‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 8 sur 212 · DES DEUX ÉTENDARDS · texte numérisé non relu

DES DEUX ÉTENDARDS

occupant l'âme il la soumet et l'enchaîne. S'il met en avant ces amorces du péché, même séparément, il en est peu qui y résistent ; mais s'il les fait briller aux yeux toutes à la fois, combien il y en a moins encore î

Qui ose lui répliquer lorsqu'il montre à la fois tous les royaumes du monde avec toute leur gloire, et qu'à un si grand prix il engage au crime en disant : Je vous donnerai tout cela, si, vous prosternant, vous m'adorez (I) ? Qui ne vendrait son âme à ce prix, ou qui n'est tout disposé à la vendre? Tous ceux qui habitent sur la terre adoreront la bête(%

« Et nous aussi il fut un temps où nous vécûmes selon s les désirs de notre chair ; nous allions au gré de ce « monde et selon la volonté du prince de l'air ; nous nous «sommes courbés et nous Favons adoré (3). Celui qui (f adorera la bête et son image, et qui aura reçu son carac- « tère, boira du vin de la colère de Dieu, et sera toura mente dans le feu et le goufre, et la fumée des tour- '< ments montera dans les siècles des siècles (4). »

3° « :Qui est semblable à la bête, et qui pourra com- < battre contre elle ? Il lui a été donné de faire la guerre « aux saints et de les vaincre. Elle a la puissance avec un a grand courage pour exécuter. Que tous ceux qui ne Tact doreront pas soient mis à mort (5). » Ceux qu'elle ne peut séduire par la ruse, elle s'efforce de les abattre par la violence, Elle poursuit les serviteurs de Dieu par le fer et par le feu, et, après s'être enivrée du sangdes martyrs, elle n'est point encore rassasiée. C'est pourquoi les uns ont été déchirés, les autres ont enduré des opprobres et des coups; ils ont été chargés de chaînes et mis en prison, ils ont été lapidés, coupés, éprouvés, et ont péri par le glaive; on les a vus manquant de tout, réduits à la dernière extrémité, errant dans les solitudes, sur les monta -

(!) Malth. 4. — (2) Apor. !3. — (5) Eph. 2. — (4) Apoe. 14. —

5 \poc. 15 cl la.

fO Vf. LCNDf APRÈS L 'EPIPHANIE.

^rnes et dans les cavernes (l). « Ainsi tous ceux qui veu- ■( lent vivre dans la piété souffriront persécution, et nou£ « ne pouvons entrer dans le royaume des cieux que par « beaucoup de tribulations ("2). » C'est pourquoi le Sauveur nous dit : « Ne craignez point ceux qui tuent le « corps et qui ne peuvent tuer l'âme, mais craignez- « plutôt celui qui peut perdre le corps et l'âme dans « l'enfer (3). » Il vaut mieux en effet souffrir un peu que de brûler éternellement dans les flammes. Mais, dit le Seigneur , « quiconque me confessera devant les hom- « mes, je le reconnaîtrai moi-même devant mon Père a céleste ; quiconque me reniera devant les hommes, je « le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (4).

Quand même il me faudrait mourir avec vous, mon Roi et mon Dieu, je ne vous renierai pas. Jugez ceux qui me nuisent et réprimez ceux qui combattent contre moi ; prenez vos armes et votre bouclier, et dites à mon âme : Je suis ton salut. Beaucoup d'ennemis se sont levés contre moi, des êtres puissants poursuivent mon âme. Vous le voyez, Seigneur, ne gardez pas le silence, enlevez mon âme à leur méchanceté, délivrez-la des lions. Ma langue publiera votre justice et vos louanges.

IIe Point. — // lèvera son étendard au milieu des nations, et il ramènera les exilés d'Israël (5). Le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs s'avance de la montagne de Sion avec son armée rangée en bataille contre le roi de l'enfer. Il est vénérable par sa majesté, aimable par sa douceur, distingué par la lumière qui l'environne et par un diadème magnifique ; il lève son étendard au milieu des nations, c'est l'étendard de la liberté et du salut ; il appelle tous les hommes à partager et ses combats et ses triomphes; il exhorte par ses paroles, ses gestes, ses menaces et ses promesses. Ranimez votre courage, la victoire n'est pas

(1) Hébr. il. - Cl) IlTim. 3 et Ad. 14. — (5) Mallh. 10 — (4) Ibid. 26. — [S) Isaïc il.

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