MARDI DE LA SEPTUAGÉSIME
De la mauvaise habitude (suite'.
3" Ne vous ménagez pas. L'hydropique qui se flatte est cruel envers lui-même et augmente son mal. Ne vous ménagez pas ; mais brûlez, tranchez, souffrez le fer et le feu, la faim et la soif, afin d'être épargné pendant l'éternité. Que l'ardeur de la prière détruise l'ardeur de l'habitude. Si le ciel vous semble fermé, faites-lui violencepar vos aumônes, par vos jeûnes, parla macération de la chair; brisezles portes d'airain et les verrouxdefer. Si une nouvelle faute surprend votre vigilance, corrigez-laparde nouveaux supplices ; ne vous désistez pas de votre entreprise jusqu'au momentoùvouscomprendrez que leciel s'apaise.
Pourquoi vous découragez-vous et pourquoi éloignezvous toute espérance de changement? Jusqu'ici votre lâcheté a empêché tout avancement, ou trop de tendresse l'a retardé. Faites donc de plus grands efforts et soutenez le combat avec plus d'énergie ; mais renouvelez souvent vos forces.
-i0 Les meilleurs remèdes pour un mal invétéré sont les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, dont l'un guérit les blessures que l'on a reçues dans la mêlée, et l'autre rétablit les forces affaiblies et les prépare à de nouveaux combats. Vous devrez en user souvent, selon le conseil de votre directeur, de telle manière que vous ne manquiez pas des remèdes nécessaires et que cependant vous ne changiez pas les remèdes en poisons. Ne croyez pas qu'au premier effort vous allez détruire la mauvaise habitude ; comme elle se fortifie peu à peu, elle diminue de même ; ne doutez point ni ne désespérez de la vertu des sacrements, quand même votre penchant ne cessera pas aussitôt; pourvu qu'il s'affaiblisse insensiblement, de manière que vous ne tombiez pas si fréquemment ni si facilement, ne cessez pas de combattre. Un