votre respect pour ce Dieu sauveur, vous sentez votre foi, trop souvent ébranlée peutêtre à la vue du scandale de la croix et des railleries de l'impiété, s'affermir et se perfectionner. Jetez-vous aux

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pieds de sa grandeur, dites-lui avec les sentiments du prince des apôtres : 0 Jésus, je confesse que vous êtes te Christ, le Fils unique du Dieu vivant ; je veux vivre et mourir dans la foi de votre divinité, je veux obéir à vos lois jusqu'au dernier soupir. Qu'on ne m'oppose plus La rigueur de l'Evangile ; loin de craindre son joug, je l'aimerai, persuadé que c*est un Dieu qui me l'impose etqu c'est lui qui l'adoucit. Vous êtes notre Dieu ; le iidèle est donc de tous les hommes le plus heureux, car il est notre Dieu, notre Dieu pour l'éternité. Amen.

Des remèdes contre la luxure.

YeiUez et priez, afin de ne pas entrer en tentation (1). 11 est important de savoir par quels moyens et avec quelles armes on peut vaincre l'esprit impur, pour se préserver de son atteinte ou pour l'éloigner lorsqu'il nous tourmente. Il faut veiller, jeûner et prier. Tels sont les remèdes communs à tous les vices, et qu'il importe d'appliquer particulièrement au vice impur.

Ier Point. — Il faut avant tout une exacte vigilance, et celle-ci exige que l'on éloigne avec soin les occasions dangereuses, que l'on veille exactement sur ses sens extérieurs et que l'on réprime soigneusement toutes les tentations charnelles.

1° Celui qui veut mettre sa pudeur à l'abri du danger doit suivre le conseil delà Sagesse, qui ordonne de fuir le sexe comme étant une occasion de péché et d'éviter sa société : « Mon fils, ne vous laissez pas prendre aux amor- « ces trompeuses d'une femme, éloignez-vous de sa voie, « et n'approchez jamais de la porte de sa maison (w2). » Elle veut que l'on fuie sa présence : a Que votre cœur

1) Matth. 26. —(2) Prov. 5.

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• n'aille point au devant d'elle dans son chemin; sa pré- « sence en a blessé plusieurs, et elle a donné la mort aux a hommes les plus vaillants (1). » Elle veut qu'on repousse ses caresses : « L'homme peut-il garder du feu « dans son sein sans que ses vêtements ne s'enflamment ? « Il en est de même de celui qui voit la femme de son a prochain; il ne sera pas sain lorsqu'il s'en sera approa ché (-2). » Ne soyez pas seul avec une personne de l'autre sexe, et que jamais une personne du sexe ne soit seule avec un homme, quel que soit son mérite ou sa vertu ; qu'il n'y ait entre eux aucune conversation familière. Ne vous asseyez jamais près d'une femme, dit le Saint- Esprit ; une conversation avec elle est comme un feu dévorant (3).

Mon fils, si les pécheurs vous parlent avec douceur, ne les écoutez pas (4-). Lorsque vous rencontrez des jeunes gens ou des jeunes personnes qui respirent la mollesse et dont le souffle rend une odeur d'impureté, ne les fréquentez pas ; leurs pieds courent au mal, ils veulent perdre le sang innocent. Si un jeune homme caressant et beau se présente à vous, ne prenez avec lui aucune familiarité et ne recevez de lui aucun témoignage d'affection. Les poètes n'ont pas dit sans motif que Cupidon est le fils et le ministre de la déesse de l'impureté. C'est en vain que Ton tend un filet devant les oiseaux à grandes ailes, -ils s'envolent et évitent le filet et la mort. C'est en fuyant qu'on évite la mort du péché.

2° Cependant il n'est pas possible d'éviter toutes les occasions; c'est pourquoi l'Ecriture nous ordonne de fermer soigneusement les portes de nos sens, de peur, dit la Sagesse, que la mort n entre par les fenêtres. En nous recommandant la modestie et la gravité, l'Esprit saint nous dit : Ne regardez point çà et là dans les faubourgs de la ville, et ne soyez pas comme errant sur les places publiai) Prov. 7. — (2) Ibid. 6. — (5) Eccli. 9. — (-1) Prov. 1.

DES REMÈDES CONTEE LA LIXIRF. 4SI

ques (4). Il nous défend de lever les yeux pour satisfaire notre curiosité : La femme qui ri a pas de pudeur se fait connaître par ses regards audacieux et par son visage ; mettez-vous en garde contre l'effronterie de ses regards (2). Il défend tout regard et toute vue dangereuse : Ne considérez point une viergey de crainte que vous ne soyez scandalisa par sa beauté et par ses ajustements ; détournez votre vup d'une femme bien parée, car c'est par ce moyen que la concupiscence s enflamme comme le feu. Il défend de se trouver dans les danses et les réunions de femmes, et dans tous les lieux où les sens et l'esprit peuvent s'amollir ; il ne veut ni qu'on les fréquente, ni qu'on s'y arrête : N'ayez aucune assiduité avec une danseuse et ne l' écoutez point, de peur que vous ne périssiez (3).

Eloignez donc tout ce qui, par la vue, l'ouïe, le goût ei le toucher, est capable de réveiller les amorces de la chair, d'enfanter des imaginations, d'exciter la concupiscence, vous rappelant ces paroles du Seigneur : Celui qui verra une femme peur la désirer a déjà commis le crime dans son cœur (4).

3° Mais qui pourra éloigner les ennemis invisibles de l'âme et se séparer d'une chair ennemie et rebelle ? Tandis que vous allez et que vous venez seul et tranquille, le tentateur s'approche, il excite la chair, et, par diverses illusions il l'amène à éprouver la sensation de la volupté. D'abord se présente une simple pensée, ensuite une violente imagination, puis un plaisir et un mouvement mauvais, et enfin le consentement; c'est ainsi que l'ennemi finit par entrer tout entier si on ne lui résiste pas dès le principe. Plus on tarde de résister, plus on s'affaiblit et plus l'ennemi devient fort, dit l'auteur de l'Imitation. On doit done veiller- dès le commencement de la tentation, parce qu'alors il est plus facile de se rendre maître de l'ennemi en fermant exactement la porte de l'âme.

(1) Eccli. 9. — 02) Ibid. 26. — (5) ïbïd 9. — (4) Mafth ?..

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