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l'appareil fastueux de leurs doctrines et par la force spécieuse de leurs arguments, en sorte que, ou bien ils abandonnent la foi, ou bien celle-ci s'affaiblit beaucoup en eux. D'autres, constants dans leurs croyances, s'irritent contre la science critique comme si elle démolissait nécessairement la foi, alors que cette science n'est pas elle-même en faute, et qu'elle peut aboutir à des découvertes heureuses quand elle est bien dirigée. Ni les uns ni les autres ne font attention à ce qu'ils ont le tort de poser en principe et de supposer, à savoir la fausse science, qui est leur point de départ et qui les conduit nécessairement à de fausses conclusions. Car un faux principe de philosophie suffit pour tout gâter. Ces erreurs ne pourront jamais être réfutées suffisamment à moins de changer de tactique, en faisant sortir les égarés des retranchements de leur critique, où ils se croient bien en sûreté, pour les conduire au camp légitime de la philosophie, car c'est en le quittant qu'ils se sont engagés dans leurs erreurs. »
Ce que le souverain Pontife enseigne au sujet des livres du Nouveau Testament s'applique avec une force égale aux écrits de l'Ancien.
108. En second lieu, les Rationalistes sont peu scrupuleux pour omettre ou pour dédaigner tout ce qui s'oppose ou ne convient pas à leurs théories. Par exemple, la tradition dûment conditionnée constitue certainement un argument plus concluant dans le domaine de l'histoire et des faits que les arguments intrinsèques tirés d'un écrit, arguments dont la valeur se réduit le plus souvent à
des conjectures plus ou moins probables. Cependant les Rationalistes considèrent la tradition comme moins que rien.
Aussi faut-il nous prémunir contre un péril grave : à savoir que plusieurs de nos savants modernes, imbus de la doctrine malsaine du rationalisme, en sont arrivés au point de ne pas hésiter à affirmer qu'il y a contradiction entre le dogme et la tradition d'une part et l'histoire d'autre part; et qu'ils n'ont pas craint d'appliquer dans leurs ouvrages sur la question biblique ce principe, que l'exégèse traditionnelle se trouve continuellement en opposition avec les règles de l'interprétation purement rationnelle et historique.
109. Enfin, celui qui parcourt les écrits des Rationalistes voit immédiatement que les choses douteuses n'y sont pas suffisamment distinguées des choses certaines, et que de simples conjectures ou hypothèses y sont présentées facilement à titre de vérités irréfutables.
Et cependant — chose étonnante — d'une part les incrédules taxent de temps à autre l'Eglise d'erreur, comme si elle modifiait sa doctrine au gré des temps et du progrès des sciences. Et cela parce qu'ils ne savent pas distinguer entre les décrets dogmatiques et les décrets disciplinaires, ni entre le dogme proposé par l'Eglise comme obligatoire et la doctrine des théologiens et des exégètes sur des choses obscures et abandonnées à la libre discuss on.
Et d'autre part ces mêmes incroyants accordent toute latitude aux Rationalistes pour substituer
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sans cesse de nouvelles hypothèses aux anciennes, pour se contredire les uns les autres, que dis-je, pour se contredire eux-mêmes ; et ils décorent tout cela du nom de science.
Pourtant, objectera-t-on, les Rationalistes sont d'accord sur quantité de points qui ne doivent donc pas être rejetés, étant moralement certains. A cela nous répondons que cette conformité d'opinion peut résulter d'une double cause: ou bien d'un faux principe admis universellement parmi eux, par exemple l'évolutionisme décrit plus haut, la négation de l'ordre surnaturel, etc. En ce cas cet accord d'opinion n'est qu'une conformité d'erreur et d'impiété. Ou bien cette conformité se rencontre en dehors de tout faux principe, et alors le point en question mérite d'être sérieusement examiné. Cet accord est même a priori un indice de vérité, comme l'est, dans toute science, la conformité d'opinion des gens compétents.
C'est pourquoi, si les catholiques doivent admirer avec raison la science philologique et historique de certains Rationalistes et rivaliser avec eux pour l'acquérir, il ne leur est pas permis d'admirer et encore beaucoup moins d'imiter l'application que les incrédules font de cette érudition aux études bibliques, non plus que la façon dont les Rationalistes observent les règles de la logique et de la raison, bien qu'ils aient emprunté leur nom à la raison, avec plus d'orgueil certes que de vérité.
Au contraire il ne faut lire leurs écrits au sujet de la Bible qu'avec beaucoup de prudence et de circonspection. Cette remarque s'applique parti-