LE LAVEMENT DES TIEDS. \" I
c'est-à-dire de purifier votre cœur des moindres affections terrestres. Le Sauveur ne donna ni la sainte communion ni le pouvoir de consacrer à ses apôtres avant de leur avoir lavé les pieds, quoiqu'il leur rendît témoignage en leur disant : Vous êtes purs ; d'où saint Bernard conclut que nous devons être purs, non seulement quant aux péchés mortels, mais encore quant aux véniels ; c'est la conclusion de saint Chrysostôme dans saint Thomas. Saint Denis exige une extrême pureté, et il le prouve d'après l'usage de l'Eglise, qui veut que le prêtre, avant la consécration, lave l'extrémité de ses doigts.
2° Jésus montra à saint Pierre combien il importe à ceux qui doivent recevoir son corps sacré d'être dan> un état de pureté parfaite, lorsqu'il lui dit : Si je ne vêtis lave pas, vous n'aurez point de part avec moi. Cependant Pierre était pur : Celui qui est pur n'a plus besoin que de se laver les pieds ; vous êtes purs. Pourquoi donc Pierre n'aurait-il point de part avec lui? C'est qu'il convient que celui qui se présente au banquet divin n'ait pas une sainteté commune ; toute affection terrestre, toute tache, la moindre désobéissance, sous le prétexte même de l'humilité ou du respect, ouvre la voie àl'amour-propre, et expose à faire des communions sans fruit, qui peu à peu conduisent à la damnation.
Où nous entraîne donc notre témérité lorsqu'à peine délivrés des péchés les plus honteux, remplis encore d'orgueil, d'ambition, d'amour-propre, d'irascibilité et de beaucoup d'autres vices, nous nous hâtons de recevoir la sainte Eucharistie ? Commencez d'abord à préparer votre âme par la pratique des vertus, qui sont la charité, la douceur, l'humilité de cœur et la pureté de conscience. Mais qui peut rendre pur ce qui a été conçu d'une semence impure (1)? N'est-ce pas vous seul, ô mon Dieu, infiniment pur, infiniment louable et glorieux dans tous les siècles?
172 l. SAMEDI DE CARÊME.