‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 64 sur 212 · DIMANCHE DE LÀ QUINQUAGÉSIME · texte numérisé non relu

DIMANCHE DE LÀ QUINQUAGÉSIME

jugé le plus convenable à notre salut ; comme si, dans leur faible vue, ils voulaient, dit Tertullien, se faire les tuteurs de Dieu même ; comme si Jésus-Christ n'était pas aussi grand dans sa crèche que sur le Thabor; comme enfin si Dieu pouvait déchoir sans le secours de leurs lumières. 0 mon Jésus, je vous adorerai sur la croix comme dans le ciel ; vous êtes toujours mon Dieu. En vous adorant crucifié, je vous fais une agréable offrande de ma raison, et j'adore votre grandeur qui de ce qui est le plus humble sait tirer ce qu'il y a de plus grand.

2° Celui qui ne parle pas ainsi n'outrage pas seulement ïa grandeur de Dieu, mais encore sa bonté. On se scandalise de la doctrine de la croix, c'est-à-dire de ce qui est la plus grande preuve de la bonté de Dieu. Un Dieu fait homme, humilié, persécuté, cloué sur un gibet, explique cette parole de l'Evangile : C'est ainsi que Dieu a aimé le monde. C'est un mystère qui devrait être notre consolation la plus douce; mais, au contraire, on a peine à croire que Dieu se soit si fort intéressé à notre salut. « L'homme, dit saint Grégoire, a pris sujet de scandale a contre Dieu de ce qui devait l'attacher à lui plus in- « violablement. » Comment les saints ont-ils produit les actes des vertus les plus héroïques? par la considération d'un Dieu qui s'est sacrifié pour le salut des hommes. Si vous n'avez pas le courage d'imiter le Sauveur, au moins respectez la croix, respectez ce qui fait l'espérance du monde, disait Tertullien. Rien n'est plus digne de Dieu que le salut de l'homme. Si Jésus-Christ n'avait pas souffert, comment aurait-il persuadé aux pécheurs qu'ils ne pouvaient se réconcilier avec Dieu que par la pénitence, l'humiliation et la souffrance?

3° Qu'est-ce qui avait perdu le monde? c'est surtout l'orgueil, le sensualisme et l'amour des biens terrestres. Or, la sagesse de Dieu a voulu que, comme un sage médecin guérit le mal par les contraires , l'orgueil fût par l'humiliation, le sensualisme par la souffrance.

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