‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 66 sur 212 · LUNDI DE LA QUI3QUAGÉSIME · texte numérisé non relu

LUNDI DE LA QUI3QUAGÉSIME

2° La croix, qui nous paraît si dure et si lourde à porter. Test beaucoup moins que nous ne le pensons, parce que le Dieu qui nous l'impose en adoucit la dureté et le poids. Il faut d'abord poser en principe que nous sommes toujours obligés de la porter, soit que nous le voulions, soit que nous le refusions. Porter sa croix n'est autre chose que souffrir avec patience les peines et les adversités de la vie. Or, il n'y a pas un seul état sur la terre qui n'ait ses croix. Les rois ont leur croix à porter ; elle est lourde, car ils sont sans cesse en butte à la malice des méchants, et souvent à la haine de leurs sujets. Les princes de l'Eglise ont leur croix; car, disait un pape (Urbain Vil), « qui croirait « que, sous un vêtement si fin, j'ai pris un fardeau d'un « poids insupportable?» Les religieux trouvent leur croix dans leurs jeûnes, leurs veilles, leur mortification contimielle. Les prêtres trouvent leur croix dans la direction «les âmes, le gouvernement d'une paroisse, la récitation de leur bréviaire, leur vœu de chasteté, et les nombreuses contradictions qui les poursuivent ; les gens mariés, dans la nécessité de se supporter et d'élever leur famille : les cultivateurs, dans les peines corporelles qu'ils endurent, supportant le froid et la chaleur, souffrant quelquefois la faim et la soif. Il y a donc des croix partout. Ce qui les adoucir, ce qui les rend même aimables, dit saint Bernard, c'est qu'elles nous purifient, nous sanctifient, nous méritent même une gloire éternelle, si nous les endurons avec patience, en union avec Jésus-Christ, sans nous plaindre, et en disant avec amour, comme saint Augustin : Seigneur, ordonnez ce que vous voudrez, mais donnez aussi le courage et la patience. Seigneur, je vota sui rai partout ou vous irez.

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