‹ Méditations théologiquesChapitre 26 sur 50 · DEPUIS LA DIVISION DU ROYAUME JUSQU'AU CHRIST · texte numérisé non relu

DEPUIS LA DIVISION DU ROYAUME JUSQU'AU CHRIST

dirigeant de telle sorte les événements — la liberté humaine restant sauve — que tout concourût de plus près à son accomplissement précis.

Dieu a réalisé la première partie de cette préparation, c'est-à-dire la prédiction plus nette du Sauveur, de sa passion et de son règne, dans la personne et par l'entremise des prophètes plus nombreux à partir de l'époque des rois.

En ce qui est de la seconde, la Providence a manifesté son intervention dans la direction de tous les événements vers la venue du Christ et vers sa passion, par l'histoire du peuple choisi, commençant par celle des rois, et par la condition où se trouvaient les autres peuples contemporains.

Nous diviserons cette double action préparatoire à l'avènement du Christ, afin de l'exposer d'une manière plus explicite.

Il faut se rappeler d'abord que la mission des prophètes ne consistait pas seulement dans la prédiction des événements futurs, mais qu'elle était beaucoup plus étendue, Dieu s'étant servi d'eux d'une manière générale pour préparer la venue du Messie.

Nous consacrerons des articles distincts d'abord aux prophètes de l'ancien Testament, à leur mission et à leurs fonctions; ensuite à leurs prophéties elles-mêmes, surtout en ce qui se rapporte au Christ, à sa passion et à son règne; enfin nous parlerons de la Providence divine en général relativement aux destinées du peuple élu et à celles des autres nations, pour autant que ces destinées se rapportent à la venue du Messie.

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Article I

Des prophètes de la loi ancienne et de leur ministère

147. Au sens biblique le mot prophète ou nabi désigne un interprète, un héraut, un envoyé de Dieu qui l'emploie pour manifester aux hommes ses conseils soit présents soit futurs, et pour leur intimer ses volontés.

De tout temps il a existé des prophètes envoyés par le Seigneur à son peuple.

Abraham est ainsi appelé par Dieu lui-même (Gen., XX, 7) ; Moïse fut un grand prophète (Deut., XXXIV, 1 0) ; Josué de même est appelé un prophète de Dieu (EcclL, XLVI, 1). Les prophètes ne firent pas défaut au temps des Juges (Jud., IV, 4 et VI, 8 ; I Sam., II, 27). A la fin de l'ère de la judicature la prophétie décroît pour refleurir sous le gouvernement du prophète Samuel. On voit même apparaître des écoles de prophètes.

Nous lisons dans le Deutéronome, XVIII, 15-22, que le prophétisme avait été promis à titre d'institution permanente; car le contexte démontre que le mot prophète (comme le mot roi XVII, 14 et 18) y est employé dans le sens collectif, bien qu'il désigne en même temps le Prophète par excellence, le Christ.

• Par écoles de prophètes ou fils de prophètes on entend ceux qui, séparés du reste des hommes, menaient une vie sainte dans la pratique de la pénitence et des autres vertus, chantant les louanges de Dieu, à l'instar de nos religieux actuels. Dieu les choisissait de préférence, quoique non d'une manière

exclusive, pour les députer vers son peuple et parfois, mais plus rarement, vers les nations étrangères, comme parlant en son nom et en vertu de son autorité, étant remplis de son Esprit pour prévoir et prédire au besoin les secrets divins et les événements à venir.

146. En ce qui est de l'esprit prophétique, de sa nature et de sa manifestation, nous n'avons rien à ajouter ici à l'explication que nous en avons donnée, d'après S1 Thomas, aux nos 58 et ss. de la première partie de nos méditations. Cette explication cependant est à comparer avec les avertissements sur l'inspiration de l'Ecriture sainte que nous donnerons dans l'Appendice de ce volume.

L'autorité divine des prophètes reposait donc sur une mission divine et sur leur don de prophétie, par lequel Dieu les éclairait pour les mettre à même d'accomplir leur ministère.

Cette mission, bien que Dieu les envoyât parfois comme Jonas aux nations païennes, avait néanmoins sa raison d'être dans le peuple élu, vers lequel Dieu les députait pour l'avertir et l'aider à atteindre la fin même de son élection, c'est-à-dire la conservation du culte du vrai Dieu et des promesses messianiques. Les prophètes avaient donc le devoir de rappeler sans cesse la nécessité d'observer le Loi et de fuir le culte des faux dieux, ils devaient aussi remémorer le souvenir du Messie attendu, l'annonçant d'une manière de plus en plus nette et précise à mesure que les siècles se déroulaient et qu'appxochait la réalisation des prophéties.

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Les prophètes se sont montrés fidèles à leur mission, préoccupés uniquement de l'honneur de Dieu et du salut d'Israël, exempts de respect humain, proposant la vérité aux petits comme aux grands, étant souvent en contradiction avec l'opinion commune des leurs et odieux aux princes, mais se montrant toujours d'une constance indéfectible. Plusieurs même endurèrent le martyre après avoir souffert les plus grands maux.

149. Cet exposé du caractère et de la mission des prophètes nous paraît suffisant.

Mettons en regard ce qu'en dit la critique ratioualiste moderne. D'après ce que nous avons dit de ce système, il est facile de pressentir ce qu'il avancera au sujet des prophètes. Les Rationalistes, niant a priori tout ce qui est surnaturel et le regardant comme une impossibilité, rejettent sans plus de façon et la mission surnaturelle et les prédictions des prophètes, qui d'après eux n'ont pu ni rien prévoir ni rien prédire. Ils considèrent les prophéties comme interpolées ou comme faites après l'événement. Ou bien encore, s'il est prouvé que la prédiction est bien réellement antérieure à la chose annoncée, ce n'est, disent-ils, qu'une allusion à quelque vague idéal. Mieux encore, ils assimilent les prophètes aux devins et aux sorciers des nations païennes.

En ce qui concerne spécialement la mission des prophètes, lui déniant tout caractère surnaturel et substituant au surnaturel leur théorie de l'évolution, les Rationalistes en réduisent simplement la divinité à néant, et ils intervertissent l'histoire.

Ils avancent que les prophètes n'ont ni défendu ni enseigné la Loi déjà existante, mais qu'ils ont eux-mêmes préparé cette Loi destinée à être établie plus tard ; qu'ils n'ont pas combattu l'idolâtrie comme une altération de la Loi ni du culte du peuple juif, mais que ce sont eux qui ont introduit le monothéisme en Israël.

150. Il est aisé de constater combien ces données sont arbitraires, imaginées gratuitement d'après la théorie de l'évolution et historiquement fausses, ainsi que nous l'avons démontré (v. nos 129 et suivants, cp. aux nos 121 et suivants).

En ce qui regarde les prophéties elles-mêmes, les explications de la critique moderne sont sans valeur, malgré le nom de haute critique que les Rationalistes lui octroient. Il est absurde de parler d'interpolation ou de prophéties après coup, soit qu'on ne craigne pas d'accuser les prophètes eux-mêmes d'imposture — ce qui est une injure gratuite pour ces hommes éminents par leur mission et par leur caractère — soit qu'on estime que d'autres qu'eux ont été coupables de dissimulation ou d'imposture.

Il est historiquement impossible que l'on ait pu induire en erreur le peuple juif tout entier. Car plusieurs prédictions ont trait à des événements publics, dont l'accomplissement était proche et qui ne pouvaient être prévus que par Dieu seul (1). Et si le peuple eût considéré les

(1) Par exemple la mort prédite par Jérémie au pseudoprophète Hananias fjer., XXVIII, 16 et ss.); celle du roi

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prophètes comme des imposteurs, comment les eût-il tolérés ou même respectés et redoutés? D'autant plus que ces prophètes ne ménageaient personne, ni princes, ni peuple ; que leurs avertissements étaient souvent sévères, d'une doctrine élevée et bien contraire aux instincts charnels. Aussi ont-ils été plus d'une fois persécutés et mis à mort, mais on ne lés voit nulle part taxés d'imposture. Quant à d'autres faussaires, comment seraient-ils jamais parvenus à faire accroire leurs prédictions à tout un peuple?

David et' beaucoup de prophètes ont prédit des événements très-éloignés concernant la venue du Messie, sa personne, sa passion et son règne. Leurs écrits nous ont été conservés. Les Rationalistes diront-ils qu'ils sont postérieurs à l'événement? Oseront-ils affirmer que ces prédictions sont interpolées? Où sont leurs preuves?

151. Et qu'ils ne cherchent pas à se dérober en alléguant que ces prophéties ne sont que des allusions vagues aux événements à venir. Dans les psaumes, par exemple dans le XXIe, sont-elles imprécises les choses annoncées au sujet de la passion du Christ, alors que le Roi-prophète dit de lui: « Ils ont percé mes mains et mes pieds etc.;

Sédécias à lui annoncée par le même Jérémie fjer., XXI, 7), ainsi que par Ezéchiël (Ezech , XII, 12-13); la ruine de la maison d'Israël et l'ébranlement de celle de Juda par les Assyriens prédites longtemps d'avance par Amos (Amos, VI, 19), ainsi que la durée de la captivité de Babylone par Jérémie (Jer., XXV, 11-12; XXIX, 10; XXVII, 7); etc.

ils se sont partagé mes vêtements, et sur ma robe ils ont jeté le sort? » Admirons et adorons plutôt humblement la sagesse divine lorsque, manifestant mille ans d'avance si clairement la Passion du Christ comme l'événement l'a prouvé, Dieu a pu cependant céler à tous, même au démon, le mode de la rédemption avant sa réalisation. Car il a agi en sorte que tous ont ignoré que David parlait en la personne du Messie, et nul n'a entrevu comment la gloire du règne messianique, telle que lesjuifs l'attendaient, pouvait se concilier avec les humiliations du Christ souffrant et parvenant ainsi à sa gloire.

Ce ne sont pas non plus des allusions vagues que les prédictions renfermées dans les écrits des autres prophètes postérieurs à David, prédictions qui se rapportent au Messie, au lieu et au temps de sa venue, à son caractère, à ses actes, à sa passion et à son règne.

Nous aurons l'occasion d'y revenir en parlant de ces diverses prophéties.

152. Est-il besoin de dire combien injuste est l'assimilation que font les Rationalistes des prophètes de Dieu aux devins des Gentils qui recouraient aux augures, aux aruspices et à d'autres procédés superstitieux. Les prophètes, étrangers à toute intervention diabolique, annonçaient dés événements futurs que personne n'était à même de prévoir, Dieu excepté. Cette vérité est aussi manifeste que l'existence même des prophètes.

Nous défions les Rationalistes d'opposer aux prophéties juives une seule prédiction authentique

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qui se soit vérifiée au sujet d'événements que Dieu seul peut prévoir. C'est le Deutéronome même (XVIII, 22) qui indique cette marque par laquelle on distingue infailliblement les vrais prophètes d'avec leur contre-façon, et Isaïe (XLI, 23) défie à son tour les faux dieux de prouver leur divinité par la connaissance et l'annonce de l'avenir.

L'assimilation dont il est ici question répugne même à la vérité historique; de plus elle met les critiques rationalistes en contradiction avec euxmêmes.

Pour s'en convaincre, il suffit de mettre en parallèle la nation juive avec les peuples voisins, même avec ceux qui lui étaient apparentés, tels que les Ismaélites, les Edomites, les Moabites, les Ammonites. Comment s'est-il fait qu'il existât entre eux et Israël une dissidence si grande de religion et de mœurs, alors qu'ils vivaient sous le même ciel et dans les mêmes conditions matérielles? Ces nations païennes sont tombées immédiatement et sont demeurées dans le culte impur et cruel des idoles tandis qu'Israël conserva le culte du vrai Dieu, et qu'il connut de plus en plus clairement les attributs divins afin que le culte évangélique fût préparé par lui. On ne peut assigner d'autre cause à ce fait patent que l'artion de Moïse eit de la loi mosaïque d'abord ; puis, au cours des siècles, celle d'une providence divine spéciale sur le peuple juif, notamment par le ministère des prophètes.

Les Rationalistes se mettent en contradiction évidente avec eux-mêmes, d'une part en assimilant

les vrais prophètes aux faux, alors qu'il est constant que ces derniers n'ont pu détourner leurs contemporains du culte dépravé et cruel des idoles, et d'autre part en affirmant que les prophètes d'Israël n'ont pas seulement défendu le monothéisme mais l'ont eux-mêmes introduit.

La théorie naturaliste, en ce qui concerne le prophétisme en Israël, est non seulement une affirmation gratuite qui n'explique rien, mais elle est encore en contradiction avec les faits; historiquement elle est fausse et impossible.

Article II

.Des prédictions des prophètes et particulièrement des prophéties messianiques

153. Après avoir expliqué la mission des prophètes dans son ensemble, nous voulons parler ici spécialement de la partie de cette mission qui concerne la prédiction des événements à venir.

Cette fonction d'annoncer l'avenir est en connexion intime avec la mission générale des prophètes de l'ancien Testament; elle découle du caractère propre de la loi mosaïque qui se rapportait tout entière à l'alliance nouvelle, le Christ étant la fin et le terme de la loi ancienne.

Il est évident que la prédication prophétique a dû avoir et a eu comme objet principal la rédemption future par le Messie ; car aucun autre nom que celui de Jésus-Christ n'a été donné aux hommes par lequel ils pouvaient se sauver. Cette rédemption par le Christ que nous reconnaissons comme déjà

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opérée devait donc être attendue sous la loi ancienne pour arriver au salut. Et la prédication principale des prophètes devait être la même que celle des apôtres, ceux-ci prêchant le salut réalisé, ceux-là le salut à venir, et toujours par le seul et même Christ.

Chez les prophètes, la prédication comprenait donc nécesssairement l'annonce de l'avenir ou la prophétie au sens strict. Elle annonçait à la fois l'œuvre de la réparation et sa préparation. Nous disons l'œuvre de la rédemption dans son universalité/y compris la consommation des siècles par le jugement général et le règne éternel du Christ. C'est pour cela que les temps messianiques, après la fin de l'ancienne alliance, sont désignés dans les prophéties non seulement par une formule du futur, comme celle-ci : après ces choses (posthœc), mais encore par l'expression : dans les derniers temps (in novissimis diebus) ou d'autres semblables.

Les prophètes ont prédit aussi l'avenir par rapport au peuple juif dont l'histoire entière fut un acheminement vers le Christ, tant dans Tordre réel des faits, que dans l'ordre idéal pour autant que toutes choses lui arrivaient en figure. Ils annonçaient donc non seulement le terme attendu mais encore la voie qui y conduisait.

De même que le règne futur du Messie constituait l'objet principal des prophéties et que tout le reste n'en était que l'objet secondaire, de même aussi les prophètes puisaient les arguments principaux de leur prédication dans ce même règne messianique pour faire admettre leur doctrine par

les plus spirituels de leurs auditeurs. Ils recouraient aux preuves tirées d'événements plus proches pour les plus charnels, conformément au caractère de l'ancien Testament. D'où il se fait que dans ces doubles prédictions les choses futures prochaines et les événements futurs éloignés paraissent mêlés ensemble (1). Du reste les prophètes ne les percevaient pas autrement dans la révélation que Dieu leur en faisait ; ce qui peut à première vue paraître étonnant, mais a sa raison d'être parfaite et profonde dans le caractère typique de l'ancien Testament.

154. Nous parlons ici des prophètes que Dieu a inspirés non seulement pour annoncer verbalement sa parole mais aussi pour la mettre par écrit.

Au début des royaumes de Juda et d'Israël, la mission principale des prophètes, à l'exception de quelques-uns comme David, se bornait à prêcher pour procurer l'amendement de leurs contemporains et pour les porter à l'observation de la Loi qui conduisait au Christ. Ils n'avaient pas mission pour

(1) Mêlés parce qu'ils étaient connexes soit dans l'ordre des idées, à savoir du type à l'antitype, soit dans l'ordre réel d'une certaine préparation éloignée. De cette proposition simultanée de choses présentes ou prochaines avec sanction temporelle, et de choses appartenant au règne messianique éloigné accompagnées de promesses spirituelles, il résultait pour la parole des prophètes l'avantage d'exciter dans les cœurs de leurs auditeurs des sentiments de foi et d'espérance qui les stimulaient pour se rendre dignes de bénédictions temporelles dans le présent, selon la nature de la loi ancienne, et des grâces spirituelles propres au futur règne messianique.

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annoncer directement le Messie, aussi Dieu ne leur donna-t-il pas l'impulsion d'écrire.

Plus tard, lorsque la plénitude des temps approcha et qu'il devint nécessaire de prédire et de définir plus nettement la personne du Messie et le caractère de son règne, Dieu fit consigner les prédictions par écrit pour qu'elles servissent de témoignage à la vérité évangélique. Quelques prophéties même, comme la dernière partie de celles d'Isaïe, paraissent n'avoir été faites que par écrit.

Parmi les prophètes qui n'ont pas laissé d'écrits, outre quelques-uns qui ne sont pas nommés, nous trouvons Gad et Nathan du temps de David ; Ahias le Silonite qui a prédit la division du royaume (III Reg., XII, 22), et Addo son contemporain (II Parap., XII et XIII) ; Azaria, Hananiet son fils Jéhu, Jahaziël et Eliézer sous les rois Asa et Josaphat (II Par., XV, XVI, XIX, XX); Elie, Elisée et le premier des Michée, fils de Jemla, sous Achab et ses successeurs. Plusieurs de ceux que nous citons ici ont cependant rédigé soit des prophéties soit des récits historiques, ainsi qu'il ressort des livres I Par., XXIX, 29 et II Par., IX, 29; XII, 15; XX, 34.

Les autres prophètes dont nous lisons les prédictions dans la Bible sont au nombre de seize (si l'on joint Baruch à Jérémie). D'après l'importance plus ou moins considérable de leurs écrits on les distingue habituellement en grands prophètes qui sont au nombre de quatre : Isaïe, Jérémie, Ezéchiël, Daniel, et en petits prophètes, nom par lequel on désigne les douze autres.

Si l'on considère le lieu et le temps dans lesquels ils ont rempli leur mission, on peut les diviser en quatre classes: 1/ en prophètes du royaume d'Israël, qui sont Jonas, Amos et Osée; 2/ en prophètes du royaume de Juda, qui sont Abdias, Joël, Isaïe, le second des Michée, à savoir le Morasthite, Jérémie avecBaruch, Nahum, Habacuc, Sophonie; 3/ en prophètes de l'exil, qui sont Daniel et Ezéchiël; 4/ en prophètes qui ont paru après l'exil et qui sont Aggée, Zacharie et Malachie.

Nous les avons énumérés autant que possible par ordre chronologique dans chacune de ces classes. D'une manière absolue les plus anciens d'entre eux semblent être Abdias et puis Joël, que suivent les prophètes du royaume d'Israël et les autres comme ci-dessus. On se demande pour quelques-uns s'il vaut mieux les placer dans le royaume de Juda ou dans celui d'Israël ou dans les deux à la fois, selon qu'on considère leur origine ou l'objet de leurs oracles ou ces deux choses réunies.

155. Les prophéties contenues dans la Bible peuvent se résumer de la manière suivante: 1/ Dieu châtiera son peuple à cause de son apostasie (déjà prédite par Moïse (Deut., XXII, 15-21) ; les prophètes la lui reprochent fréquemment. 2/ Cependant Dieu ne le détruira pas complètement, mais l'ayant puni surtout par la captivité il le convertira à lui. 3/ Après avoir renversé l'empire de Babylone et celui des autres nations ennemies, finalement 4/ Dieu rétablira au retour de la captivité les débris "de son peuple et enverra le Messie Rédempteur dont le règne sera éternel.

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Nous parlerons maintenant des seules prophéties directement et à proprement parler messianiques. Les autres prédictions trouveront mieux leur place dans l'article III où il sera question de la Providence divine considérée dans son action générale envers le peuple juif. Le rôle des prophètes comme instruments de la Providence y est considérable.

Les prophètes annoncent certaines choses au sujet de la personne du Messie, ils en prédisent d'autres relativement à son règne, et d'autres encore qui peuvent se rapporter soit à la personne soit au règne du Messie, à savoir ce qui a trait à l'humiliation et à la passion du Christ, à la manière dont il établira son règne et achèvera l'œuvre de la rédemption.

Ainsi que nous l'avons observé au sujet des psaumes de David, les prophéties messianiques présentent entremêlées deux séries de faits : d'une part l'humiliation du Messie, d'autre part sa gloire, Dieu disposant ainsi les choses à dessein, afin que le Christ et l'œuvre de la rédemption fussent connus avec plus de certitude et d'une manière de plus en plus nette, mais aussi pour que le mode de la rédemption demeurât caché jusqu'à son accomplissement, ainsi que nous l'avons dit.

Avant de reprendre l'énumération des principales prophéties messianiques, il nous paraît utile de signaler ici la manière admirable dont Dieu a voulu manifester avec évidence que son Esprit inspirait véritablement les prophètes et parlait par leur bouche. Remarquons surtout deux choses. 1° Il 'n'était possible à aucune créature de prévoir

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