‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 4 sur 212 · VI. DIMANCHE APRÈS l'éPIPHAXIE · texte numérisé non relu

VI. DIMANCHE APRÈS l'éPIPHAXIE

leurs dieux; mais, depuis qu'il y eul des chrétiens, pien ne fut plus fréquent. C'est un saint Etienne, estimé deDieu et des hommes, qui tombe sous une grêle de pierres; c'est toute une légion romaine qui se présente devant un em. pereur et lui tient ce langage : Prince, nous sommes vos sujets, nous vous devons l'obéissance, et nous vous la rendrons en tout ce qui n'est pas contraire à notre foi ; mais sachez que nous sommes chrétiens et qu'en cette qualité nous devons l'obéissance au Roi du ciel. Nous ne pouvons prendre part à d'impurs sacrifices ; voulez-vous notre vie? nous vous la donnons sans résister; voilà nos armes, nous ne nous en servirons pas contre notre souverain; frappez-nous, et vous verrez que nous savons mourir. Et six mille hommes reçoivent la mort pour l'amour de Dieu. Mais qu'avons- nous besoin de faits particuliers? ne savons-nous pas que dix-huit millions de chrétiens ont été brûlés, plongés dans les huiles bouillantes, sciés, déchirés par les ongles de fer, dévorés par les bêtes féroces, consumés par la faim, jetés dans les fleuves et dans la mer pour rester fidèles à Dieu ? Que les temps sont changés! Il n'y a plus de bourreaux, de chevalets, de lions, il n'y a plus que cette loi de Dieu si douce et si bienfaisante, et comme elle est mal observée ! Vousmême quel zèle montrez -vous à lui obéir? Vous voit-on assidu à la prière, empressé à jeûner aux jours prescrits? Ne redoutez-vous pas, ne fuyez-vous pas tout ce qui contrarie vos penchants et qui exige quelque pénitence ? 2° A quelle sainteté ne sont pas parvenus ceux qui ont été fidèles à cette loi ! On les a vus mépriser et abandonner toutes les choses d'ici-bas, donner leur bien aux pauvres, s'ensevelir dans la solitude, ou bien exposer cent fois leur vie pour aller porter les paroles du salut à des peuples barbares et les civiliser. D'autres, se vouant au célibat, et n'ayant contracté d'autres liens que ceux de la charité, passèrent leur vie à soulager les misères de rhumanité dans les hôpitaux, partageant toutes lessouf-

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