LA PROPHÉTIE DES SOIXANTE-DIX SEMAINES
mettent à la torture et le texte et leur esprit, le tout en pure perte.
Et comme leur critique se permet tout ce qui favorise leurs idées préconçues, ils nient simplement l'authenticité du livre de Daniel, voire même l'existence de ce prophète. Les prophéties contenues dans ce livre, disent-ils, aussi bien les prophéties messianiques que celles qui prédisent si clairement les événements du temps des Machabées, sont des prophéties faites après coup, c'est-à-dire qu'elles ont été rédigées après l'accomplissement des faits qu'elles relatent; et, toujours d'après eux, l'auteur du livre de Daniel a vécu au temps des Machabées, à une époque bien postérieure à l'exil. Il s'est servi de la forme prophétique afin de se donner du relief, et il a inséré adroitement cette prédiction dans l'histoire, inventée de toutes pièces, d'un personnage quelconque portant le nom de Daniel.
Ce sont plutôt les Rationalistes eux mêmes qui inventent bien d'autres fictions encore, au mépris des règles de l'histoire et de la logique. Et tout cela, ainsi que nous l'avons remarqué plusieurs fois, parce que cette prophétie leur paraît trop claire et trop manifeste. Lorsqu'il est question de prédictions plus obscures, il leur semble moins nécessaire d'en nier l'authenticité ou de se servir d'arguments dans le genre de ceux qu'ils emploient ici. Ils prennent alors la prophétie telle qu'elle est présentée et l'expliquent comme roulant sur quelque idéal vague du prophète.