UE LAVEMENT DES PIEDS
ramène; vous, vous aimez avec inconstance un Dieu constant, vous revenez à lui et vous l'abandonnez de nouveau .
IIe Point. — Il vint donc à Simon-Pierre, et Pierre lui dit : Seigneur, vous voulez me laver les pieds? Le Seigneur, pour réprimer notre orgueil, voulut avant sa mort nous donner un exemple d'humilité afin de nous engager et de nous exciter plus efficacement à l'imiter. Pierre resta stupéfait en considérant la dignité de Jésus-Christ, la nature de son action et la condition des disciples : Seigneur, vous me lavez les pieds? dit-il.
1° Vous, Seigneur, roi des mondes; vous que les anges adorent et dont ils désirent voir la face ; vous par qui tout a été créé ; vous qui avez reçu tout pouvoir de votre Père ; vous qui, sachant que vous venez de votre Père, allez retourner à lui ; vous dont Jean-Baptiste, le plus grand des enfants des hommes, n'était pas digne en se prosternant de délier les cordons de la chaussure ; vous qui êtes assis sur les chérubins, vous vous prosternez pour laver les pieds de vos disciples !
2° « Il se lève de table, quitte ses vêtements, et, prenant « un linge, il se ceint ; ensuite, mettant de l'eau dans un « vase, il commence à laver les pieds de ses disciples et « à les essuyer avec le linge dont il était ceint. » C'est sa grande humilité qui, le faisant quitter le sein de son Père, lui fit abandonner les vêtements de sa gloire pour prendre la forme d'esclave, s'envelopper dans le linge de notre humanité et laver par son sang les souillures de nos péchés. Cependant c'est un prodige digne de la sagesse divine, de sa puissance, de sa miséricorde, de se= courir des malheureux, de délivrer des captifs ; mais comment ceci peut-ilconvenirà la divine majesté, et quel est donc ce nouveau genre d'abaissement et d'humilité, de se jeter aux pieds de ses serviteurs et de prendre le vil emploi d'un esclave? Jésus nous appelle à la société de sa gloire et de son bonheur ; mais quand il s'agit des plus humbles services, il veut s'en acquitter seul.
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33 Seigneur, vous me lavez les pieds! le Maître au disciple, le Seigneur à son esclave, le Créateur à la créature. le Saint des saints à un homme pécheur, et non seulement à Pierre, mais à tous les autres, et même à Judas, l'homme le plus scélérat qui soit sous le soleil ; le Fils de Dieu à un traître et à un déicide, à un homme perdu et réprouvé. « Malheur à moi, disait saint François deBor- « gia, car il ne me reste plus un lieu sur la terre ! Il n;y « en avait qu'un qui pût me convenir selon mes mérites, « c'était aux pieds de Judas. Mon Seigneur Jésus a pris « cette place ; où irai— je pour en trouver une qui soit diu gne de moi ? »
Malheur à moi si, malgré ce grand remède, mon orgueil ne peut pas s'abaisser ! Celui que vous appelez avec raison Seigneur et Maître vous a donné l'exemple, afin que vous fassiez comme il a fait ; si le Seigneur et le Maître a lavé les pieds de ses esclaves, nous devons aussi nous laver les pieds les uns aux autres ; il n'y a point de si grande dignité, autorité ou majesté qui ne doive s'abaisser à l'exemple de Jésus -Christ, il n'y a personne de si vil pour qu'il ne convienne pas de le servir, rien d'assez bas qu'il ne soit convenable de souffrir.
IIIe Point. — Pierre dit : Vous ne me laverez jamais les pieds. Jésus répondit : Si je ne vous lave pas, vous n'aurez point de part avec moi. Le Seigneur déclare ouvertement qu'il y a là un mystère. Ce que je fais, dit-il, vous ne le savez pas maintenant, mais vous le saurez plus tard. Pierre, entendant cela, dit : Seigneur, lavez-moi non seulement les pieds, mais encore les mains et la tète. Et vous aussi, comprenez quelle pureté est demandée à tout chrétien qui veut approcher de la divine Eucharistie et combien elle e st nécessaire.
1° Si vous voulez recevoir la sainte Eucharistie qui est précédée du lavement des pieds, quoique déjà lavé et purifié des plus graves péchés, vous avez besoin encore d'enlever la poussière des fautes légères et de laver vos pieds.