‹ Méditations théologiquesChapitre 38 sur 50 · LA PROPHÉTIE DE MALACHIE · texte numérisé non relu

LA PROPHÉTIE DE MALACHIE

plaintes du peuple, il annonce le précurseur du Messie, Jean-Baptiste. C'est lui en effet, au témoignage de S* Matth., XI, 10 (comparé avec S* Marc, I, 2-4 et avec S1 Luc, VII, 27) dont il est écrit: « Voici que moi j'enverrai mon ange, et il préparera la voie devant ma face. » Paroles qui répètent et confirment la prophétie d'Isaïe, XL, 3.

Malachie annonce aussi le Messie lui-même qu'il appelle le Dominateur et l'Ange de Vaillance, III, 2 et ss. : « Et aussitôt viendra dans son temple le dominateur que vous cherchez et l'ange de l'alliance que vous désirez. » etc. Dans les versets suivants le prophète considère le Messie surtout en qualité de juge, comme s'il voulait repondre à la plainte formulée au chapitre II, 17: «Où est le Dieu du jugement? »

Il faut remarquer que dans ces textes le Messie est indiqué ouvertement comme étant Dieu. Il est appelé Dominateur, nom que les Ecritures n'attribuent qu'à Dieu seul, qui enverra son ange, devant sa face, qui viendra dans son temple.

Enfin, comme les autres prophètes, il annonce (au chapitre IV) le jour du Seigneur, c'est-à-dire le jour du premier comme celui du second avènement du Christ. Ils précéderont tous les deux son triomphe et celui des justes; celui qui suivra le premier avènement sera surtout spirituel; après la seconde venue du Christ aura lieu le triomphe dernier et complet. Le prophète prédit aussi la venue d'Elie: « Voici que moi je vous enverrai Elie le prophète, avant que vienne le jour grand et terrible du Seigneur » (IV, 5). On peut appliquer ces pa-

rôles à saint Jean-Baptiste lors du premier avènement du Messie (Matth., XI, 9-14; XVII, 10-13; Marc, VI, 15; IX, 10-12; Luc, I, 17 ; IX, 8; Jean, I, 19) ainsi qu'à Elie lui-même qui convertira les Juifs au Christ avant son second avènement.

184. Après Malachie la voix des prophètes se tait. Il faut cependant signaler encore ici quelques passages du livre de la Sagesse. Après que l'hellénisme se fut répandu partout, l'auteur du livre de la Sagesse écrivit probablement en Egypte qui était devenue une seconde patrie pour les Juifs, comme Alexandrie était pour eux une seconde Jérusalem. Cet auteur écrivit en grec, vers la fin du troisième siècle avant l'ère chrétienne. Son livre contient certaines choses (il, 10-20) lesquelles, bien que dites des justes et des impies en général, s'appliquent si parfaitement au Christ et à sa mort ignominieuse, que nous croyons que le S1 Esprit en les inspirant a eu principalement en vue le Christ.

Ceci paraît surtout dans la comparaison des paroles attribuées par le Sage aux impies avec la narration évangélique ; par exemple en mettant en regard le chapitre II, 13 et 18 de la Sagesse et le chapitre XXVII, 40, 42 et 43 de S* Matthieu. Si l'auteur a parlé en termes généraux, c'est que le Saint-Esprit voulait cacher au démon le mode de la rédemption.

La raison pour laquelle Dieu ne suscita plus de prophètes jusqu'à la venue de Jean-Baptiste — qui fut prophète et plus que prophète désignant du doigt le Christ, dernier et souverain prophète — c'est,

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