PREMIER DIMANCHE DE CARÊME
Sur la tentation volontaire et involontaire.*
Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable ; ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim (I).
Le Sauveur Jésus a permis au démon de le tenter afin de nous fortifier en surmontant nos tentations par les siennes, afin de nous encourager en nous proposant son exemple, afin de nous apprendre à veiller sans cesse pour éviter les pièges de l'ennemi, et afin de nous enseigner comment nous devons combattre. Nous pouvons toujours, avec la grâce, surmonter la tentation, et la grâce ne nous manquera pas, pourvu que la tentation ne soit pas volontaire, Mais il y a deux sortes de tentations : l'une dont nous sommes la cause principale, l'autre qui ne vient pas de nous. Or, Dieu ne nous doit pas son secours si la tentation est volontaire, et dans les tentations involontaires, pour avoir la grâce de résister, il faut combattre, il faut employer les moyens que suggère la foi.
Ier Point. — Chacun est attiré par son inclination, les uns d'une manière, les autres d'une autre ; on a toujours son côté faible, c'est pour cela qu'on doit fuir le danger.
II n'est jamais permis d'exposer son salut, sans quoi il n'y a pas lieu d'attendre le secours préparé pour combattre et pour vaincre : on ne peut l'attendre ni à titre de justice, ni à titre de fidélité à la loi, ni à titre de miséricorde.
(1) Matth. 4.