‹ Méditations théologiquesChapitre 32 sur 50 · LES PROPHÉTIES MESSIANIQUES DE BARUCH · texte numérisé non relu

LES PROPHÉTIES MESSIANIQUES DE BARUCH

ne contient que de rares prophéties messianiques, par exemple aux chapitres XLVIII,47et XLIX, 39.

Passons à Baruch ; ses prophéties sont jointes dans la Bible latine à celles de Jérémie dont il fut le scribe ou secrétaire.

Jérémie demeura en Judée auprès des siens après la prise de Jérusalem et la dernière déportation des Juifs. Lorsque Godolia procurateur de Nabuchodonosor mourut, le prophète fut contraint de suivre, avec son fidèle compagnon Baruch, les Juifs fugitifs en Egypte. Après la mort de Jérémie Baruch passa probablement de l'Egypte à Babel vers l'an 583 avant l'ère chrétienne.

Sa prophétie date de la captivité et il peut en conséquence être rangé parmi les prophètes de la captivité. Son livre renferme quelques prédictions messianiques comme au chapitre II, 34 et 35, où l'on rencontre la promesse ordinaire du second testament éternel.

Le chapitre III est remarquable. Baruch y fait l'éloge de la Sagesse qui est en Dieu, et il conclut au verset 38 par ces mots : Après cela il a été vu sur la terre, et il a vécu avec les hommes. Ce qui, d'après le texte grec (le texte hébreu est perdu) peut être traduit par : Sur la terre elle a été vue (la Sagesse, c'est-à-dire la sagesse éternelle ou le Verbe de Dieu), et parmi les hommes, homme, elle a vécu ou habité.

Les Pères sont unanimes à reconnaître à ces paroles le caractère messianique et ils y trouvent un argument des plus solides en faveur de la divinité de Jésus-Christ.

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Au chapitre IV, 37, Jérusalem voyant revenir à elle ses fils de toutes parts représente au sens typique V Eglise du Christ.

Le chapitre V développe cette idée. Le chapitre VI et dernier n'est autre que la lettre de Jérémie adressée par lui aux captifs de Babylone. Elle ne fait donc pas partie de la prophétie de Baruch.

174. Nous arrivons maintenant aux prophètes de la captivité Ezéchiël et Daniel qui complètent le nombre des quatre grands prophètes.

Daniel fut emmené fort jeune captif à Babylone, à la première déportation des Israélites la troisième année du règne de Joakim. Il y demeura pendant les soixante-dix années de la captivité dans le palais des rois de Chaldée,et après la délivrance des Juifs par Cyrus Daniel resta à la cour des rois de Perse.

Ezéchiël fut transporté par Nabuchodonosor à Babylone avec le roi Joachim dit Jéchonias, à la seconde déportation des Juifs. II fut appelé par Dieu au ministère prophétique la cinquième année de sa captivité, et il s'en acquitta au milieu de ses frères captifs au moins jusqu'à la vingt-septième année de son exil (Ezech., XXIX), c'est-à-dire la seizième année après le troisième et dernier bannissement des Juifs, sous le règne de Sédécias dernier roi de luda, et après la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor.

Le ministère prophétique de Jérémie avait eu pour but de conserver fidèle à son Dieu et exempt d'idolâtrie le peuple juif, ou du moins ses restes dont allait naître le Sauveur. Ce prophète remplit cette mission parmi les Juifs, d'abord à

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Jérusalem — avant comme après la ruine de cette ville — ensuite en Egypte parmi les fugitifs, et même parmi les captifs de Babylone par une lettre qu'il leur fit parvenir (1). Ezéchiël, habitant au milieu des captifs de Babylone, fut constitué de même par Dieu comme une sorte de surveillant et y remplit un ministère semblable à celui de Jérémie, prémunissant les restes du peuple élu contre l'idolâtrie durant ces mauvais jours si périlleux, et les disposant par la pénitence à la conversion et à leur délivrance.

Dieu fit en sorte que Daniel exerçât également la charge prophétique au milieu des Gentils — avec lesquels les Israélites étaient en commerce habituel pendant la captivité — fortifiant les Israélites par l'exemple de son courage dans le palais même des rois idolâtres, et frayant les voies à l'apostolat messianique parmi les Gentils, avec lesquels le peuple juif devait continuer ses relations.

175. On peut diviser le livre d'Ezéchiël en trois parties distinctes. La première (I XXIV), après une introduction (I-III) où le prophète rapporte son élection à la charge prophétique, contient des oracles contre le peuple Juif. La seconde (XXV-XXXII) a pour objet les jugements de Dieu contre les nations étrangères. La troisième annonce le salut au peuple de Juda.

On rencontre fréquemment dans Ezéchiël des

(1) Nous avons noté précédemment que cette lettre forme le chapitre VI et dernier de la prophétie de Baruch dans notre Bible latine.

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visions apocalyptiques et des actions symboliques. De là provient en partie l'obscurité de son langage, sur lequel il faut consulter les commentaires des docteurs catholiques.

Le livre d'Ezéchiël renferme peu de prophéties messianiques directes et ajoute peu de lumières nouvelles à ce que les prophètes précédents avaient dit du Sauveur promis. Nous lui ferons donc peu d'emprunts.

Dans la vision initiale d'Ezéchiël, remarquons ce qu'il expose au sujet des quatre animaux (êtres animés ou vivants) qui ont été de tout temps regardés comme les symboles des quatre évangélistes par la tradition patristique.

Les passages des chapitres XVI, 60 et XVII, 22- 24 sont messianiques. Dans la dernière partie du livre d'Ezéchiël les prophéties concernant le Messie deviennent plus fréquentes. Il faut surtout remarquer celle des versets 23 et ss. au chapitre XXXIV : Et je susciterai sur elles un pasteur unique qui les paisse, mon serviteur David ; paroles semblables à celles que nous avons déjà rencontrées chez Jérémie, XXXI ; ïsaïe, IX ; Michée, V.

Et au chapitre XXX VI, outre les versets 24 et ss. qui n'ont eu leur accomplissement complet qu'à la venue du Messie, signalons le verset 25, interprété par plusieurs Pères comme devant s'entendre du sacrement du Baptême.

Au chapitre XXXVII, 21 et ss. se trouve à peu près la répétition de ce que nous lisons au chapitre XXXIV, 23 et ss.

Ce qui se dit aux chapitres XXXVIII et XXXIX

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doit être interprété comme symbolisant la lutte de l'Église contre ses ennemis jusqu'aux temps de FAntechrist.

Enfin les chapitres XL-XLVIII ne renferment qu'une longue image allégorique de l'Église du Christ.

176. Le livre de Daniel est en partie historique (surtout les chapitres I-VI bien qu'on y trouve quelques prédictions aux chapitres II, IV, V), et en partie prophétique (VII-XII). Un appendice historique (XIII et XIV) le termine. L'interprétation de la partie historique aussi bien que celle des prophéties de Daniel offre de grandes et multiples difficultés dont quelques-unes n'ont pas encore été éclaircies. Cela tient au peu de renseignements que nous possédons sur les sujets dont parle le prophète, à l'absence de chronologie certaine et bien déterminée et à d'autres raisons encore.

Le livre de Daniel renferme de remarquables prophéties messianiques que nous avons pour but de rechercher ici. Remarquons d'abord l'explication du songe du roi Nabuchodonosor donnée par Daniel (II, 27-45), et comparons-la avec la prophétie ou interprétation du songe de Daniel luimême (VII) au sujet des quatre empires qui devaient se succéder dans le monde : l'empire Chaldéo-Babylonien, l'empire Médo-Perse, l'empire Grec et l'empire Romain auquel succcédera le règne universel et spirituel du Messie.

Dans le songe de Nabuchodonosor le règne du Messie est figuré par une pierre qui se détache d'elle-même de la montagne et qui, après avoir ren-

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versé la statue figurant ces quatre empires, devient une grande montagne et couvre toute la terre.

Dans le songe de Daniel où les quatre empires sont symbolisés par des animaux, Dieu lui-même et le fils de l'homme, c'est-à-dire le Messie, renversent ces empires afin que le Messie règne éternellement sur l'univers entier. Ici le prophète passe également au second avènement du Christ et aux temps de l'Antéchrist.

177. Vient ensuite la prophétie célèbre des soixante-dix * semaines (ch. IX) déterminant le moment de la venue et de la mort du Christ, de la ruine de Jérusalem par Titus ou de la fin de l'ancienne Alliance (S' Matth., XXIV, 15; Sf Luc, XXI, 20).

Il est indubitable que cette prophétie est messianique; mais il est difficile de dire comment elle s'applique exactement au temps de l'avènement et de la mort du Christ. Il faut consulter sur cette question les explications des exégètes catholiques. Cependant une chose saute aux yeux. Si l'on considère les nombres des semaines d'années par rapport à l'avènement, à la passion et au règne du Messie, ces nombres peuvent s'y adapter, même d'après différents systèmes de calcul. Au contraire, si l'on ne regarde pas cette prophétie comme messianique, ces nombres ne paraissent plus avoir de raison d'être, comme différentes interprétations rationalistes en témoignent.

Le préjugé fondamental des Rationalistes étant que la prophétie ne peut exister, il en résulte qu'ils

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