MERCREDI DE LA SEPTUAGÉS1ME
Du combat singulier.
Le Dieu grand et terrible détruira ces nations qui sent devint vous par parties et peu à peu; vous ne pourrez pas les détruire toutes à la fois (i ). Il arrive à ceux qui sont sans expérience que, s'ils répandent une larme de dévotion, ils se persuadent que déjà ils sont parfaits et que leurs passions sont mortes au dedans d'eux-mêmes. En attendant, l'ennemi reste caché dans le cœur et cherche en secret l'occasion de nuire ; car on ne le calme point en pleurant comme une femme, mais on l'abat en combattant courageusement comme un brave ; et toutes les passions ne tombent pas d'un seul coup, maison les détruit chacune en particulier, comme dans un duel. Les saints Pères nous ont expliqué le but du combat, l'ennemi à combattre, et la règle de ce combat, afin que personne n'ignore le fruit qu'on en peut espérer, quel ennemi on doit attaquer et quelle méthode il faut suivre dans la guerre.
IerPor\T. — Voici le chemin le plus facile, le plus sur et le plus court pour obtenir la victoire : divisez les forces de l'ennemi, n'en attaquez qu'un seul à la fois, et détruisez-le dans un combat singulier.
1° C'est l'ordre que nous devons observer dans le combat, dit Cassien. « Vous ne pourrez pas les détruire toutes « à la fois, c'est Dieu qui les détruira jusqu'à ce qu'elles « aient disparu entièrement. Une les détruira que peu à « peu et par parties, de peur que les bêtes sauvages qui c< habitent le pays ne se multiplient trop (2), » c'est-àdire de crainte que vos vices ne se multiplient, lorsqu'ayant quitté les armes, vous vivriez tranquille et en sûreté. Vous ne pourrez pas les détruire en même temps]
(i) Deut. ï. — (2)Ibid.