MERCREDI DES CENDRES
H* Polnt. — L'jl prière jointe au jeûne est une bonne chose (i). Parle jeûne, non seulement Dieu réprime nos vices, mais encore il élève l'âme, donne la vertu et distribue des faveurs; ainsi le jeûne est utile à l'augmentation de la grâce, de la vertu et de la gloire.
1° « Le règne de Dieu ne consiste point dans le boire a et le manger. La sagesse et la grâce de Dieu n'habite « pas dans un corps sujet aux péchés, et elle ne se trouve « pas dans la terre de ceux qui vivent dans les délice ces (2). » Dieu est esprit, et il ne peut demeurer avec sa grâce dans l'homme qui est chair, ou charnel et animal ; plus la chair s'affaiblit, plus l'âme profite ; plus vous enlevez au corps, plus l'esprit acquiert, plus ses dons grandissent, plus sa grâce est abondante.
Nous savons que c'est par le jeûne que Moïse monta sur la montagne; il n'eût jamais osé autrement, dit saint Basile, aller sur ce sommet couvert de feu et de fumée et pénétrer dans cette clarté, sans le jeûne. C'est par le jeûne qu'il reçut les commandements gravés sur les tables de la main de Dieu ; le jeûne fut donc le moyen d'obtenir la loi donnée sur la montagne. Moïse, voulant recevoir la loi une seconde fois, employa un semblable moyen ; c'est le jeûne qui le rendit le spectateur de cette grande vision. Lorsqu'il eut purifié son âme par un jeûne de quarante jours, il lui fut permis, autant qu'il est possible à l'homme, de voir Dieu dans ce lieu retiré. N'est-ce pas parla prière et par le jeûne que Samuel fut donné à sa mère? Le jeûne rend sages les législateurs. N'accusez pas votre esprit de vos distractions si faciles et si nombreuses dans la prière, de votre peu de recueillement, de votre tiédeur, de votre aridité, tourmenté sans cesse par l'imagination : c'est que vous vous occupez trop de votre corps ; voilà pourquoi vous êtes si sourd à la voix de Dieu ; l'esprit ne s'élève point lorsque la chair est ap-
Toh 12. - ;2 Rom. 1 S ; Sap. i et Job k2S.