PREMIER MARDI DE CARÊME
Entrée solennelle de Jésus-Christ dans la ville.
« Comme ils approchaient de Jérusalem et qu'ils arrivaient à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Jésus « envoya deux de ses disciples (-i). »Le Seigneur entre triomphant à Jérusalem peu de jours avant sa mort; ce n'est point la curiosité qui doit nous conduire à cette pompe, mais la piété, afin de considérer 1° le triomphe de Jésus- Christ, 2° les applaudissements du peuple , 3° la rage des pharisiens.
jer p0I>T. — c'est une p0mpe nouvelle et inusitée; le Seigneur vient avec une grande puissance, avec une douceur admirable, une démarche pleine d'humilité, comme le prédit le prophète. Sa puissance est grande, voilà votre /loi qui vient; sa charité est parfaite, il vient plein de dou-
,1) Matlh. 2G. — (2) Ps. 50. — (5) Baruch 1. — (4) Matth. 2Î .
ceur pour vous sauver ([); son humilité est admirable,// est pauvre et monté sur une ânesse suivie de son ânon (2).
1° Jésus-Christ se montre véritablement Roi non par son appareil, mais par sa puissance invisible qui dirige les cœurs comme il veut; il commande et il est obéi. « Allez dans « le bourg qui est vis-à-vis, vous y trouverez une ânesse « attachée avec son ânon; détachez-les et me les amenez. « Si quelqu'un vous dit quelque chose, répondez queleSei- « gneur en a besoin, et aussitôt on les laissera partir (3). t Vous entendez l'ordre, entendez l'obéissance : « Ils parce tirent et trouvèrent l'ànon, ils le détachèrent, et quelce ques uns de ceux qui étaient là dirent : Pourquoi déta- « chez-vous cet ânon? Ils répondirent ce que Jésus leur «avait commandé, on les laissa partir; ils amenèrent « donc l'ânesse et l'ànon (A). »
Pourquoi résistez-vous vainement au Seigneur? Les animaux et les éléments lui obéissent ; les cœurs mêmes des hommes ne peuvent lui résister, s'il le veut. Malheur à moi, Seigneur, de vous avoir autrefois repoussé, ô mon Roi et le Dieu de mon cœur ! Faites-moi rechercher vos justifications ; dominez sur mon cœur et écrasez ses mouvements grossiers qui me rendent semblable aux animaux, afin qu'il ne dominent point en moi. S'ils ne sont pas écrasés, ils nousécraseront, ets'ilsnesont pas étouffés, ils nous étoufferont, dit saint Bernard.
2° Le Roi vient, mais c'est un Roi plein de douceur et un Sauveur qui nous montre sa charité et nous la rend recommandante, d'autant plus qu'il se prépare comme en triomphant à recevoir la mort pour nous, qu'il ne dédaigne pas même d'inviter une cité ingrate à prendre part à son triomphe et à son royaume, et que par ce triomphe il se prépare à augmenter Figiiominie et l'horreur de sa mort ; car plus grande fut la gloire du triomphateur, plus tut grande aussi l'ignominie de sa mort. Ainsi ce triom-
(1) Isaîc 62. — (2) Zachar. 7. — (3) Mallh. 21 . — (4) Marc 1 1 .